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TEST : VALKYRIA CHRONICLES

À la suite de l’arrêt prématuré de la Dreamcast, de nombreux studios pourtant très créatifs affiliés à SEGA, ont dû développer des jeux de manière éparse sur différentes plateformes. Certains ont même changé de nom ou disparu au fil du temps. Les amoureux de la 128 de SEGA se souviendront bien évidemment de Skies of Arcadia, RPG ô combien célèbre de cette machine et que l’on doit à Overworks. Pour comprendre d’où vient Valkyria Chronicles, cette exclusivité PS3 sortie en catimini en Europe et aux antipodes des standards d’un jeu vidéo post 128bit en pleine mutation, prenons un peu de temps pour parler d’Overworks

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Overworks, aka SEGA AM7, un studio de légende

Overworks crée en 1998, est en réalité un changement d’identité de l’illustre studio SEGA AM7, un studio de légende au CV qui pèse. On leur doit entre autres, la quadrilogie Phantasy Star, la trilogie Streets of Rage, une ribambelle de Shinobi, les épisodes Saturn de Sakura Taisen puis les suivants sous le nom d’Overworks, réalisés en collaboration avec Red Company (Tengai Makyo, Lords of Thunder) et j’en passe… car la liste est longue ! Mais voilà, rien que ça a de quoi démontrer la capacité créative de ces gens !

Valkyria Chronicles, ce jeu au visuel manga et au nom évoquant les légendes nordiques mixé aux conflits armés du XXe siècle, qu’on pouvait voir dans les rayons au début du lancement de le PS3 et qu’on ne fut pas nombreux à acheter, était en réalité le dernier né de ce studio ayant fait la gloire de SEGA. Un peu avant la sortie du titre et preuve du tumulte au sein de l’entreprise suite au retrait de SEGA du marché des constructeurs, Overworks avait une fois de plus changé de visage et de nom. Cette fois, le studio se renomme SEGA WOW, à la suite d’une nouvelle fusion avec une autre branche de SEGA : le studio AM 1 (les créateurs de Golden Axe). Dans cette nouvelle structure, se crée le bien-aimé Valkyria Chronicles. sous l’égide de Shuntaro Tanaka, directeur et scénariste de Skies of Arcadia.

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Welkin et Alicia (à droite) lors d’un moment difficile.

 

Une merveille de game-design

Alors pourquoi en passer par tout ça pour vous parler de ce jeu longtemps passé inaperçu ? Et bien tout simplement parce qu’il s’agit d’un des plus illustres Tactical RPG qui soit. Oui, avec un tel héritage, serait-il envisageable que Valkyria Chronicles soit un bête RPG de plus, sans saveur comme on a pu en voir fleurir sur la génération PS360 ? Bien sûr que non ! Valkyria Chronicles est une petite merveille de gamedesign qui, après des années de case par case et de damiers instaurés par les Shining Force et autres Fire Emblem, vient dépoussiérer une formule en étoffant un système mis en place dans un précédent jeu impliquant Overworks : Sakura Taisen 3. Un système où le case par case disparaît au profit d’un déplacement global, limité en distance par une barre de stamina et dans une arène de jeu en full 3D. Si dans Sakura Taisen 3, ce concept était à ses balbutiements, il fait germer l’idée globale de cette nouvelle approche. Une idée qui va évoluer et s’enrichir et prendre de l’envergure avec les capacité de la PS3 qui permet des cartes beaucoup plus grande. Pour y parvenir, il fallait au jeu un contexte militaire avec suffisamment d’ampleur. Et quoi de mieux pour ça que les 2 guerres mondiales du XXe siècle.

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Des sacs de sable et des tranchées vont permettent de vous cacher du feu ennemi

 

Valkyria Chronicles, un jeu à contre courant pour son époque

Ainsi, point de chevaliers pour taper au corps-à-corps, ni de magies qu’on lance pour bruler ou geler plusieurs ennemis d’un trait, mais place à un conflit armé avec chars, mortiers et armes à feu de tous genres. Ce choix permet à l’équipe d’appréhender les distances, la visée, de jouer avec les notions liées au champ de vision et mise à couvert. Le joueur est donc invité à une toute nouvelle logique de jeu, extrêmement intelligente et bien calibrée, qui droit prendre en compte l’espace et l’environnement des champs de bataille. Ces derniers sont variés et diffèrent d’une carte à l’autre, et chacune de ces nouvelles cartes demande un temps d’adaptation tactique et pas mal de repérage. Avec de telles inspirations historiques, le jeu construit toute une grammaire de gameplay qui lui est propre et c’est assez rare dans le jeu vidéo pour être signalé ! Au début de l’ère PS360, on ne joue pas à ça, ailleurs que dans un Valkyria Chronicles et que de souvenirs et de nuits passées pour appréhender et recommencer, jusqu’à trouver la faille et ainsi débloquer certaines situations de prime abord infranchissables. Si le jeu commence de façon assez calme et didactique, il ne ménage pas son joueur très longtemps. Dès le chapitre 7 : « The Battle of Barious » (le fameux !), le ton change radicalement avec la rencontre de la glaciale Valkyrie sur laquelle je reviendrais plus bas. La première bataille de ce chapitre est un grand moment de jeu vidéo à tel point que plus de 10 ans après, le souvenir en est encore bien vivace et le traumatisme de ma nuit blanche passée dessus, toujours bien présent. Quel moment unique ! Ce genre de moment qui fait qu’on aime le jeu vidéo et surtout le jeu vidéo à système à la japonaise !

