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TEST : SNATCHER

Snatcher, une des premières productions majeures d’Hideo Kojima, est un jeu d’enquête prenant la forme d’un Digital-comics. Ce terme était souvent utilisé à cette époque pour les jeux entre le point n click et le visual-novel. L’accouchement fut long et épisodique pour voir Snatcher dans sa version définitive. Tout d’abord sorti sur des PC japonais en septembre 1988 et sur le MSX dans une version SD très mignonne, il sera ensuite relooké et enrichi pour sa version définitive en 1992 sur PC Engine CD et Mega CD en décembre 1994. Fort du succès de la première mouture, Konami autorise en effet Hideo Kojima a ajouté un troisième acte à son scénario. Ce dernier en avait d’ailleurs écrit six au départ, mais la charge de travail fut telle que le studio se focalisa juste sur trois.

Snatcher screen01

Néo Kobe, le théâtre des opérations

Snatcher screen02

Une ambiance et des couleurs superbes évoquant Blade Runner

 

De Blade Runner à Terminator, Kojima s’imprègne de cinéma

Ce Digital-comics est vraiment une production de qualité pour sa catégorie, en plus de proposer un univers fort, un scénario extrêmement étoffé et une réalisation soignée. Biberonnés au cinéma américain de science-fiction des années 80, pas mal de créatifs japonais venant de l’animation ou du jeu vidéo, ont réinterprété à leur sauce, des classiques comme Blade Runner ou Terminator. Et Hideo Kojima est de ceux-là. Une majeure partie de la construction narrative et visuelle de Snatcher, repose sur ces deux films. Les décors urbains cyberpunk, entre ruelles asiatiques malfamées à peines éclairées par des néons multicolores et Ziggourat métalliques gigantesques, constituent l’âme de néo-Kobe. La ville où se passe l’intrigue. Nous somme en 2047 et Gillian Seed à la solde des JUNKERS (Japanese Undercover Neuro-Kinetic Elimination Rangers), sorte de Deckart dans Blade Runner, se voit confier la mission de chasser des androïdes : Les Snatcher, créatures robotiques rappelant les T800 du film de James Cameron. La narration est dense et prenante, et même si on peut y voir aujourd’hui, une redite des films précédemment cités, proposer une production de cette densité au début des années 90 est vraiment marquant pour le monde du jeu vidéo d’autant qu’en définitive, l’histoire trouve sa propre route et diffère sur pas mal de points de ses références.

Snatcher screen03

Les dialogues dans Snatcher s’illustrent avec de superbes visuels en sprite

 

Une enquête basée sur le dialogue et la recherche

Dans sa structure, le jeu est basé sur l’enquête et les dialogues. On examine, on écoute, on discute, on pose des questions, on scrute méticuleusement les lieux afin d’avancer. Comme il l’a toujours fait, Hideo Kojima a intégré dans Snatcher de nombreux clins d’œil et easter egg. Le récit est complexe, et propose des embranchements divers et de nombreux lieux à explorer. L’enquête va repousser les limites scientifiques et temporelles afin d’’étoffer au mieux le background de son personnage principal, amnésique au départ, ainsi que son univers. Les personnages sont nombreux et les relations entre eux sont variées et intéressantes. On plonge souvent dans leur intimité et les échanges sonnent vraiment comme des moments de cinéma. Les dialogues pourront même vous amener à faire évoluer une relation amoureuse tout en poursuivant l’intrigue principale. Les Snatcher ressemblent en tout point à des êtres humains d’extérieur, ainsi le jeu de dupe et le manque de confiance installe au cœur du récit. À noter que les phases d’enquêtes et de dialogues sont parfois entrecoupées de moments de shoot assez succincts et oubliables.

