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TEST : STREETS OF RAGE 4

1994 – 2020 : il aura fallu 26 ans pour voir débarquer un 4ème Streets of Rage. À l’initiative de deux équipes, l’une Française : Lizard Cube et l’autre Canadienne : Guard Crush Game, toutes deux portées par l’éditeur Dotemu, le roi des Beat them all 2D signe un retour tel un uppercut destructeur, 4 générations de consoles après celle de la Megadrive. En conservant l’essence des épisodes originaux, ces studios sont parvenus à faire revivre la licence culte de Sega. Raviver la flamme n’est pas toujours facile et plusieurs licences ont signé des retours en demi-teinte voir même décevants. On se souvient encore du triste Sonic 4. Mais pour le coup, Streets of Rage 4 est non seulement un retour en force mais aussi un des meilleurs titres de l’année 2020.

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L’écran titre que les fans de SEGA rêvaient de voir depuis 25 ans.

 

Élégant et Irrévérencieux.


Esthétiquement le jeu est élégant et rappelle par moments les comics de Chris Bachalo. Axel et Blaze transpirent la classe comme jamais et le jeu illustre à merveille cette ville éternellement corrompue à travers ce rendu dessiné fourmillant de détails et de teintes colorés. L’ambiance nocturne des bas fonds éclairés aux néons est bien sûr au rendez-vous, mais les 12 stages que comporte ce Beat them up irrévérencieux sont variés et les clins d’œil sont légion : Le Chinatown pouvant évoquer le stage de Chun-li dans Street fighter 2, le dojo des 88 fous de Kill Bill, les références à Robocop ou les Tortues Ninjas, sans oublier bien sûr l’arrière salle d’un musée où pourrit le Plug An.. Euh… Pardon, l’œuvre « Tree » du plasticien Paul Mc Carthy. Bref entre clin d’œil pop culture et shoryuken bien placés dans les gencives de l’«Art content pour rien », Streets of Rage 4 s’amuse avec son époque et le gap temporel laissé entre l’épisode 3&4. Le travail d’animation à l’ancienne de Ben Fiquet est vraiment efficace. La qualité de mouvement des personnages crée un sentiment de puissance dans les furies et les impacts, renforçant un gameplay lourd et jouissif modernisé juste comme il faut. La succession des stages, tous magnifiques et détaillés tels des backgrounds de jeux de baston SNK de la fin des années 90, nous emmène dans chaque strate d’une ville corrompue oscillant entre crasse et mélancolie nocturne.

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Les effets des coups spéciaux sont particulièrement réussis.

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L’exubérance des méchants est toujours la même.

 

Une bande son à réveiller les morts !

Quand Cyrille Imber, le producteur exécutif du projet déclarait en interview sur la chaine du Streamer Mister MV, qu’il était évident que le jeu devait passer à autre chose musicalement et qu’il n’avait pas envisagé de rappeler Yuzo Koshiro pour refaire la totalité de la bande son – car ce pan du jeu, se devait, comme le reste de la production – d’être géré par un membre de son équipe, il y avait de quoi être perplexe tant Bare Knuckles est intimement lié à Koshiro. Cependant, il faut bien admettre qu’il avait raison. Bien qu’il fut rejoint malgré tout par quelques guests qui forcent le respect telles que, excusez du peu justement Yuzo Koshiro ou encore Yoko Shimomura, Olivier Derivière, le compositeur principal et chef d’orchestre de ce collectif réussi l’incroyable tour de force de galvaniser le joueur avec une bande-son instantanément d’anthologie revisitant 25 ans de chiptunes électro et de French touch, en plus d’évoquer parfois le bon vieux Heavy métal de Papa. L’aura des Daft Punk et de Justice plane également sur ce score et on retrouve bien sûr Homework mais aussi les sons un peu plus crasseux de Human After all et son destructeur Brainwasher. Et que dire du fameux morceau climax du jeu Rising Up, qui se lance doucement le temps de placer quelques patates de forain puis évolue vers des sons tubulaires soutenus par des infrabasses avant finalement d’exploser littéralement à la manière d’un Giorgio by Moroder, une fois dans la seconde partie du niveau qui n’est autre que l’incontournable niveau de l’ascenseur. Ils sont rares, mais il y en a, de ces moments de jeu vidéo qui restent gravés pour toujours dans les mémoires tant la musique les transcende et je dois bien dire que ce passage précis est de ceux la.