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Welkin Gunther, le chef de l’escouade n°7

 

The Battle of Barious

J’en ai trop dit ou pas assez, donc sans vous révéler quelconque solution, un peu de contexte s’impose malgré tout. Dans cette bataille, chaque mouvement est crucial et le temps est compté. Vous devez mettre à mal le Behemoth de l’empereur Maximilien, votre principal ennemi dans le jeu. L’engin traverse d’anciennes ruines et suit un trajet précis. Pour ce faire, il vous faudra, rester à couvert de ses canons dévastateurs et envoyer vos unités mobiles pour grimper sur sa structure, et en saboter différentes parties. Si le char quitte la zone avant que vous soyez parvenu à vos fins, c’est perdu. Mais ce n’est pas tout ! Non content de devoir jouer avec les angles de visée des multiples tourelles qui composent le monstre, vous allez devoir appréhender une menace bien plus grave venant du nord-est de la carte : La Valkyrie. Comme entrée en matière, on ne pouvait pas mieux faire. Et si elle semble aussi froide que ravissante sur la boîte du jeu, cette nymphe guerrière est avant toute terrifiante et dévastatrice. Dotée d’une capacité de déplacement hallucinante et d’une arme déployant un rayon traversant toute la carte, il ne lui faudra que quelques tours avant de vous rejoindre, pour vous exterminer en quelques secondes si ce n’est pas fait avant. Tout le secret de votre succès résidera donc dans l’efficacité des dommages à causé sur le char de l’empereur, déclenchant la colère de cette furie à un moment précis ; et aussi dans le placement stratégique de vos unités en amont de ce moment précis, afin de pouvoir en finir au plus vite. Bref des heures de tension tactique et donc de bonheur, pour un moment unique que je n’oublierais jamais. Merci SEGA et merci à celles et ceux qui ont imaginé une telle richesse de jeu !

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Selveria Bles qui s’apprête à donner l’assaut d’une fulgurante et dévastatrice charge lors de la bataille du chapitre « The Battle of Barious »

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Quand vous la voyez faire ça lors des batailles qui vous opposent à elle, vous avez intérêt à bien vous cacher !

 

Les troupes et leur fonctionnement

Après cette parenthèse, revenons au jeu dans sa globalité. Valkyria Chronicles met à disposition 5 classes différentes qui constituent les rangs de vos équipes : éclaireur, soldat de choc, lancier, tireur de précision et ingénieur. Ces unités que vous disposez sur la carte au départ de chaque escarmouche, se centralisent autour de votre unité principale : le Char. Élément central du gameplay, il est aussi dévastateur que défensif. Chacune de ces unités se spécialise en fonction de ses compétences. Si l’éclaireur a une très grande mobilité, il reste fragile à découvert, alors que le lancer plus solide, pourra démolir des unités blindées adversaires, pendant que l’ingénieur piègera le sol ou soignera ses frères et sœurs d’armes sous la couverture d’un de vos sniper, bien placé sur une hauteur, jalousement gardée par un soldat de choc à la mitraillette bien chargée.

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Aika et Vyse (de dos à gauche) de Skies of Arcadia

 

Une esthétique made in SEGA

Avec Jet set Radio ou encore Rez, SEGA nous a habitué à imaginer des rendus visuels originaux offrants à ses jeux une identité visuelle telle, qu’ils ne souffrent pas ou peu des affres du temps. Valkyria Chroniques est lui aussi dans cette démarche, puisqu’il arbore une touche artistique du plus bel effet. La 3D s’habille d’un rendu dessiné qui vibre comme un crayonné sur un carnet à dessin, qu’on aurait rehaussé à l’aquarelle, pour lui donner plus de vie et de lumière. À l’œil c’est superbe et cela rappelle entre autres choses les storyboards et les dessins préparatoires des films du studio Ghibli. On notera d’ailleurs tout au long du jeu que l’amour que met dans ses œuvres Hayao Miyazaki pour la machinerie militaire, est partagé par les anciens d’Overworks. Les cartes sont toutes très lisibles, étoffés par des icônes au code couleur clair et repérable dès le premier coup d’œil. Les impacts de balles sous le feu des batailles sont représentés comme des onomatopées de bande dessinée et pour finir, le titre possède un chara-design tout à fait charmant, sobre et élégant dans les uniformes et les personnages. Et mention spéciale pour l’intégration de Aika et Vyse de Skies of Arcadia en personnages jouables !

