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TEST : PANZER DRAGOON SAGA

Bâti sur les bases et l’univers de la série de Rail Shooter emblématique de la Saturn, Azel Panzer dragoon RPG, ou Panzer Dragoon Saga en Occident, est un RPG à l’identité et à l’originalité folle. L’univers mis en place par la Team Andromeda depuis 1995 est unique, et il n’est pas étonnant que Yukio Futatsugi et son équipe eurent le désir de l’étoffer. Et pour ce faire, quoi de mieux que le genre RPG pour approfondir une création vidéoludique ?

Panzer Dragoon Azel screen 04

 

 

Le monde de Panzer Dragoon

Le monde dans lequel vit Edge, le jeune homme à travers lequel l’histoire s’écrit, est un monde fait de nature sauvage et de vastes étendues d’eau sous lesquelles sommeillent d’anciennes cités cyclopéennes aux pouvoirs convoités par d’avides hommes, se faisant la guerre à bord de vaisseaux monolithiques, marchant à la magie et à la vapeur. Un monde ou de belliqueuses créatures antédiluviennes dorment d’un sommeil profond, après avoir été défaite par des Dragons. Un monde où l’on retrouve toute la mélancolie et la solitude des planches aériennes de Moebius, l’artiste français dont la Team Andromeda s’était inspiré, pour le shoot-em-up de 1995. L’ombre de l’aile de la princesse de la vallée du vent Nausicäa plane également sur le RPG de Sega ; avec les thématiques du pouvoir, de l’éveil de créatures des temps jadis, d’un bouleversement qui a eu lieu il y a si longtemps, que de mémoire d’homme, seules de lointaines légendes peuvent encore tenter d’en dévoiler les causes. Tant de sujets qui fascinent évidemment Hayao Miyazaki dans son manga.

Panzer Dragoon Azel screen 01

L’exploration à dos de Dragon, le point central du jeu !

 

 

Mais revenons à Panzer Dragoon et à Edge. Il est un jeune homme qui travaille au sein de structures minières accrochées à flanc de montagne. Après la découverte d’un artefact, le garçon voit toute son équipe assassinée par un homme du nom de Craymen. Ce Craymen s’empare de cet étrange monolith dans lequel repose une belle et énigmatique jeune femme : Azel (doublée par la merveilleuse Mayaa Sakamoto). Fasciné par le visage angélique de la mystérieuse endormie, et bien décidé à venger ses camarades, il va se mettre à la recherche de ce Craymen qui, visiblement est en conflit avec l’Empire voisin, lui aussi en quête de pouvoir. Laissé pour mort, notre héros va être sauvé par un Dragon s’étant réveillé lors de l’attaque. Une fois agrippé à l’échine de la créature volante, démarre l’un des plus emblématiques rpg de la Saturn et de l’ère 32 bits où la quasi-totalité de l’exploration se déroule à dos de dragon, amenant une réelle sensation de gigantisme dans les lieux visités. Si le jeu laissera quelque temps pour visiter à pieds divers environnements, c’est le sentiment de hauteur qui prédomine avec son échelle des proportions si unique et que longtemps, Azel Panzer Dragoon fut seul à proposer.

Panzer Dragoon Azel illustration 08

À l’image de cet artwork, l’identité Panzer Dragoon Saga est unique

 

 

Entre défi technique et pertinence musicale

Comme à l’accoutumé, qui dit Panzer Dragoon, dit bande-son exceptionnelle. Saori Kobayashi en charge du projet signe une partition tout bonnement exceptionnelle. Nous sommes en face d’un travail des plus audacieux et immersifs qui soit. À n’en pas douter l’une des meilleures bande son de la Saturn. Entre sonorités tribales et ambiances alternant cœurs, symphoniques et mélodies new âge, toute l’aventure est rythmée par cette musique qui crée l’imaginaire dans un monde à la 3D balbutiante mais non dénuée de charme. Ce charme et cette ambiance qui se dégage des multiples lieux visités et moments vécus, se dévoilent par une gamme colorée que l’on doit à une direction artistique exceptionnelle, mais également à cet ouvrage musical. Des profondeurs labyrinthiques du monde, où la solitude tutoie la cupidité des civilisations passées, à la mer à peine ridée lorsque souffle le premier vent, éclairant d’un soleil irradiant les ailes du dragon filant à la surface de l’eau, jusqu’aux villages d’architecture évoquant les yourtes de la steppe et le moyen-orient avec des habitations quasi-troglodytes enterrées dans le sable ; le monde de Panzer Dragoon est une alchimie de multiples expressions artistiques et influences savamment réunies.

