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Capture d’écran (121)

TEST : BALDUR’S GATE

Vous avez forcément entendu parlé de ce monument vidéoludique sans forcément y avoir joué. Peut-être ce jeu vous intimide-t-il depuis toujours avant même d’oser poser la main dessus à cause de cette tête de mort trônant au centre de la jaquette qui vous fixe de ses yeux rouges luisants. À moins qu’aujourd’hui ce ne soit à cause de son statut de titre vénérable et fondateur laissant préjuger de la complexité et donc de l’inaccessibilité. Tout comme Ultima Underworld, qui préfigure un idéal du RPG en monde ouvert en vue à la première personne, il fait partie de ces jeux de rôle occidentaux très ambitieux dans les années 90 qui n’avaient pas peur d’accumuler les défauts pour tenter de révolutionner leur genre avec un contenu dantesque et quelque peu expérimental inspirant encore grandement les productions actuelles. Du même éditeur BioWare, Dragon Age en est un héritier direct.

Baldur’s Gate est un jeu basé sur la licence “Donjons & dragon” dont le scénario se déroule dans le cadre de la campagne “Royaumes Oubliés” du jeu de rôle papier. Le gameplay se lie à un système retranscrivant fidèlement les règles du jeu de la seconde édition de celui-ci. Il a été développé par le défunt studio “Black Isle” qui a laissé dans le même temps une seconde empreinte indélébile dans l’univers du jeu vidéo grâce à un certain “Fallout”. Il est uniquement sorti sur PC/Mac à l’époque, seule plate-forme capable de digérer les nombreuses composantes de ce genre de titres.

Un second épisode surpassera finalement son modèle deux ans plus tard et un troisième est actuellement en développement chez Larian qui a récupéré la licence. Il y a quelques années, le développeur Beamdog s’est aussi attelé à l’adapter sur nos PC contemporains et plus récemment sur Nintendo Switch à travers son « Enhanced Edition » en y ajoutant un peu de contenu inédit comme de nouveaux personnages ainsi que les add-ons sortis à l’époque. Mais on reproche à cette version son manque d’ambition, ainsi nombre d’adeptes de la licence auront tôt fait de vous recommander de rester sur le jeu original agrémenté de ses meilleurs fan-mods.

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Voici comment se présente le jeu avec son interface (version « Enhanced Edition »)

La naissance d’un (anti)héros

Dans un jeu de rôle digne de ce nom, l’aventure commence toujours par la création d’un avatar. Ici, vous devrez définir les traits principaux de l’enfant adoptif du mage Glorion, menant jusqu’ici une vie paisible entre les murs de la forteresse de Chateau-Suif renfermant la plus grande bibliothèque de Féerune. Son apparence est représentée sous forme d’une photographie personnalisable et de couleurs attribuées à sa reproduction graphique en jeu. Vous devrez déterminer (par la suite, faire évoluer) ses caractéristiques, ses compétences, ses talents sans oublier son alignement (un positionnement éthique et moral) propres au système de jeu D&D. S’il est effectivement possible d’incarner un parfait salopard tout au long de l’aventure, sachez qu’une mauvaise réputation rendra votre expérience de jeu difficile, notamment au sein des villages traversés dans lesquelles les interactions sociales vous seront souvent refusées si on ne cherche pas carrément à vous tuer. De plus, la plupart des quêtes ainsi que l’histoire principale elle-même correspondent d’avantage à un profil de bon samaritain. Effectuer des larcins et des meurtres dans le but de perdre volontairement les points de réputation acquis avec les quêtes n’est pas très cohérent d’un point de vu rôlistique.

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La représentation de l’inventaire dans le jeu (Enhanced Edition).

« C’est moi : Imoen ! »

Très tôt dans l’aventure, lorsque vous vous baladerez dans les jardins de la forteresse, vous ferez la connaissance de votre première compagne de route qui n’est autre que votre amie d’enfance : Imoen. Si elle est du genre collante, est affublée d’un doublage en VF à se taper la tête contre les murs et possède des aptitudes au combat peu reluisantes, elle a le mérite de posséder les talents de voleur indispensables à la détection des pièges et au crochetage des serrures. Bien entendu, vous serez amené à croiser le chemin d’autres personnages de races et classes différentes, à recruter en fonction de votre alignement et du leur. Car effectivement, les personnages bons et mauvais ont la fâcheuse tendance à se quereller, entrainant leur démission ou un affrontement en bon et due forme. Même chose si votre avatar devient trop (im)populaire. Il existe d’autres subtilités à découvrir sur les relations sociales qu’entretiennent les uns avec les autres car tous les personnages sont écris dans Baldur’s Gate. Leurs caractéristiques, en revanche, ne correspondent pas toujours avec leur classe ce qui rend certain d’entre eux difficiles à jouer.

1,2,3 … Soleil !

