RETRO COME BACK #12 – VIRTUA FIGHTER

RETRO COME BACK #12 – VIRTUA FIGHTER

Virtua Fighter fait partie des séries de chez Sega qui traversent les générations depuis sa première apparition sur la Saturn, après une sortie remarquée sur borne d’arcade. Ainsi, avec Virtua Fighter 1 et 2 sur Saturn puis Virtua Fighter 3 sur Dreamcast, Sega a continué sa série sur arcade et les autres consoles de salon jusqu’à la sortie en juin dernier de Virtua Fighter 5 Ultimate Shodown sur PS4. Ce dernier opus, marquant l’aboutissement d’une itération de haute volée, nous rappelle aux bons vieux souvenirs des débuts de l’ère 32 bits et fait revivre des moments de nostalgie. Aujourd’hui ? Telle est l’occasion de nous replonger dans le tout premier épisode afin de vous proposer un test d’un pionnier du jeu de combat en 3D. Pour parfaire ce dernier, un duel vous attend avec l’édition 10ème anniversaire de ce jeu (sortie sur PS2), uniquement au Japon.

VIRTUA FIGHTER sur Saturn

Sorti en 1993 en arcade et développé par AM2, il est porté sur la console de salon de l’époque de Sega : la Saturn. Oui, celle qui avait la réputation d’être « l’arcade à la maison ». Doté de 8 personnages jouables, du ninja au lutteur aborigène, en passant par l’étudiante californienne, le jeu est considéré comme étant le premier versus-fighting en 3D. Et pour l’époque : c’est une révolution ! La transposition de l’arcade à la console est de bonne facture. Les graphismes sont quasiment du même acabit mais plus limités à cause de la puissance de la console. Cela n’empêche pas le jeu d’être beau et relativement détaillé malgré le faible nombre de polygones. Mention passable pour les musiques, qui, si elles collent bien à une ambiance arcade pour une partie rapide avec des sons assez « rock », se font gênantes lorsqu’on joue plusieurs heures sur sa console de salon.

 

 

La typologie de jeu imposée par Sega permet d’alléger les graphismes : les combats se font sur un ring dont la diversité est de mise. En clair, ce sont des petites arènes non bornées qui limitent les déplacements et la zone de combat. Cela permet un gameplay rapide où l’efficacité règne, tant il faut absolument éviter de sortir de ladite zone. Ce gameplay est justement sublimé par des animations de très bonne facture et une technique irréprochable. Point de ralentissement venant entacher le combat : tout est fluide et on prend plaisir à appuyer sur les boutons de la manette ! Le système de jeu est simple : le pavé directionnel pour les déplacements, un bouton de garde, un bouton de poing et un bouton de pied. Avec seulement ces trois boutons, il est possible de prendre du plaisir à jouer en tapotant sur la manette et d’arriver parfois à s’en sortir…

 

 

Mais si le système de jeu est simple, pensé pour l’arcade, il est néanmoins complexe à maîtriser. Car chaque personnage a sa propre palette de coups. Et il y en a beaucoup ! Avec de nombreuses combinaisons, le joueur peut déclencher des enchaînements, des combos, des prises ou des coups redoutables faisant tomber allègrement la barre de vie adverse. Savoir donner des petits coups de pied, c’est bien. Savoir les enchaîner, c’est mieux ! Alors autant le dire tout de suite : maîtriser tous les coups de tous les personnages sera mission impossible ! Se spécialiser avec un ou deux combattants permet alors d’apprendre et de s’améliorer constamment, et le plaisir se retrouve à pouvoir sortir des coups dévastateurs qui mettront K.O. son adversaire. Sega a particulièrement travaillé ce point, donnant à son jeu un caractère technique. Ce qu’on ne retrouve pas à l’époque, bon sang ! Il faut du temps pour parfaire sa technique, mais c’est là véritablement le point fort du jeu : la durée de vie devient presque illimitée, tout comme la re-jouabilité. 

