Close

Login

Close

Register

Close

Lost Password

LES PODCASTS DU MOMENT

TEST : SABLE

Juin 2021. Enfin Sable se révèle par le biais d’une démo jouable. Ce jeu si séduisant à la direction artistique aussi déroutante qu’attirante se laisse enfin approcher. Si beaucoup pensait Moebius, personnellement je pensais Panzer Dragoon (on a la culture que l’on mérite…). Malheureusement, sans même m’attendre à un jeu révolutionnaire, cette première incursion dans le monde de Sable n’est pas au niveau de mes attentes. L’ambiance est là mais le jeu parait plus du niveau d’une Beta à peine optimisée que d’un titre sortant dans trois mois. La déception est grande. Parce que Sable, c’est une des exclusivité d’une marque Xbox qui a encore tout à prouver après une 8ème génération de console au minimum laborieuse. Parce que Sable souffle un vent d’air frais et original, une oasis au milieu des AAA boursouflés et difformes aux scénarios post-apo-c’est-la-guerre-y-a-des-zombies-partout-tout-va-mal-il-faut-sauver-le-monde-au-secours de plus en plus indigestes. Parce que Sable, c’est aussi l’un des premiers jeux exclusifs du Game Pass, le nouvel outil déployé par Microsoft pour conquérir le marché tout en évitant le choc frontal avec l’ogre Sony. Parce que Sable, à l’instar de 12minutes, The Ascent et pratiquement tous les titres sortis en 2021 sur les nouveaux supports, se sont vus endosser un costume beaucoup trop grand pour eux : être les représentants du futur du jeux vidéo et faire patienter des joueurs qui ont très faim d’expérience « next-gen ». Et c’est peut-être là le plus gros défaut de Sable : avoir été pris (présenté) pour ce qu’il n’est pas.

 

sable0

 

L’arbre qui cache le désert.

Avec des jeux toujours plus impressionnants, variés et surtout très nombreux, nous, joueurs, devons faire des choix. C’est pour cela qu’il existe un système de notation basé sur des critères concrets sur quasiment tous les tests : on sait tout de suite si le jeu est beau et bien animé avec du contenu pour tenir des heures sans avoir à se taper les élucubrations d’un rédacteur que l’on ne connaît même pas. Et de ce point de vue, l’horizon n’est vraiment pas brillant : bien que des efforts ont été fait depuis cette démo du début de l’été, le framerate et la caméra sont régulièrement aux fraises, rendant la maniabilité à certains moments très délicate et le clipping est toujours présent. Testé sur Xbox série X, le résultat fait peine à voir et cela se constate dès la première heure de jeu. Seulement, Sable est de ces jeux qui ne peuvent s’évaluer que sur leur seul bilan technique car ses écarts n’empêche pas cette ambiance à la fois éthérée et un peu mélancolique de fonctionner. Et une fois cette douloureuse phase de tutoriel, à peine masqué, passée, s’ouvrent alors devant notre héroïne les portes d’un monde beaucoup plus vaste. Un passage visuellement splendide, à la symbolique forte et souligné par une musique belle et douce. Mais contrairement à d’habitude, le joueur n’est pas submergé d’informations ou sans cesse rappeler pour aller vers une énième quêtes Fedex rendant la carte instantanément illisible. Sable offre sans aucune restriction ce quelque chose inhérent à tout voyage initiatique : la liberté. Seule une discrète jauge d’endurance sera un frein à votre exploration le jeu nous donnant comme capacité (non customisable), la possibilité d’escalader n’importe quelle surface, et de pouvoir planer dans les airs à bord d’une forme de bulle activable à tout moment et qui a la galanterie de s’enclencher automatiquement pour amortir toute chute qui pourrait être mortelle. Pas de barrière donc, mais, plus déstabilisant, pas d’ennemis à combattre, pas de progression des capacités de votre avatar et surtout pas de Game Over !! des sacrifices de gameplay nécessaires effectués par le studio Shredworks pour que se perdre dans ces étendues désertiques ne soit jamais frustrant. Sable propose d’explorer librement un monde dépourvus de toute hostilité où la capacité d’observation du joueur pour trouver le chemin afin d’accéder à des sites à première vue inaccessible sera sa meilleure arme.

 

sable4

Ce halo lumineux sera votre ange gardien vous évitant toute mort accidentelle.

sable5

Toute ressemblance avec Rey de Star Wars dans le désert de Jakku serait purement… avouée.

 

Bac à Sable.

