Close

Login

Close

Register

Close

Lost Password

LES PODCASTS DU MOMENT
Capture d’écran (121)

TEST : A PLAGUE TALE : INNOCENCE

Se démarquer dans le milieu du jeu vidéo est quelque chose d’assez compliqué à une époque où beaucoup de genres et de styles de jeu ont déjà étaient imaginés ou réimaginés. Dès lors c’est par l’ambiance, le récit, et le contexte géographique, historique ou fantastique, qu’un jeu peut le plus souvent sortir du bois et ainsi acquérir une réelle identité. C’est ce choix qu’a fait Asobo pour son jeu Plague Tale Innocence. Asobo est un studio français qui, à en voir ce titre, s’est nourri de ce que le média a pu proposer ces 20 dernières années, afin d’en faire une sorte l’alchimie construite au cœur d’un univers visuel et esthétique soigné où l’élégance et la richesse des décors, ne sont entachées que par des animations rigides qui déshumanisent quelque peu des personnages touchants et attachants.

Plague Tale ban

Une enfance éteinte dans les flammes de l’inquisition

A Plague Tale Innocence se déroule et 14e siècle dans une France fantastique aux architectures girondines, et dépeint un monde envahi peu à peu par la macula, une sorte de peste symbolisée par des nués de rats au pelage noir et aux yeux rouge sang. Dans ce monde aux édifices médiévaux lourd comme des vaisseaux de pierre et chargés d’histoire, l’inquisition sous l’impulsion du seigneur Vitalis, arpente la région et ne résigne pas à tuer et brûler, pour purifier les terres maudites par cette maladie, que rien ne semble arrêter. Rapidement, Amicia et Hugo voient leur foyer disparaître dans les flammes, tandis que l’ombre inquisitrice fait brûler les chairs des innocents aux quatre coins du pays. C’est dans ce contexte que la jeune fille va prendre sous son aile un petit frère qu’elle n’a que trop peu connu, afin de lui trouver un remède capable de stopper le mal qui le ronge.

Plague Tale 07

Amicia défendra Hugo quoi qu’il lui en coute !

Inspirations vidéoludiques multiples

S’installe alors un jeu qui construit ses fondations sur des concepts établis et qui ont fait leurs preuves. Le premier est le contexte, souvent rare mais toujours intéressant de ces jeux qui se placent dans une vieille Europe historique teintée d’ésotérisme, comme a pu le faire Koudelka d’Hiroki Kikuta sur Ps1. S’ensuit le duo de personnages se tenant par la main et qui doit fuir et se défendre comme il peut, contre un assaillant. Ce concept, vient bien-sûr, du célèbre Ico de Fumito Ueda. Si le principe de fond est le même que dans le jeu PS2, l’approche est cependant différente, en partie à cause du choix de placement de la caméra, ici disposée à la manière d’un The Last of Us, à savoir assez proche des personnages. Et la ressemblance avec le titre de Naughty Dog ne s’arrête pas là, puisque  A Plague Tale pose un game design proche du hit de la PS3, en reprenant tout le principe de récupération de matière et matériaux, dans le but de constituer un équipement et élargir les possibilités de jeu, ainsi que des situations, alternant entre infiltrations légères, phases de combat armées, et moments de narrations. Asobo mélange donc les genres, puisqu’on retrouvera aussi des passages faisant la part belle aux bons vieux mécanismes à activer, un peu dans l’esprit God of War et compagnie, tout en instillant çà et là, des concepts venant de-ci de-là, comme les bosquets d’herbe haute, si chère à Horizon Zero Dawn ou Assassin’s Creed. Hélas du creuset de ce gameplay multifaces, il ne ressort pas grand-chose de très pertinent manette en main, au point que le jeu ne procure que très rarement, des sensations plaisantes ou stimulantes.

Plague Tale 04

Faiblesses de Gameplay et idées en pagailles

Tout d’abord, les mécaniques de Gameplay sont longues à se mettre en place dans un jeu qui compte 10h de durée de vie en plus d’être peu agréables en matière d’exécution. Toute la partie liée aux combats, repose sur l’utilisation par la téméraire Amicia, d’une fronde capable de lancer toutes sortes de compositions alchimiques. Justifié par un scénario où le moindre pécore de basse lignée est capable de maîtriser les arcanes de l’Athanor, vous aurez donc à votre disposition diverses actions, telles qu’allumer un brasier, l’éteindre, forcer un soldat à retirer son casque en lui jetant un poison, exploser un crâne par un jet de pierres, endormir un garde distrait…

Sur le papier c’est riche et prometteur, sauf que certains choix de game design viennent tuer ces idées de gameplay pour le moins originales et cohérentes avec le contexte historique. À commencer par la mobilité un poil limité du personnage dû à une caméra quelque peu rigide, suivit de cette incapacité quasi totale à se défendre au corps-à-corps, amenant à la mort d’Amicia au premier contact hostile. Si ces choix peuvent encore s’entendre pour des raisons de crédibilité, visant à illustrer la fragilité d’une jeune femme face à des soldats armés, l’ergonomie concernant les changements de projectiles est tout simplement pénible.