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La valkyrie Selvaria Bles

 

Inspirations et enjeux narratifs

Avec presque un total de 4 heures de cinématiques et phases narratives, la trame scénaristique est pleine de rebondissements et se laisse suivre avec  plaisir. Elle mélange divers éléments des 2 conflits mondiaux armés du XXe siècle, mais dans une Europe fictive des années 30. Vous y incarnez Welkin et Alicia ainsi que toute l’escouade n°7. Cette troupe est issue de Gallia, une petite province (équivalente aux Pays-Bas) prise en étaux entre deux grandes puissances : Une fédération à l’Ouest et un empire belliqueux à l’Est. Cette fameuse unité 7, a pour mission de mener une percé au cœur de l’empire ennemi, alors que ce dernier se prépare à gagner la guerre grâce à une nouvelle arme. Cette arme n’est autre que la Valkyrie, une femme aux pouvoirs quasi-divins, issue d’un peuple ancien qui semblait avoir disparu. Si l’empire rappel par ses uniformes et son statut, l’Allemagne du Kaiser Guillaume II, cette Europe fictive, tend aussi vers un contexte de menace rappelant l’Allemagne post 1933. On retrouve donc au cœur du jeu, une situation géopolitique mettant en place un petit état pris en étaux entre deux grands pays, et duquel vient l’espoir de résoudre ce conflit armé. Un schéma qui n’est pas sans rappeler ceux prisés par Yasumi Matsuno (Tactics Ogre ou Final Fantasy XII), mais à travers une époque différente et avec un peu moins de profondeur narrative.

Et le lien avec le créateur d’Ivalice ne s’arrête pas là puisque le compositeur attitré de toutes les productions du père de Tactics Ogre : Hitoshi Sakimoto, signe la superbe bande-son de Valkyria Chroniques. Une bande-son aux sonorités militaires et imprégnée d’éléments musicaux évoquant le magique, le mystique et l’épique. Un travail dans la lignée de ses travaux les plus conséquents.

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Pour terminer, quelques artworks pour le plaisir des yeux et illustrant le superbe travail de chara-design réalisé sur le jeu et la manière dont il a été respecté lors du passage en 3D :

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L’empereur Maximilian

valkyria chronicles art Cordelia Gi Randgriz

Cordelia Gi Randgriz, reine de Gallia et opposante politique majeure de l’empire

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Selvaria Bles, l’une des Valkyries

CONCLUSION

Valkyria Chronicles, avec son rendu visuel surprenant, sa bande-son signée Hitoshi Sakimoto et son gameplay d'une rare inventivité, est un apport majeur dans l’évolution du genre Tactical-RPG. Il se range sans problème aux côtés des plus illustres noms de sa catégorie, en plus d'être l'un des derniers grands jeux d'un studio métamorphe, mais ô combien précurseur et respectable : SEGA AM 7 aka Overworks. Les rééditions PS4, Switch et PC, même si elles ne proposent toujours pas de traduction française, sont une occasion pour toutes et tous, de découvrir ce qui fut l'une des plus belles exclusivités PS3, mais aussi et surtout, très grand jeu SEGA. Un jeu dans l'esprit des productions d'antan, où le savoir faire artisanal côtoyait l'inventivité artistique et l'audace de game-designers refusant de faire du sur-place. PS : Et encore merci à Gameswave de m'avoir vendu le jeu à l'époque !

EVALUATION DE LA REDAC

9.3
10
Chef d'œuvre
Son
9.5
Graphisme
9.5
Animation
8.5
Jouabilité
10
Intérêt
9
Les plus
  • Un système de jeu fantastique
  • Une bande-son superbe
  • Un rendu visuel qui ne vieillit pas
  • Le doublage japonais présent
LES MOINS
  • Pas de traduction française hormis sur PC via un Mod
  • Quelques personnages aux animations désarticulées une fois au sol

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Merode
Amateur de Rpg et de tout ce qui dispose de près ou de loin d'une barre d'expérience et d'un scénario. Fasciné également par la Jap'anim de l'ancien temps, où les celluloïds s'agitaient devant une caméra pour raconter des histoires.

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