Sable n’est pas un open-world comme on en voit tant de nos jours. Par contre, Sable est un jeu bac à sable au sens propre comme au sens figuré; des objectifs de missions volontairement évasifs aux rencontres avec des personnages secondaires sans consistance, tout n’est que prétexte à s’enfoncer encore un peu plus dans ces contrées sablonneuses qui semblent infinies. Il est vrai que ce graphisme façon dessins à la ligne claire poussent un peu plus encore la soif de nouvelles découvertes. Les photos ne lui rendent pas forcément honneur car c’est une fois que tout s’anime devant vos yeux que la magie opère.  Ce parti pris esthétique original sublime le travail quant à nous proposer des environnements variés tout en restant cohérent et homogène et bien souvent, votre récompense après une séance de grimpe sera un splendide panorama. Un game design qui s’avère finalement beaucoup plus contemplatif que narratif. Des canyons où s’érigent d’immenses colonnes rocheuses ou des étendues tropicales à la végétation dense et verdoyantes, au-delà des plaines poussiéreuses se cachent des lieux aux milles couleurs à la beauté magnifiée en fonction des heures du jour ou de la nuit. Des zones qui recèlent souvent des restes de ce qui fut autrefois une civilisation ou une technologie. Est-ce une usine ? Ou les décombres d’un vaisseau qui s’est écrasé il y a fort-fort lointain ? Un pont aux sculptures aussi majestueuses qu’intimidantes ? Ou un lieu de culte ? De rares indices nous aiguillent un tant soit peu mais ce sera au joueur, tel un enfant dans son bac à sable entouré de ces jouets, d’imaginer sa propre histoire. L’environnement sonore joue également un grand rôle, depuis les musiques du groupe Japanese Breakfast ,envoutantes et légères, qui viennent et s’en vont comme les nuages de poussières soulevés par le vent et dont vous croiserez souvent le chemin jusqu’aux effets sonores jamais agressifs ou dissonant de cette ambiance ésotérique. Ces douces mélodies m’inspirent et m’accompagnent d’ailleurs encore au moment où j’écris ces lignes.

 

sable6

Un désert aux paysages étonnamment variés, de l’oasis au milieu du désert…

sable2

… aux grottes recelant d’énigmatiques vestiges d’une civilisation.

 

Le grain de sable dans l’engrenage.

Seulement cette proposition aussi séduisante soit-elle durant les premières heures de jeu, ne tient malheureusement pas sur le long terme. Sans même prendre en compte ses égarements techniques, mal venus mais surmontables (on est quand même très loin du côté « même pas fini » d’un lamentable GTA Trilogy, n’exagérons rien !!), Ce jeu créé un intérêt fragile comme un château… de sable. Et si il faudra compter une quinzaine d’heures environ pour découvrir la surface de la planète de Sable (oui, c’est le nom de notre personnage), errer sans but particulier associer au manque de challenge d’énigmes peu nombreuses finissent par gâcher l’expérience et assez vite, l’émerveillement cède sa place à la routine et la lassitude. Ce monde est divisé en une multitude de zones au schéma géographique toujours identique : un point culminant plutôt difficile d’accès où habite le cartographe local qui dégrisera une zone de votre carte générale moyennant quelques menues monnaies du jeu et un village/campement dont les habitants seront autant de missions demandant de partir à la recherche de sites remarquables contenant un objet cosmétique pour personnaliser (un peu) votre avatar et votre véhicule (une sorte de moto flottante) ou un message ancien nous éclairant sur la compréhension de notre environnement et l’avancée de l’histoire. Une histoire qui est d’ailleurs trop diluée pour être accrocheuse et captivante, et d’autant plus plombée par l’absence de traduction française. Et ne comptez pas non plus sur les personnages secondaires bien trop peu développés pour s’y intéresser en profondeur. Des défauts qui s’expliquent peut-être par le fait que sous l’appellation « Studio Shredworks » ne se cache en réalité que deux personnes et dont Sable est la première réalisation. Des défauts de jeunesse peut-on dire car en se coupant d’un grand nombre d’éléments moteurs à l’immersion pour mieux favoriser le sentiment de liberté, l’intérêt de leur œuvre s’érode pour ne finalement plus être qu’une promenade visuellement fascinante mais sans épaisseur ni enjeu.

 

Sable1

Le cycle jour/nuit apporte son lot de poésie de belle façon

sable7

La simple découverte d’une trace de civilisation est une récompense en soi.

CONCLUSION

Sable n'est pas le produit que l'on a bien voulu nous vendre. Présenté comme un openworld à l'ambiance unique, il se rapproche plus d'un walking simulator à grande échelle tant l'accent est mis sur l'exploration et la contemplation du monde qui nous entoure. Indéniablement, ces égarements techniques peuvent parfois nuire, son manque de profondeur de gameplay et sa durée de vie inadaptée à sa proposition sont de vrais écueils mais il offre quelques moments de grâce où la magie de ce souffle de fraîcheur tant désiré opère. l'exemple même d'une œuvre, premier fruit réalisé à quatre mains par un studio encore tout jeune, remplis de bonnes intentions mais dont le manque de maturité est évident. Un jeu à consommer en courtes sessions, telle une séance de yoga ou de Feng-Chiu au milieu d'une vie active trop remplie. Le temps d'une ballade. Le temps de goûter au plaisir éphémère de l'errance.

NOTE DE LA REDAC

6.2
10
Bien
Son
9
Graphisme
7
Animation
5
Jouabilité
4
Intérêt
6
Les plus
  • Une direction artistique tranchée et séduisante
  • L'environnement sonore apaisant
  • Ce sentiment de liberté sans contrainte
LES MOINS
  • Bugs fréquents (collisions, caméra...)
  • Clipping même sur des supports puissants
  • Un monde qui manque de consistance
  • Manque d'intérêt sur le long terme
  • Trop openworld, pas assez walking sim'... ou l'inverse

Partager :

Autres articles