Plague Tale 02

Par le biais d’une roue d’action que l’ont fait apparaître en maintenant une gâchette droite, et qui occupe tout l’écran à activation, sans pour autant ralentir les hostilités adverses, l’on choisit parmi plusieurs dizaines d’options au total, celle adéquate à la situation avec le joystick droit. Peu intuitif et précis, ce système doit pourtant être exécuté souvent à la hâte, dans les situations des plus délicates, où des soldats fort rapides se ruent sur Amicia pour la tuer, ou pire, sur un des personnages alliés, qu’il faudra en plus du reste, défendre sous peine de fin de partie. Ajoutons à cela certaines situations vers la fin du jeu qui refusent certaines interactions de contrôle sur les rats, pourtant possibles durant tout le reste de la partie, et ça fait beaucoup.

Plague Tale 08

Le menu des actions

Entre poncifs de gameplay éculés et idées nouvelles

En résumé, le nombre de Die n Retry à envisager lors d’un run dépassera assurément la dizaine et les dialogues répétés et répétés encore, lors de ces phases à refaire et à apprendre, finissent par agacer. Les phases d’infiltrations ne sont pas toujours des plus lisibles et amènent souvent à l’apprentissage par l’échec. Autre défaut du jeu, malgré des environnements variés et des contextes scénaristiques qui s’enchaînent et se suivent avec intérêt, Asobo tombe trop souvent dans le créneau de la bonne vieille caisse en bois à pousser, et de la classique manivelle à activer pour rallonger une durée de vie et de et justifier que l’on joue à un jeu vidéo entre deux pans de scénario.

Plague Tale 06

La gestion de la lumière et des vagues de rats est l’un des points forts du jeu

Néanmoins, A Plague Tale n’a pas que des défauts dans son gameplay, puisqu’il amène quand même quelques éléments intéressants. À commencer par les nués de rats entre lesquelles Amicia et ses multiples camarades de voyages devront passer, tout en s’assurant de rester toujours dans la lumière, sous peine de finir dévorer. Ce jeu de lumière est rythmé par vos capacités à allumer des feux à distance avec la fronde, mais également à éteindre les lanternes adverses, assurant ainsi au garde faisant sa ronde un funeste destin. Les rats grouillants et se déplaçant par vagues dans le noir, sont réellement les acteurs principaux de Plague Tale et ce jusque dans l’affrontement final. Le dernier point plaisant du jeu est l’interaction avec plusieurs personnages aussi bien dans l’histoire que dans certaines phases de jeu.

Plague Tale 01

Plague Tale 05

CONCLUSION
A Plague Tale Innocence, est un jeu marquant par son identité visuelle et son contexte historique au cœur d’une France alchimique et magique ; c’est un fait incontestable. La bande-son signée Olivier Derivière ainsi que le très bon travail de doublage, renforcent cette personnalité forte qui prédomine durant toute l’aventure. Hélas, passé le temps de la découverte de ce monde grignoté jours après jours par une peste noire, grouillante et tapis dans les ténèbres, c’est un level design souvent trop étriqué pour ses phases d’infiltrations et contaminés par ce manque d’ergonomie dans les moments d’action les plus précipités, qui ressortent trop souvent. Fatiguant à certains moments, mais plus plaisant à d’autres, le jeu copie un peu maladroitement quelques grands noms, mais parvient à amener également quelques concepts originaux. Cependant, une fois la conclusion achevée, c’est surtout ce monde et ses personnages dont la très réussie Amicia, qui prédominent et qui donneront envie d’aller jeter un œil à une suite d’ores et déjà annoncée.
EVALUATION DE LA REDAC
Son
8
Graphisme
9
Animation
5
Jouabilité
6
Intérêt
7.5
Les plus
  • Une ambiance unique et des personnages habités
  • Les rats et toutes les idées de gameplay qui en découlent
  • L'ambiance sonore dont les doublages français
LES MOINS
  • On retombe trop souvent dans les poncifs de la manivelle et de la caisse en bois
  • Une ergonomie des menus d'action pénible
  • Des animations rigides
7.1
10
Super

Partagez cet article

Amateur de Rpg et de tout ce qui dispose de près ou de loin d'une barre d'expérience et d'un scénario. Fasciné également par la Jap'anim de l'ancien temps, où les celluloïds s'agitaient devant une caméra pour raconter des histoires.

Autres articles

Ads Blocker Image Powered by Code Help Pro

Bloqueur de publicités détecté !!!

Nous avons détecté que vous utilisez des extensions pour bloquer les publicités. Veuillez nous soutenir en désactivant ces bloqueurs de publicités.

Powered By
Best Wordpress Adblock Detecting Plugin | CHP Adblock