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TEST : RESIDENT EVIL VILLAGE

C’est bien loin de la ville de Racoon City que commence cette fable horrifique nommée Resident Evil Village. 8e opus principal de la franchise de Survival Horror de Capcom, Village, nous conte la vie d’Ethan Winter après les événements tragiques et traumatisants du 7e épisode qui commença rappelons-le, par ce repas inoubliable entre amis, dans un coin puant de Louisiane. Notre héros, dont on ne voit jamais le visage, puisque Capcom a adopté la vue à la première personne pour sa franchise, à reconstruit sa vie et a fondé une famille. C’est sur ce moment que s’ouvre le récit. Ethan pouponne et canalise ses peurs tant bien que mal. Mais soudain tout bascule. Sa famille brisée, il se retrouve lâché dans une contrée hostile et froide, où la couleur qui prédomine sur la neige bordant les sentiers, est celle du sang d’habitants terrorisés, vouant un culte à ce qui semble s’apparenter à une déité païenne et très locale répondant au nom de Mère Miranda.

Resident Evil VIII Screenshot 04

Inspirations

Les inspirations de ce Resident Evil, tendent vers le tribal et le folklore Transylvanien. On y retrouve tout un bestiaire composé de Lycans, de créatures buveuses de sang et de sorcières illuminées. Les compositions visuelles mises en place dans les environnements, cultivent une ambiance ritualiste fort marquée, comme ces têtes de boucs décapités et suspendus au-dessus d’un chemin à l’entrée du village, ou encore ces pentacles tracés à la craie sur le plancher des habitations, témoignages de pratiques magiques anciennes. Cette localité est un mélange vieilles habitations faite de pierre, de torchis et de bois, qui ne tiennent debout que par des renforts de métal et autres bric-à-brac en taules placés çà et là. Surplombant cette version slave du village de Resident Evil 4, domine un énorme château évoquant Castlevania Lords of Shadow et ses panoramas renversants. Une bâtisse composée d’un intérieur raffiné, où les lumières à la chandelle montées sur de superbes lustres, font scintiller les dorures et le marbre d’une décoration intérieur purement baroque.

Quelle surprise également que de voir Resident Evil aller aussi loin de la zone balisée par la franchise depuis la fin des années 90. On pourrait même y entrevoir la volonté d’une équipe inféodée à cette juteuse série, d’aller faire autre chose malgré leurs obligations. Mettre les Zombies au placard et repenser sa formule à travers le spectre des chantres de l’épouvante que sont Stoker où Poe, a de quoi surprendre et en bien !

Resident Evil VIII Screenshot 12

Sa majesté des mouches

Graphiquement, le titre est réussi malgré quelques rares moments un peu en dessous du reste. Si les environnements en sous-sol comme les caves, peines parfois à installer une ambiance harmonieuse et une finesse de rendu digne des autres passages du jeu, dans les sentiers enneigés, la silhouette grisâtre des arbres morts et des cadavres qui y sont pendus pose une ambiance immersive et pesante. Dans le château, c’est tout aussi magnifique avec ce décorum d’un autre temps. C’est d’ailleurs dans ce château, qu’Ethan se retrouve être une fois encore, l’invité surprise d’une réunion privée, dans laquelle il se voit malmené physiquement et dans lequel, il fera la rencontre de personnages haut en couleur tel que la charismatique Lady Dimitrescu et ses trois furies de filles.

Resident Evil VIII Screenshot 05

Même armé, vous restez la proie

La comtesse sanglante

Lady Dimitrescu, personnage incontournable et fort réussi de ce nouvel épisode, est un savant mélange entre une belle aristocrate des années 30, coiffée de la plus belle des capelines blanches, et du personnage ô combien célèbre des Balkans : Erzebeth Báthory, la comtesse Sanglante. Erzebeth Báthory était la personnalité la plus puissante d’Europe de l’Est à la fin du XVI e siècle. À la suite d’un procès mené sous le joug de la torture de son petit personnel par son oncle le palatin Thurzo, la femme fut accusée de plusieurs meurtres et emmurée dans une pièce de son château. Báthory aurait saigné ces jeunes femmes afin de garder sa jeunesse. Du procès de cette femme visiblement épileptique, peu enclin à se plier aux dogmes de son temps et à qui certaines puissances voisines de la Hongrie devaient de l’argent, s’ensuivit une légende noire. Des histoires terrifiantes ont fait fantasmer beaucoup d’auteurs, créant autour de celle qu’on présente depuis comme la première tueuse en série de l’histoire, beaucoup de fantasmes. Au fil du temps, c’est le spectre du vampire qui se mis à tourner autour de la mémoire de la comtessee, qu’on accusa d’avoir tué, non plus une dizaine de femmes comme l’affirme son procès, mais des centaines de vierges, afin de prendre des bains de sang pour obtenir la jeunesse éternelle. Quoi de mieux donc que celle considérée comme la reine des vampires pour créer un personnage haut en couleur dans un jeu vidéo d’horreur. Le légendaire autour d’Erzebeth Báthory est d’une richesse et d’un esthétisme gothique tel, que Capcom ne pouvait que réussir le personnage de Lady Dimitrescu. Accompagnée de ses 3 filles dans lesquelles on peut retrouver l’archétype des 3 femmes de Dracula dans le roman de Bram Stoker, elles vont s’illustrer dans des phases de jeux rappelant le Nemesis ou Mister X dans Resident Evil 2. À savoir des personnages vous traquant dans des lieux clos et que vous devrez fuir pour sauver votre vie.

