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TEST : SUIKODEN II

Avec Suikoden 2, dont le thème d’ouverture pose un ton entre la mélancolie et la fatalité, Yoshitaka Muramaya nous raconte l’histoire de 3 adolescents liés comme les doigts de la main et se retrouvant à peine adultes au cœur d’une guerre déchirant les différents royaumes composant leur monde. En plein service militaire, l’ombre de l’empire de Highland sous la coupe de la folie destructrice du terrible Lucas Blight, plane sur la ville-état de Jowston malgré un traité de paix fraîchement signé. Pensant voir la guerre se clore durant leur service militaire à la suite de cet accord, c’est par une nuit de pleine lune que le héros que vous pourrez nommer à votre guise et son ami Jowy sont les témoins d’un complot monté de toutes pièces par certains frères d’armes passés sous la bannière impériale. Trahis et en panique, d’autant que leur capitaine de régiment est un des traîtres, les deux amis se font la promesse de se retrouver avant de sauter dans la rivière en contrebas. Après une introduction maitrisée qui pose le contexte et le lien entre les personnages, cette entrée en matière pour le moins efficace laisse place à une séquence élégante dans les tons verts tirant sur le sépia et illustrant la jeunesse de nos protagonistes. Séquence simple et très efficace se déroulant sur une musique mélancolique au piano rehaussée de quelques chants traditionnels. Le ton de Suikoden II est posé.

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La très jolie introduction de jeu dans les teintes sépia

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Le début du jeu donne le ton politique et guerrier du récit

 

Un jeu en plusieurs actes

Le jeu se découpe en 4 parties majeures. La première va consister à construire le récit autour du trio principal composé de Jowy, le héros et sa sœur Nanami. L’illustration de la guerre venant grignoter petit à petit les villes et les foyers est intelligemment illustrée par des moments narratifs, des mouvements de troupes, des scènes chocs tempérées par le rendu 2D plutôt mignon du jeu et quelques cinématiques. Après avoir été embarqué dans une troupe résistante composant le noyau dur de votre équipe, la seconde partie de ce RPG très politique va se dévoiler à travers une autre scène très forte amenant les thématiques de l’exil, de la riposte et de la reconstruction. Ces éléments provoquent par la même occasion, une accentuation de certaines phases de gameplay dans le système de jeu sur lequel nous reviendrons plus bas. Cette seconde partie de ce bras de fer miliaire, plaçant sur la tête du héros, la casquette de chef militaire, amorce brièvement la 3e partie du jeu beaucoup plus annexe mais obligatoire tout en se concluant sur LA scène majeure du jeu. Une scène d’une telle intensité narrative et d’une telle exigeante en matière de gameplay, qu’elle aura pour effet de sanctifier l’intégralité du récit à ce moment T. De ce fait, en atteignant un tel degré de stress alors qu’il n’est qu’a mi parcourt, plus jamais Suikoden II ne parviendra à s’intensifier de la sorte et ce malgré quelques bons passages à la fin. La 3e partie quant à elle, est comme une pause dans l’intrigue principale. Si elle permet de souffler dans un premier temps, elle peut paraître dispensable voir hors propos et pourra dérouter. Heureusement, la fin, construite sur plusieurs heures, raccroche les wagons et raisonne avec tout le travail narratif mis en place dans les 10 premières heures. La conclusion, si vous débloquez la vraie fin, reste cependant assez facile, compte tenu des actes d’un certain personnage qui, n’est ni rattrapé par certains de ces choix, ni tenu de s’expliquer outre mesure.

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La cinématique d’ouverture illustrant la guerre

 

Le monde de Suikoden II

L’ambiance sonore et musicale de Suikoden II offre un résultat plutôt réussi et participe à la pertinence narrative du titre et à son ambiance. On y trouve un peu de tout : des mélodies rappelant les chants d’amour courtois d’un Guillaume de Machaut (XVe siècle – France), des choses dans des tons plus asiatiques ou gothiques, des morceaux d’ambiances créant la tension d’un combat, d’autres amenant la sérénité d’un lieu ou encore des mélodies plus tragiques… En résumé, musicalement Suikoden II brasse large et expérimente un peu dans tous les sens. Cette multitude d’éléments musicaux sont à l’image de l’univers du jeu qui lui aussi, inclu beaucoup de choses. Des choses qui jurent même parfois les unes envers les autres. En effet, le monde de Suikoden II n’est pas vraiment à la hauteur de son scénario dur et cruel tant il fait un peu fourre-tout puisqu’on y croise, aussi bien un général sociopathe, que des militaires à tête de chien et même un vieux vampire aristocrate. Même si le but premier était d’évoquer un monde riche, tout cela crée par moments un décalage étrange et un certain manque d’homogénéité qui tranche avec la maturité globale de son écriture. Graphiquement, le titre propose un rendu 2D incrusté de quelques éléments 3D, et si le résultat est correct, il manque de finesse et d’ampleur pour un titre de décembre 1998. Hormis dans les phases de combat où les sprites disposent de quelques animations assez dynamiques, les personnages sont rigides une fois débarqués dans les divers endroits explorables du jeu. Si Suikoden II n’est pas le plus beau RPG 2D de la génération 32bit, à sa décharge il a pour lui l’immense force de proposer 108 personnages à débloquer et pouvant rejoindre votre base militaire. Sur ces 108, 67 sont jouables. Un constat donc énorme et un choix qui s’oriente donc vers la richesse de jeu au détriment du rendu visuel assez vieillissant pour un jeu de fin 1998.