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Les coups spéciaux à base de quart de tour : Le pied total.

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Les mauvais flics s’appellent Murphy, hommage à Robocop de Paul Verhoeven.

 

Un jeu généreux qui montre tout l’amour pour la licence de ses créateurs. 

Alors après de telles louanges, on va quand même aborder la question du contenu et encore une fois, le jeu est généreux avec ses 4 personnages jouables de base, ses skins rétros, ses niveaux cachés, ses multiples modes : Histoires, Arcade, Bossrush… On peut également refaire le jeu avec les musiques des anciens épisodes, les modes de difficultés sont nombreux et la re jouabilité est solide. Pour tout amateur du genre, on reviendra avec plaisir seul ou à plusieurs pour se régler au coin de la rue avec des Punks à crêtes et des nympho faisant claquer le fouet. Les mécaniques de jeu conservent l’esprit d’antan mais apportent quelques nouveautés et de la souplesse. Chaque personnage a la capacité de frapper fort en utilisant un peu de sa barre de vie ou encore interrompre une attaque venant de dos. Il est également possible par le biais de combos typés baston de faire quelques prises élaborées. Ces derniers sont vraiment très utiles et fort appréciables. Un système d’étoile à récupérer permet aussi de claquer des bonnes grosses furies de zone histoire de nettoyer les lieux en cas de cohue. Le level design et le placement des ennemis marche au poil et le jeu demande parfois d’agir de façon tactique surtout dans les modes de difficulté élevée. Les boss, souvent disposés dans des arènes étudiées, offrent eux aussi de très beaux moments. Les années 80 sont loin et les super-flics irréprochables aussi. Dans Streets of Rage 4, la police est corrompue et tire à balles réelles aussi bien sur la racaille que sur vous. Il n’est d’ailleurs pas rare d’arriver en plein duel entre les forces de l’ordre et les gangs et de devoir calmer tout le monde. L’un des stages vous emmèneras même jusque dans le bureau du commissaire principalede la ville pour lui coller une bonne raclée.

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Le jeu s’entrecoupe de quelques séquences animées appuyant l’histoire

CONCLUSION

Pour conclure, je dirais que le 4 avril 2020, le petit monde du jeu vidéo a donc assisté au grand retour d'une licence culte de la Megadrive et a vu débarquer l'un des jeux de la génération tant il régale les fans tout en amenant une vision neuve et une identité propre. Avec sa bande son divine, son rendu visuel en marge des questions techniques et reposant uniquement sur la qualité de ses animateurs et de ses artistes, Streets of Rage 4, non content de s'inscrire sans rougir auprès de ses illustres prédécesseurs - même s'il garde sa base de Beat them all 2D - est vraiment un jeu dans son époque et ne cherche pas à tout prix à ressembler à un titre d'il y a 25 ans. Streets of Rage 4, c'est tout simplement le meilleur retour d'une licence endormie et un très grand jeu SEGA.

EVALUATION DE LA REDAC

9.5
10
Chef d'œuvre
Son
10
Graphisme
9.5
Animation
9
Jouabilité
9
Interêt
10
Les plus
  • On retrouve l'ambiance Streets of Rage
  • Un gameplay revisité juste comme il faut
  • Une esthétique solide
  • Une bande son à réveiller les morts
  • Jouable à 4 en local
LES MOINS
  • On aurait aimé incarner certains boss
  • Espérons ne pas devoir attendre encore un quart de siècle pour un n°5

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Merode
Amateur de Rpg et de tout ce qui dispose de près ou de loin d'une barre d'expérience et d'un scénario. Fasciné également par la Jap'anim de l'ancien temps, où les celluloïds s'agitaient devant une caméra pour raconter des histoires.

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