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TEST : BACKBONE

Je vous parle d’un temps que les moins de vingt ans ne peuvent pas connaître !! Le game en ce temps-là, c’était Nintendo ou Sega ? . Je me souviens surtout d’un phénomène auquel tout joueur de l’époque a succombé au moins une fois : l’achat à la jaquette ! Cette pulsion irrésistible qui vous fait acquérir un jeu sans plus d’information qu’un splendide artwork sur la boîte ou les photos d’écran qui en constellaient le dos. Des images qui se retrouvaient rarement in-game d’ailleurs, l’occasion de « remercier » tous ces screenshots tirés de la version Amiga ou Atari ST présents sur mes boîtes de jeu Amstrad CPC. J’aurai dû me méfier. Seulement, parfois, tel le chercheur de trésor, une pépite se distinguait parmi tous les cailloux vidéoludiques. La « Hidden Jem », LE titre qui vous fait entrer dans la caste ultra-select’ des « vrais joueurs qui savent ». Aujourd’hui, Les boîtes de jeu se font de plus en plus rare et les bandes annonces ont remplacé les photos. Mais surtout, les joueurs sont abreuvés continuellement d’informations, donc difficile de les duper. Et de plus, avec l’ultra démocratisation du jeu vidéo, une pépite cachée est plus difficile à définir : Essayez les mots « Art of Fighting » ou « Klonoa » avec un joueur vétéran et un joueur lambda, vous verrez combien cette notion peut être floue !! Malgré tout, je retrouve ce petit plaisir coupable, d’une certaine manière, avec le Game Pass : l’accès sans limite au catalogue me permet de sortir de ma zone de confort et de m’essayer sans risque (comprenez sans dépenser plus !) à des jeux sur lesquels je n’aurai pas forcément jeter tout de suite mon dévolu. Et si, ne le nions pas, ces fameuses pépites sont et resteront très subjectives et personnelles, j’avoue que je miserai bien quelques piécettes sur ce Backbone, premier itération du studio Eggnut.

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?Hier encore, j’avais 20 ans, j’aimais les jeux d’arcade, et pourtant…?

Sans même m’en être rendu compte, c’est la troisième fois que je m’essaye aux jeux proposés par l’éditeur Raw Fury. Ni voyez aucune tentative de rapprochement de leur part ni de la mienne non plus d’ailleurs (merci d’y avoir pensé, c’est gratifiant dans un sens). Seulement, il faut bien dire que leurs propositions, sur le papier en tout cas, sont suffisamment originales et graphiquement séduisantes pour m’attirer. West Of The Dead fut mon premier jeu : j’étais à la recherche d’un shooter, je me suis retrouvé dans un Rogue-like (Rogue lite ?) avec génération des niveaux aléatoire et une maniabilité de twin stick shooter ! Dommage, l’histoire du cow-boy fantôme solitaire perdu dans les limbes des ténèbres, le parti-pris graphique façon Mike Mignola le tout accompagné par la voix caverneuse de Ron Perlman, j’étais conquis. Seulement, même si je suis persuadé qu’il est un bon jeu dans sa catégorie,  je reste hermétique à sa proposition en plus de ne pas avoir répondu à mes attentes : je voulais simplement Renegade Ops dans un Far West occulte ! Vint ensuite Sable, cliquez sur le lien pour savoir tout le bien et le moins bien que j’en pense !! Et avec Backbone également, au premier contact, il y a eu une grosse différence entre ce que j’attendais et ce qu’il m’a proposé, sauf que cette fois-ci la déception a laissé place à la bonne surprise !

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Pour bien situer l’ambiance, tout est dans ce screenshot.

 

?Emmenez-moi tout au bout d’ Vancouver !?

Du peu qu’il est bien voulu nous révéler avant sa sortie, Backbone se veut être à la croisée des chemins du point’n’click et du C-RPG, genre pionnier qui inondait les ordinateurs des années 80, défini aussi comme « aventure textuelle » où il  fallait taper au clavier nos actions et dont Sram ou encore Le passager du temps sont toujours de très fréquentables exemples. Projet Kickstarter réussi haut la main, le titre fut mis en avant pour sa parution en mettant l’accent principalement sur sa réalisation graphique artistique et disons-le clairement, magnifique, mais aussi sur son ambiance très polar noir : ruelle sombre et crasseuse, pluie et fonds de musique jazzy, le cahier des charges est suivi à la lettre. Et dès les premières secondes du jeu, le décor est planté : Dans un Vancouver dystopique à la population anthropomorphique, dont le jeu reprend quelques lieux emblématiques revus et corrigés à sa sauce, vous incarnez Howard Lotor, détective privé, acceptant ce qui semble n’être qu’une banale affaire d’adultère. Raton-laveur de son état, Lotor tente de surnager dans une ville rongée par la corruption et le vice et coupée du reste du monde par une muraille infranchissable sous très bonne garde. Une ville dominée par les Grands Singes, car ici, c’est votre race qui vous donne votre rang social. On comprendra ainsi un peu mieux l’alcoolisme/issue de secours de notre personnage et la lente descente aux enfers qu’il s’apprête à vivre. Et puis un détective privé de roman noir ne serait pas si il n’était pas dépressif et accroc au whisky… Parfois aidé de son vieil ami  Anatoly, cette enquête va vous embarquer dans une histoire dont vous ne soupçonnez pas l’ampleur et encore moins les conséquences.