Resident Evil VIII Artworks

Artwork de notre aristocrate buveuse de sang et sa descendance 

 

Entre ajouts et valeurs sures du gameplay

Si la trame du jeu converse un pied dans le réel, rapidement Resident Evil Village nous plonge dans un monde coupé de tout, hostile et surnaturel. Ethan, personnage peu charismatique au départ, devient attachant au fil d’un récit sordide, l’emmenant dans un tourment infernal qui n’a rien à envier à certains moments à Silent Hill 2 ou encore P.T. Le gameplay lui, reste profondément ancré dans ses fondamentaux. On nous sert l’évolution classique pistolet, fusil à pompe, fusil sniper et toute la panoplie d’armement militaire à modifier et perfectionner au fur et à mesure de la progression . Néanmoins, la contrée dans laquelle l’histoire se passe, est hantée par des entités répondant à des codes de l’épouvante. Et bien que classique sur le fond, Capcom amène quelques passages jouant sur ses codes.

Concernant la gestion de l’inventaire, le traditionnel coffre d’objet a par ailleurs disparu, laissant la place à un menu avec plus de place, puisque les ingrédients permettant de créer les items consommables, ne prennent plus d’emplacements dans la célèbre valise servant d’inventaire. Il en va de même pour les objets à revendre et les différents trésors à récupérer. En effet, ce 8e épisode reprend le principe du 4e avec un marchand ambulant et de la monnaie à générer, puis à dépenser pour faire évoluer les items. Un principe de cuisine fait également son apparition permettant de faire évoluer votre vie ou votre défense. En parlant de défense, il est également possible de se protéger en appuyant sur L1. La version PS5 propose en prime, l’utilisation des gâchettes adaptatives, mises au service des sensations procurées en fonction de la catégorie d’armes utilisées. La possibilité de briser automatiquement les pots et les caisses sans devoir équiper le couteau ni perdre de munitions, est également une nouvelle option bienvenue.

Resident Evil VIII Screenshot 03

Le marchand du village

Resident Evil VIII Screenshot 02

Le level design joue sur des codes couleurs pour indiquer le chemin à suivre

 

L’ambiance sonore ne se distingue pas tant par des musiques inoubliables, mais plutôt par un sound design et un doublage travaillé. La version anglaise est tout bonnement superbe. Les personnages sont habités par des doubleurs jouant sur des caractères entre tristesse, folie et aristocratie décadente. On retrouve dans la VF plus inégale, quelques doubleurs connus et toujours pertinents comme Laurence Bréhéret, doubleuse récurrente dans Game of Thrones, où elle double à merveille Cersei Lannister mais aussi Sylvanas dans World of Warcraft. Le principe du thème apaisant et mélancolique des fameuses salles de sauvegarde a hélas totalement disparu et la majorité des musiques ne servent au mieux qu’à accompagner quelques passages précis mais ne marquent pas les esprits. Le travail d’animation est globalement bon. Néanmoins, le soin apporté aux personnages centraux ne se retrouve pas forcément partout et quelques protagonistes secondaires ont de la peine à exprimer quelconque émotion, tant les visages sont rigidifiés par des expressions faciales minimalistes. Fort heureusement le bestiaire et les acteurs centraux de l’histoire sont soignés.

Resident Evil VIII Artworks 02

Artwork du charismatique et nonchalant Heiserberg, le seigneur des Lycans.

 

Jeu testé à partir d’une version Playstation 5

CONCLUSION

En définitive, ce qui marque le plus dans cet épisode, c’est le changement et l’originalité des thèmes utilisés pour une franchise orientée Survival Zombie, marquant de fait, un véritable tournant bienvenu pour la Saga. Ce choix permet un renouvellement, évitant de retomber une fois de plus dans des classiques comme l’hôpital, les égouts ou la ville en flamme. Resident Evil Village, cite beaucoup Resident Evil 4 mais sans jamais vraiment le singer. Au contraire il réinvente quelques passages mythiques de l’épisode GameCube tout en amenant des pans entiers de phases de jeux bien à lui, et construites autour du folklore dont il s’inspire. Resident Evil Village est donc une messe noire où Vampires, Lycans et autres créatures invoqués au fin fond des Balkans, tourmenteront l’inépuisable Ethan Winters courant après les fantômes d’une famille qui semble brisée en mille morceaux.

EVALUATION DE LA REDAC

8
10
Super
Son
8
Graphisme
9.5
Animation
7.5
Gameplay
7
Intérêt
8
Les plus
  • L'ambiance entre Transylvanie et épouvante
  • Parmi les meilleurs antagonistes de la franchise
  • Le jeu utilise les gâchettes adaptatives de la PS5
  • L'intensité reste constante et ne faiblit pas
LES MOINS
  • Quelques animations de personnages un peu rigides
  • La vue à la première personne crée quelques confusions lors de certaines phases d'action

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Merode
Amateur de Rpg et de tout ce qui dispose de près ou de loin d'une barre d'expérience et d'un scénario. Fasciné également par la Jap'anim de l'ancien temps, où les celluloïds s'agitaient devant une caméra pour raconter des histoires.

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