Baldur’s Gate utilise un système de combats dont le déroulement de l’action se fait en temps réel avec une pause active. Ce qui signifie qu’à tout moment vous pouvez figer le temps pour donner des ordres aux membres de votre équipe. Ceci permet de s’émanciper d’un système au tour par tour vous réduisant à un lent déplacement case par case. Revers de la médaille : on y perd en précision et en clarté. Le néophyte mettra un certain temps à s’adapter et comprendra rapidement que foncer dans le lard sans réfléchir est une technique à proscrire. De même, il peut être déroutant de découvrir que les classes manipulant la magie n’ont que peu de sorts utilisables par jour et que les mages s’équipant d’une robe sont extrêmement fragiles. Si ces derniers sont compliqués à aborder, ils peuvent faire, mieux que personne, tourner en votre faveur une bataille qui se profile mal.

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Les nombreux dialogues sont entièrement traduits en français, parfois même doublés.

Toute liberté a un prix

Sitôt sorti de Chateau-Suif, vous découvrirez la vie d’un lapereau quittant pour la première fois son terrier entouré de prédateurs bien plus forts que lui. La carte du monde est composée de lieux qui sont autant de zones instancières, principalement en extérieur. Les villes et autres lieux remarquables sont séparés par des zones naturelles (prairies, fôrêts, plaines) tranquilles en apparence seulement. La fameuse ville de Baldur, divisée en quartiers sans compter son réseau souterrain d’égouts, est l’endroit le plus vaste et le plus intéressant que vous découvrirez tardivement dans votre progression. La règle d’or pour ne pas trouver le jeu trop ardu est que comme il n’est pas possible de connaitre le niveau d’un adversaire, il ne vaut mieux pas aller n’importe où sous prétexte que la destination n’est qu’à un jour de marche de la zone de départ. Sachez que le jeu gère également la fatigue causée par le temps passé et donc par les voyages.

Techniquement dans son jus

On peut craindre qu’un jeu sorti au milieu de la décennie 90 ait mal vieilli graphiquement. Heureusement celui-ci n’utilise pas l’horrible 3D polygonale avec la caméra libre qu’on trouvait (trop ?) souvent sur les jeux consoles de l’époque. Les décors restent fixes : ce qu’on perd en immersion, on le gagne en finesse et en esthétisme. Pas de miracle cependant pour la modélisation et l’animation sommaires des personnages. L’interface n’est pas rebutante et nombre de mods crées par des fans pour les PC vous permettrons de l’améliorer ou de la moderniser si vous en ressentez le besoin.

Parler de Baldur’s Gate sans évoquer sa bande son signée Michael Hoenig serait une hérésie tant les thèmes musicaux composés collent à merveille avec l’univers du jeu en plus d’être d’une qualité irréprochable. C’est sans aucun doute l’aspect qui a le moins vieilli et qui accentue le côté épique de l’aventure. Les morceaux reposants et mélancoliques accompagnant vos « promenades » dans les plaines de la Côte des Épées et ceux plus festifs harmonisant vos haltes dans les auberges succèdent à d’autres plus énergiques rythmant les divers affrontements et ceux plus mystérieux annonçant un mauvais présage. Sans oublier le thème principal vous accueillant dans le menu qui donne envie de vous jeter immédiatement dans une aventure pleine de promesses.

CONCLUSION
Faire une description complète de ce que recèle un jeu comme Baldur’s Gate prendrait des pages et des pages et le mieux reste de le découvrir par soi-même. S’il préfigure seulement ce que sera le second épisode intitulé « Shadows of Amn » plus abouti, il n’en demeure pas moins un jeu remarquable pour son ambiance et pour la liberté qu’il procure. La liberté de se promener n’importe où sur la carte du monde à condition d’avoir la sauvegarde facile. Celle de choisir ses cinq compagnons de route, leur développement ainsi que celui de son propre personnage. Et même celle de choisir son propre portrait importé dans les fichiers du jeu sur PC. Dommage que la liberté d’influencer sur le déroulement du scénario soit pour sa part absente. Si vous adhérez au système de combat exigeant et particulier, vous passerez probablement de belles heures sur ce titre.
EVALUATION DE LA REDAC
SON
9
GRAPHISME
7
ANIMATION
5
GAMEPLAY
8
INTERET
8
Les plus
  • Fidèle à la licence D&D dans la plupart de ses aspects.
  • Thèmes musicaux collant parfaitement à chaque situation rencontrée.
  • Décors détaillés et soignés utilisant une technique qui n'a pas mal vieilli.
  • Totale liberté d'action sitôt sorti de la zone de départ.
  • Durée de vie importante de plusieurs dizaines d'heures.
LES MOINS
  • Animation et modélisation des personnages.
  • Doublage des voix en VF très nanardesque.
  • Ressorts scénaristiques et écriture des personnages encore un peu timides.
  • Pas possible d'influencer sur la trame principale contrairement à un jeu de rôle papier.
  • Trop peu pertinent de jouer un personnage mauvais.
  • Difficile d'anticiper les lieux accessibles à son niveau.
7.4
10
Super

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[Redacteur Megadossiers et MegaTest]

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