 

 

Sorti en 1998, le jeu a quelques lacunes visuels dans les phases au sol qu’il doit à son support et à son époque, mais pad en main se dévoile une volonté avant-gardiste de la part de la Team Andromeda, en permettant au joueur de se déplacer librement dans des décors avec une caméra déplaçable à 360°. Si la Saturn et l’époque 32 bits cloisonnent techniquement les ambitions créatrices de l’équipe, il est surprenant de voir comment le jeu conserve une ambiance très réussie et reste très moderne sur pas mal des points de gameplay. Dans certains villages on retrouve quelques idées qui seront plus tard incluses dans Shenmue, comme le fait que chaque personnage se trouve à un endroit différent en fonction du jour ou de la nuit. Mais encore le choix de placement de la caméra au-dessus du personnage. Un cycle jour-nuit est également évoqué plusieurs fois dans l’aventure et la possibilité de scruter les objets dans les maisons, pousse un peu plus la narration et renseigne sur l’univers dans les phases à pied. En vol, l’analyse de l’environnement devient une véritable mécanique de gameplay surtout dans les donjons reposant sur l’exploration, la résolution d’énigmes et de mécanismes à débloquer.

Panzer Dragoon Azel screen 02

 

Un système de jeu unique

Le système de jeu d’ Azel Panzer Dragoon est un savant mélange du shoot original et de RPG tour par tour qui requière observation et tactique. Les combats se déroulant tous en vol, vous pouvez choisir entre 4 positions : devant derrière à gauche et à droite. Par l’intermédiaire d’un radar disposé en haut à droite et grâce à un code couleur vert transparent et rouge, le jeu vous informe sur les placements dangereux, ceux relativement sécurisés et ceux où vous ne risquez rien. Grâce à la croix directionnelle, vous pouvez instantanément changer de position et ainsi vous mettre à l’abri ou au contraire vous exposer. Bien sûr les monstres peuvent aussi bouger pour vous mettre dans leur ligne de mire. Dans le jeu, chaque créature dispose d’un point faible et bien évidemment, pour trouver ce point faible, il vous sera souvent demandé de vous exposer en zone rouge. Parfois, si vous combattez plusieurs opposants à la fois, vous pouvez aussi vous exposer à l’un d’entre eux pour en toucher un autre en plein cœur. Ce principe simple de placement amène une notion réellement stratégique au combat, vous demandant toujours de rester vigilant à votre position et à ne bouger que pour faire très mal. Et pour faire mal, vous devez pouvoir attaquer vite et fort. Une barre divisée en 3, à la manière de l’ATB de Final Fantasy monte en quelques secondes si vous restez sur une position. Dès lors que vous bougez, la progression de la barre s’arrête. Chaque charge représente une possibilité d’actions : magie, soin, furie, attaque directe ou attaque en groupe. À vous donc de vous positionner de manière à vous protéger et monter votre barre, puis de vous exposer pour ne frapper qu’au moment où vos barres sont chargées au maximum. Edge dispose de 2 types de tirs classiques. Un tir ne ciblant qu’une entité et un second permettant d’en cibler plusieurs. Ce sont essentiellement ces 2 options qui vous demanderont de réfléchir vos placements au mieux. Pour les magies et les furies, liées à une barre de point de magie, elles sont beaucoup plus souples concernant le placement.

Panzer Dragoon Azel screen 05

Les combats basés sur le placement

 

 

Au fil du jeu, comme tout RPG normalement constitué, vous allez monter en niveau et débloquer des nouvelles compétences ; des compétences soit achetables, soit trouvables dans les multiples lieux à visiter. Mais l’évolution ne s’arrête pas là. Edge est agrippé à l’échine du dragon, et c’est ce dernier est au cœur du système de jeu puisque c’est bel et bien lui qui évolue. Après quelques heures de jeu, s’ouvre une mécanique impressionnante pour l’époque, de morphing et de transformation du dragon. Opérable depuis le menu, elle vous  permet de spécialiser la bête en attaque, en défense, en magie, ou en rapidité. En déplaçant le curseur aux 4 points cardinaux, vous changez les statistiques sur une échelle de 1 à 200 et ainsi spécialisez votre compagnon. De plus visuellement, le dragon change d’apparence en temps réel ! Juste génial pour l’époque. En fonction de l’état dans lequel la bête combat et monte en level, elle apprendra tels ou tels talents. C’est donc à vous d’établir votre stratégie assez tôt et de vous y tenir. Si vous désirez conserver un équilibre des statistiques, les compétences apprissent à chaque montée en niveau seront aléatoirement réparti dans les 4 genres. C’est donc avec tous ces éléments et ces concepts qu ‘Azel a su inscrire de manière durable son système de jeu dans le petit monde du RPG.

Panzer Dragoon Azel screen 06

L’évolution des pouvoirs et l’interaction avec les peuples autochtones. Ici dans une caravane inspirée des peuplades mongoles, reconnaissables en particulier grâce aux tapis sur le sol.