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Il est dangereux de s’aventurer dans les douches des filles

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Votre compagnon de route est un petit robot du nom de Metal Gear

 

Un portage superbe qui ne vieillit plus

Visuellement, Snatcher dans cette version remakée PC-engine et Mega CD, et plus tard Saturn et Playstation, est un jeu très coloré et très fin. Les 4 versions présentent quelques différences visuelles, mais l’expérience reste globalement similaire. Konami a réellement fait preuve d’un superbe travail de pixel art. Les décors sont riches, denses et les jeux de lumière font la part belle à une ambiance se voulant également polar. Le jeu a encore un charme fou aujourd’hui et témoigne de tout le savoir-faire des artistes de cette époque. Et même si les multiples écrans de jeu peuvent paraitre assez figés, ils regorgent de détails et de petits éléments qui donnent de la vie, tel qu’une hélice qui tourne, une femme qui danse ou encore des lumières qui clignotent. Les versions américaines et européennes uniquement disponibles sur Mega CD sont hélas censurées. Pour des raisons de mœurs, certaines scènes de nudité et d’éviscérations ont disparu. L’âge d’une des femmes avec qui Gillian peut flirter passe de 14 ans à la majorité. Hormis pour cette notion d’âge, ce sont surtout les censures visuelles qui sont à déplorer et qui viennent entacher ce portage anglais. Qui est par ailleurs, la seule version traduite donc abordable pour l’Occident. La bande-son et le travail sonore lié au doublage jouent un rôle important dans l’immersion. Le thème principal résonné instantanément comme un classique et ne donne qu’une envie, celle de se plonger dans l’univers du jeu. Il est amusant aussi de voir qu’en fonction des supports, certains petits détails diffèrent dans le jeu.

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L’envie d’Hideo Kojima d’avoir des visages connus dans ses productions ne remonte pas à Death Stranging. Ici Rutger Hauer chevauche la moto de Kaneda de Akira.

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Gunfights et bar à hôtesses malfamés sont au programme de Snatcher

 

Un jeu à faire pour les amateurs d’expériences rétro et de l’univers d’Hideo Kojima

Il existe également un Pilot Disc de Snatcher sur Pc-engine. Sorte de prologue, ce CD contient à la manière de l’encyclopédie Metal Gear Solid sur PS3, toute une base de données sur le l’univers du jeu, des interviews des développeurs, une démo jouable reprenant le début de l’aventure et des musiques tirés du jeu. Hélas ce pilote disk n’est sorti qu’au Japon sur PC-engine le 7 août 1992.

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Une variété de personnage impressionnante

CONCLUSION

Intelligent, beau et doté d'une bande-son immersive, Snatcher est une expérience forte du début des années 90, dotée une durée de vie généreuse pour le genre. C'est aussi le jeu qui fit connaître Hideo Kojima puisque titre se hissa à la seconde place des titres les plus vendus derrière Tengai Makyo II sur la console de Nec. Le jeu témoigne également de la façon qu'a Hideo Kojima d'assimiler des références cinématographiques dans ses créations et de les transformer en concepts vidéoludiques hautement narratifs. Une production teintée du cinéma de son époque, très bavarde mais intelligente et bien menée, qui pose les bases d’une mécanique de travail, qu’on retrouvera ensuite dans Les autres productions du réalisateur. Le travail graphique est impressionnant et le théâtre des opérations (Neo Kobe) entièrement en 2D, est extrêmement crédible. Un très agréable à faire aujourd’hui pour les curieux, qui hélas, si vous êtes collectionneur, coûte très cher dans sa version anglaise sur Mega CD. Mais une chose est sûre, si vous êtes un inconditionnel de la série Metal gear Solid et du travail de son créateur, émulez-le, gravez-le mais jouez-y !

NOTE DE LA REDAC

8.2
10
Incontournable
Son
9
Graphisme
10
Animation
7
Jouabilité
6.5
Intérêt
8.5
Les plus
  • L'ambiance et la réalisation graphique ainsi que certains cadrages
  • Le thème musical principal du jeu
  • Des doublages profitant du format CD
  • Un scénario et une enquête riche et dense
LES MOINS
  • Des censures dans les versions occidentales
  • Jamais traduit en français
  • On peut parfois chercher longtemps
  • Les phases de shooting sans saveur

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Merode
[Rédacteur En Chef Rétrogaming ] Amateur de Rpg et de tout ce qui dispose de près ou de loin d'une barre d'expérience et d'un scénario. Fasciné également par la Jap'anim de l'ancien temps, où les celluloïds s'agitaient devant une caméra pour raconter des histoires.

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