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TEST : MAJYUO

Sa femme sacrifiée et sa fille amenée de force en Enfer, Abel décide de prendre la route jusqu’au cœur de l’horreur et ce, par tous les moyens possibles, quitte à vendre son âme à Lucifer. Voilà le pitch de Majyūō, plateforme action de 1995 dont on sent les influences de Devilman, le manga emblématique de Go Nagai et qui rappelle aussi le travail de Y. Kawajiri et son ténébreux film « La Cité interdite ». De ce jeu sulfureux, se dégage une ambiance étrange et particulière. Le titre est développé et édité par KSS, un organisme un peu touche à tous, positionné entre jeu vidéo et animation (On leur doit entre autres l’Oav de Gunnm avec Nobuteru Yuki au chara design). Une production qui donne le ton dès la couverture de la boîte Super Famicom. Un Lucifer mantide, encadré d’un pentacle et accompagné de diverses monstruosités (était en réalité les Boss du jeu) emplit l’image. Au premier plan un portrait plutôt réaliste, du personnage mi-homme mi-monstre, à la colorimétrie rappelant certaines affiches Hammer Film accroche le regard.

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Majyuo cover

 

Au cœur du mal

Majyuo prend place sur une sorte d’île plongée dans le noir, corrompue par le malin et reliée à notre monde par une voix de chemin de fer. Le jeu se découpe en plusieurs zones, dont on nous indique l’avancée par une carte entre chaque niveau, à la manière d’un Castlevania IV. La route vers l’enfer commence par les dessous d’une mégalopole où vous attend un œil démoniaque géant, pour continuer ensuite vers la surface, envahi par la végétation et sous l’emprise d’une Poison Ivy dévouée au culte cornu. S’ensuit un train à pleine vitesse où des centaures violentent une jeune femme crucifiée, avant d’arriver dans une immense structure en ruine, composée de plusieurs aux teintes cristallines et probablement autrefois nimbée de lumière. Après cela, Abel va gravir une tour démoniaque où vont se jouer les derniers actes de l’aventure et lui offrir l’infime espoir de retrouver les siens. Ces derniers actes amènent la confrontation contre plusieurs démons des plus belliqueux et repoussants. Bref, c’est la bonne ambiance.

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La carte de Majyuo et les bas fonds

 

Une belle réalisation

Hormis un premier niveau assez en deçà de l’ensemble, la réalisation est plutôt soignée. Les environnements aux couleurs élégantes proposent quelques décors qui imprègnent la rétine, comme ce magnifique ciel angélique aux teintes or et lilas s’assombrissant comme rongé par le mal ou les parties organiques dans lesquelles on évolue à la fin du jeu. Les animations sans fulgurance fonctionnent bien et les effets sur certains boss comme cet énorme œil, donnent de la présence. Sans pour autant avoir la démesure d’un Super Metroid, certains d’entre eux, envahissent l’écran, surtout vers la fin. On retrouve aussi le passage de la structure énorme s’intégrant dans le level-design, sous la forme d’une énorme baleine sous laquelle vous devez passer en fonction de ses mouvements. Passage qui n’est pas sans rappeler le boss forteresse de R-Type, mais dans une déclinaison action plateforme. Ce mélange créent un contraste assez particulier et rend Majyuo étrange mais intéressant. Petit bémol pour une musique assez passe partout voir parfois en décalage avec l’univers.

 

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Le rendu visuel propose de beaux moments

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La ville dévorée par la végétation

 

Le Gameplay

Parlons maintenant des éléments mis à votre disposition pour vous frayer un chemin dans les ténèbres. Vous commencez avec votre arme à feu et à chaque boss vaincu, vous récupérez des orbes qui selon la couleur, nous transformerons en un type particulier de démon. Le choix de ces orbes, vous liant à tel ou tel démon a une influence sur la fin du jeu. À vous de prendre l’orbe en fonction de sa couleur pour avoir le démon de votre choix. Plus vous avancez, plus vous débloquez de formes différentes. Le gameplay est réactif et plaisant, le jeu n’est jamais injuste et les patterns des nombreux boss sont intuitifs. Les ennemis ne sont pas bien difficiles, d’ailleurs le jeu reste dans son ensemble assez accessible et pas trop punitif (en normal). Les pouvoirs fonctionnent par un principe de charge pour frapper plus fort et en fonction de l’orbe que vous avez récupéré, vos pouvoirs sont variables. Tel démon pourra envoyer une vague semi-circulaire d’énergie devant lui, tel autre fera jaillir des vagues de feu du sol, alors qu’une énième transformation vous permettra d’envoyer des disques de feu en mode Kienzan de Krilin et faire cramer toute forme de contestation démoniaque se manifestant d’un peu trop prêt. Abel dispose également d’un mouvement d’esquive fluide, une sorte de roulade réactive et précise qu’il est plaisant d’utiliser. Très utile dans les phases de progression, vous aurez aussi l’aide d’un familier : une petite fée, capable d’assurer vos arrières ou d’anticiper à minima la menace à venir en tapant dessus. L’ensemble fait que Majyuo offre vraiment pas mal sensations de jeu et une belle rejouabilité appuyée par un choix de la difficulté via les options. Côté level-design, c’est assez linéaire et le titre n’a pas non plus la complexité d’un Castlevania IV, cependant il se rattrape vraiment bien en proposant de multiples combats contre des Boss qui occupent une place de choix.

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La réalisation des boss est variable mais certains ont de la prestance

 

CONCLUSION

Majyuo est un jeu méconnu et tardif de la Super Famicom (1995), un titre à l’ambiance particulière, jouant la carte du démoniaque et de l’horrifique sous forme d’un plateforme action. Très plaisant à jouer, avec son gameplay fluide et sa réalisation graphique de bonne facture, il mérite de l’attention si on a la fibre rétro et qu’on est curieux. Méconnu puisque uniquement sorti au Japon, il est en plus devenu très rare et très cher au point de s’être vu réédité de manière plus ou moins officielle. Cette réédition utilisant des cartouches non produites par Nintendo, peut présenter des risques, donc renseignez-vous bien avant de l'acheter. De même que si vous voulez vous procurer une édition d’époque,  le jeu coûte presque 1000€ donc assurez-vous bien de ne pas vous procurer une contrefaçon ou une réédition à prix fort. À noter qu’une fantrad anglaise du jeu existe.

EVALUATION DE LA REDAC

7.7
10
Super
Son
6.5
Graphisme
8.5
Animation
7
Jouabilité
8.5
Intérêt
8
Les plus
  • Un visuel travaillé
  • Un gameplay fluide et varié
  • Une ambiance très particulière donnant au jeu un certain cachet
LES MOINS
  • Un level design assez sage
  • Le thème musical de boss en désaccord avec l’ambiance du jeu
  • Un premier niveau graphiquement plus faible que le reste

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Merode
Amateur de Rpg et de tout ce qui dispose de près ou de loin d'une barre d'expérience et d'un scénario. Fasciné également par la Jap'anim de l'ancien temps, où les celluloïds s'agitaient devant une caméra pour raconter des histoires.

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