 

 

L’avis de Spartan1777

Pionnier du jeu de combat 3D, beau et terriblement exigeant techniquement, Virtua Fighter reflète l’excellence de Sega dans le domaine de l’arcade avec un plaisir de jeu instantané. Mais Sega excelle également dans la transposition de son jeu pour jouer à la maison, où le plaisir se prend en travaillant sa technique. Avec une belle diversité de personnages, il y en a pour tous les goûts et tous les styles de combats. On enchaîne les heures de jeu sans s’en rendre compte et c’est bien là l’important !

 

Le duel avec l’édition Playstation 2 « 10th Anniversary Edition »

 

 

Suite à ses succès sur Saturn, Sega sortira le 3ème opus sur Dreamcast. L’arrêt de la partie « fabrication de consoles » chez Sega ne signe pour autant pas la fin de la série, qui continuera son chemin sur PS2 avec Virtua Fighter 4 puis Virtua Fighter 4 Evolution. Pour fêter les 10 ans de la création de la série, Sega a sorti au Japon une édition “10ème anniversaire”, mixant à la fois Virtua Fighter premier du nom et Virtua Fighter 4 Evolution… le tout accompagné de 2 jaquettes différentes, une représentant Akira, l’autre Jacky Bryant.

 

 

Dans cette édition spéciale, nous retrouvons l’aspect polygonal simpliste de VF1, sublimé par la technologie de la PS2. On se retrouve donc face à un titre à l’aspect résolument rétro avec un lissage graphique bienvenu. Mais le plus intéressant réside dans la fluidité et la rapidité de jeu, la puissance de la machine permettant une fluidité à toute épreuve rendant le jeu encore plus agréable à jouer. Bien sûr, la partie graphique ne rivalise pas avec les cadors de l’époque mais c’est voulu. La musique est reprise du premier soft, et, même si cela replonge dans l’ambiance de 1993, cela n’apporte rien de plus. Au risque même d’agacer sur la longueur.

 

 

Le mix avec VF4E devient efficace quand on sait que Sega a incorporé au jeu les 16 personnages de ce dernier opus. Ainsi que les coups et techniques ! Tout en les adaptant à ce style polygonal si particulier ! Quel plaisir de découvrir Aoi Umenokoji ou Brad Burns, des personnages apparus bien après VF1, dans ce format graphique. La précision, manette en main, est redoutable. Les coups sortent bien et les combos s’enchaînent pour notre plus grand plaisir. Le gameplay reste donc aux petits oignons avec une palette de coups riches et variés. Une technicité irréprochable et un plaisir de jeu intact. Rien n’a changé de ce côté-là : une partie rapide permet de s’amuser et un apprentissage profond permet d’y passer des heures. 

 

L’avis de Spartan1777 :

Il faut avouer que cette édition est plus un plaisir coupable qu’un jeu à approfondir : on connaît déjà la formule gagnante depuis 1993 et ici, Sega offre un jeu pour les fans de la première heure. Il n’y a aucun apport singulier par rapport à Virtua Fighter 4 Evolution. Ceux qui maîtrisent ce jeu passeront leur chemin. Mais cette édition est à considérer à la fois comme une version sublimée du premier opus (surtout par la fluidité et l’ajout de nombreux personnages) et comme un plaisir de retrouver les sensations que l’on éprouvait 10 ans auparavant.

 

Verdict de ce duel :

Virtua Fighter sur Saturn est le jeu qui a posé les bases d’un gameplay technique et du jeu de combat en 3D. Pionnier ? Il l’est résolument. Mais il subit le poids de son âge. VF 10th Anniversary remet au goût du jour ce titre en imposant ce qui se fait de mieux en 2003 mais n’apporte rien de plus dans le secteur du jeu de combat. C’est donc un titre à apprécier pour ce qu’il est : la quintessence d’une œuvre vieille de 10 ans. Fans de la première heure de Virtua Fighter : il vous est conseillé de chérir ce titre dans votre collection de jeux Saturn, mais d’y jouer sur PS2 tant on se retrouve en face de la meilleure version. Pour les autres, il n’en reste pas moins un jeu de combat à découvrir qui risque de vous décevoir au regard des autres productions sur PS2.

Laisser une réponse