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Dans l’ensemble, le monde de Suikoden II est à peine plus beau que de la Super Nintendo

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Certains environnements offrent une belle ambiance

 

Des systèmes et encore des systèmes

L’autre grande force du RPG de Konami passe par la richesse de divers systèmes de jeux s’imbriquant au fil de l’histoire en tentant de l’illustrer : le gameplay au service de l’écriture. Ce sont donc, au-delà du classique tour par tour, des phases de stratégies proches des Tactical RPG qui viennent mettre en scène les diverses batailles rangées de l’aventure. Batailles qui s’intensifient beaucoup à partir de la seconde partie du jeu. Si l’idée est bonne, hélas ces phases sont plus de l’ordre du gimmick qu’autre chose tant les cartes sont en terme de stratégie et de finesse de jeu, loin d’un Fire Emblem ou d’un Tactics Ogre. Suikoden II intègre aussi des duels. Ces duels se déterminent par une mécanique proche du pierre feuille ciseau dont l’issue peut être globalement anticipé en fonction des dialogues des personnages. Hélas, il n’est pas rare de se prendre un Game Over en quelques secondes à la suite d’une de ces phases. Sachant que ces dernières peuvent constituer le dernier acte de boss en plusieurs phases et de surcroit peu évident, ce principe duel est de loin le moins bon élément de gameplay du jeu. À contrario, on retrouve le merveilleux principe de base déjà imaginé dans Suikoden I. Au fil de votre aventure et des recrutements des personnages, vous pourrez peupler votre édifice militaire et ainsi accéder à de nombreuses options telles que la forge, l’achat de magie, la téléportation ext …

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Les combats et les batailles, les 2 éléments majeurs du gameplay du jeu

 

Des combats à 6 !

Dernier élément du jeu et pas des moindres, les combats. Sur ce point Suikoden II est classique mais riche. Tour par tour et combats aléatoires certes, mais avec pas moins de 6 personnages jouables en arène et disposés sur deux lignes d’actions. Une ligne arrière constituée des magiciens, archers ou combattants à distance et une ligne avant composée quant à elle de Tank (classe de protection) ou de combattants lourds ou utilisant des armes de corps à corps. Les stratégies pour venir à bout de certains boss sont intenses et le système n’est d’autant plus prenant que la richesse de jeu, amenée par un casting énorme est considérable et offre la possibilité de réaliser des attaques combinées.  Au même titre que le 1ier, récupérer l’intégralité du casting de Suikoden II est presque un jeu dans le jeu et demandera de se munir d’une Soluce d’autant que l’accès à l’une des fins en dépend. Si certains personnages se recrutent à tout moment ou pendant une longue période, d’autres ont un créneau beaucoup plus étroit. Il suffit de rater un dialogue ou louper un croisement dans une forêt pour se voir dans l’impossibilité d’obtenir les 108 étoiles (personnages).

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Les boss et les magies dans Suikoden II

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Par moments, le jeu offre de beaux effets dans ses combats.

CONCLUSION

Jamais en panne d’idée, le RPG de Konami propose une multitude d’idées parfois passionnantes et poussées, parfois plus superficielles. Construit sur les bases du 1er, avec un système au tour par tour et une équipe de 6 personnages jouables sur 2 lignes ainsi que d’un système de magie runique, Suikoden II est un RPG captivant à jouer malgré une technique vieillissante et un univers un peu patchwork. Accueillant 108 personnages à recruter au cœur d’un scénario ambitieux, en perpétuelle évolution et avec pour thème principal la guerre, vous suivrez le chemin de 3 adolescents qui vont se hisser à des rôles-clés du pouvoir dans l’espoir d’apaiser leur monde. Et même si Suikoden 2 n’a pas l’aura militaire d’un Tactics Ogre et s’égare un peu parfois dans son récit et ses systèmes, il reste un RPG inventif, plein de surprises et un référent du genre sur Playstation.

NOTE DE LA REDAC

8
10
Super
Son
8.5
Graphisme
7
Animation
7.5
Jouabilité
8
Intérêt
9
Les plus
  • Les combats et le nombre de personnages à recruter pour la base militaire
  • Certaines musiques vraiment jolies
  • Un RPG ponctué de moments forts dont LA scène clef arrivant à mi parcourt
  • Un jeu plein d'idées et d'une richesse folle
LES MOINS
  • Une traduction française déplorable
  • Par moments, visuellement daté malgré un certain charme global
  • Certains duels amènent au Game Over

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Merode
[Rédacteur En Chef Rétrogaming ] Amateur de Rpg et de tout ce qui dispose de près ou de loin d'une barre d'expérience et d'un scénario. Fasciné également par la Jap'anim de l'ancien temps, où les celluloïds s'agitaient devant une caméra pour raconter des histoires.

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