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Rue poisseuse, pluie, éclairage agressif : tout est là !

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Des moments d’infiltration très basiques mais qui casse la monotonie.

 

?J’me voyais déjà, dans un point’n’click…?

Pourtant, comme avec Sable et West Of The Dead, le premier contact ne fut pas des plus enthousiasmant : coincé dans un décor à scrolling 2D horizontal, le coté point’n’click se limite finalement à déplacer son personnage jusqu’à ce qu’une grosse icône d’interaction apparaisse; pas besoin de passer au peigne fin chaque pixel de l’écran pour trouver un début de solution, et dès lors impossible de rester coincer des heures devant une énigme. Avis aux fans en manque de jeux sous moteur SCUM, passez votre chemin. Ici, exceptées quelques vagues phases de plateforme ou d’infiltration simplifiées à l’extrême, l’essentiel du gameplay tournera autour des dialogues/actions à choix multiples. Backbone se rangera donc plus du côté des œuvres de TellTales que de LucasFilms Games. Et si vous saviez ce que je pense de Life Is Strange, vous sauriez que ce jeu est entre de mauvaises mains. Sauf que…

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Anatoly, le seul véritable allié sur qui vous pourrez compter dans ce monde. S’il savait…

 

?For me… Formidable !!?

Je l’écrivais un peu plus haut, c’est bien l’ambiance dégagée par son visuel qui m’a attiré. Son ambiance sonore,elle, m’a confortée dans ce choix. Une bande originale où cohabite jazz classique et sons plus modernes, voir électro et qui vous plongent encore un peu plus dans l’histoire. A l’instar de cette l’inoubliable scène du feu de camp, les musiques sont d’une beauté ténébreuse, reflet de toute la noirceur et du manque d’espoir qui règne dans ce monde, et superbement maîtrisées pour toujours mieux illustrer l’agonie mentale et l’inexorable destin de Lotor. Mais que serait ce superbe écrin visuel et sonore si il ne recélait pas un scénario à la hauteur ? Pour vous emporter vers ses horizons inattendus, Backbone est doté d’une écriture solide, réfléchie, où rien n’est laissé au hasard. Même les personnages les plus insignifiants sont suffisamment développés pour créer un attachement, ce qui vous fera réfléchir à deux fois avant de les envoyer sur les roses le temps d’une discussion. Je ne vous divulgacherai en rien les tenants et les aboutissants de cette comédie noire, mais sachez seulement que si vos choix de réponses pendant les dialogues modifieront vos rapports avec votre entourage et votre avancée dans l’histoire, la fin, elle, sera inévitablement la même. Seul l’état d’esprit de votre avatar différera. Pour illustrer cette subtilité dans l’expérience que le studio Eggnut nous propose, j’emprunterai une phrase tirée directement du site de Raw Fury : « La fin de toutes choses est inévitable, mais c’est à vous de définir quelle version de Howard Lotor arrive à la conclusion ».

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Le restaurant « The Bite » et son impressionnante propriétaire, Clarissa, soit le lieu et la cause de votre situation…au début

CONCLUSION

Je dois le confesser, je n’ai pas pu finir Backbone lors de ma première partie. Pas par manque d’intérêt ou par ennui mais par dépit : l’épilogue s’ouvrait quand tout à coup, les textes et dialogues ont décidé de basculer en russe avec effet irréversible !! Et pour la première fois j’ai fini un jeu sur YouTube. Je n’en suis pas très fier mais cela prouve que tout l’intérêt de ce jeu réside dans son histoire, dont la conclusion ouvrira plus de portes qu’elle n’en referme. Voyage narratif avant tout, Backbone accroche par ses attraits visuels et musicaux mais vous emporte avec lui grâce à ses qualités d’écriture. Même si je me pose toujours la question quant à la pertinence de développer une suite à ce polar, je ne peux que vous conseiller de plonger dans cette sombre, tortueuse mais passionnante « Dystopian Noir Adventure ».

NOTE DE LA REDAC

8
10
Super
SON
9
GRAPHISME
9
ANIMATION
8.5
GAMEPLAY
5
INTERET
8.5
Les plus
  • Une direction artistique à tomber
  • Musicalement envoutant
  • Ecriture ciselée et dialogues travaillés
  • Disponible en Français...
LES MOINS
  • … sauf si victime du même bug que moi
  • La fin frustrante
  • trop court (5h) pour son prix (sauf si Game Pass)

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