 

 

Le rythme du jeu est également assez spécial et unique. Dans Azel, vous n’explorez pas une planète entière mais une région donnée, composée de quelques localités et théâtre du destin de ce monde, puisqu’elle abrite les mystères des temps jadis convoitées par toutes les forces en place. Il n’est pas question non plus de forcer le joueur à monter en expérience des heures durant pour avancer. Les combats sont plutôt rares et pas mal de fois scriptés. Ce qui est rare pour un J-Rpg des années 90 et qui s’apparenterait plus à un choix de game design plus moderne comme dans Final Fantasy VII Remake par exemple. Le jeu laisse souvent la place à la flânerie dans les décors, et invite tout simplement à explorer en profitant des superbes musiques. Ponctué de nombreuses cinématiques aux animations fort jolies pour son année de sortie, le titre se concentre sur la narration et se débarrasse de la chape de plomb souvent invasive, que représentent des combats trop rapprochés. Ainsi l’aventure pourtant riche en rebondissements, se termine en 15-20 heures . Puisqu’il ne joue pas la carte de la durée de vie en distillant son scénario dans de trop longues phases d’affrontements, le jeu en devient assez facile et on peut regretter ne pas pouvoir profiter plus du judicieux système de combat mis en place. Malgré tout ce choix peut s’avérer appréciable et permet aussi de vivre ces heures passées comme une expérience vidéoludique narrative, plus que comme un RPG pur jus.

Panzer Dragoon Azel screen 07

De nombreuses cinématiques donnent vie à cette histoire et à cet univers

Panzer Dragoon Azel screen 02

 

 

Jouer à Panzer Dragoon Saga aujourd’hui ? 

Comment jouer à Panzer Dragoon Saga aujourd’hui, dans de bonnes conditions ? Une question épineuse puisque la réponse la plus honnête, reste d’y jouer sur Saturn dans sa version originale avec une télé à tube cathodique. Le jeu ayant été édité en France à tout au plus, 1000 ou 2000 exemplaires, il coûte très cher. Idem pour sa version américaine. Si vous parlez japonais ça devient plus abordable puisque le jeu reste trouvable à des tarifs correctes. Évidemment avoir pu conserver ou récupérer le matériel d’époque pour y jouer dans ces conditions reste un challenge. Du coup je ne peux que vous inviter à y jouer sur émulateur via le programme Yabause. Une fantrad française a d’ailleurs été réalisée. Si elle conserve quelques libertés dans les dialogues déjà présents dans la traduction anglaise, comme le « dakedo Watashi wa… » d’Azel à la fin du jeu traduit par « I love you/ Je t’aime » ; elle est de bonne facture. Le texte s’intègre bien dans les menus et les écrans de cinématiques. C’est un vrai plus pour les gens ne maîtrisant pas l’anglais. Jouer à un jeu Saturn en 3D sur émulateur lisse les polygones, mais fait ressortir aussi les nombreux défauts alors que le RPG était initialement conçu et étudié pour un rendu à destination d’un écran CRT. La notation est d’ailleurs basée sur la version console sur une télé d’époque et tient également compte de l’année de sortie du jeu et de son support. En conclusion, il n’y a pas de solution miracle, mais quoi que vous choisissiez, le voyage vaudra le coup.

Panzer Dragoon Azel illustration 09

L’illustration de couverture pour l’édition Saturn japonaise

CONCLUSION

Chevauchées fantastiques au-dessus des nuages, univers oniriques et étranges inspirés entre autres de la folie créatrice du mouvement Métal Hurlant, transformation d’un système de shoot génial en un RPG unique en son genre, Azel Panzer Dragoon est une création envoûtante et avant-gardiste du RPG. Au service d’une narration et d’une réalisation ambitieuse pour son temps, bien que cloisonnée par son support la Saturn, ce RPG incontournable de SEGA, à la musique enchanteresse, se détache d'archaïques mécaniques basées sur la montée en niveau parfois poussive, pour ne garder que le meilleur, à savoir une histoire d’amour impossible dans un univers rocailleux où l’on survit plus que l’on ne vit.

NOTE DE LA REDAC

9.2
10
Chef d'œuvre
Son
10
Graphisme
8.5
Animation
8.5
Jouabilité
9
Intérêt
10
Les plus
  • L'ambiance, unique de Panzer Dragoon au service d'un RPG
  • La bande son merveilleuse de Saori Kobayashi
  • Le système de jeu unique en son genre
  • Un remake a été promis par Sega et Forever Entertainment
  • Le jeu conserve le doublage japonais dans toutes les versions
  • Azel, merveilleuse et habitée par la voix de Mâya Sakamoto
LES MOINS
  • Un jeu trop facile
  • Il est compliqué d'y jouer aujourd'hui dans de bonnes conditions
  • Le prix du jeu original et l'absence totale de réédition
  • Les phases au sol ont vieilli techniquement

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Merode
[Rédacteur En Chef Rétrogaming ] Amateur de Rpg et de tout ce qui dispose de près ou de loin d'une barre d'expérience et d'un scénario. Fasciné également par la Jap'anim de l'ancien temps, où les celluloïds s'agitaient devant une caméra pour raconter des histoires.

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