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Capture d’écran (121)

TEST : FINAL FANTASY XIV – ENDWALKER

C’est sur le riff de guitare de To The Edge, morceau à la fois mélancolique, puissant et désespéré, composé par Masayoshi Soken, que s’ouvre ce qui est probablement le chapitre le plus important de l’histoire de Final Fantasy XIV, à savoir la nouvelle extension baptisée FINAL FANTASY XIV – Endwalker. Extension qui se dévoile dans une cinématique lunaire, promettant d’aller jusqu’ au-delà de la stratosphère et surtout de conclure un arc scénaristique entamé il y a maintenant 10 ans, alors que le jeu était encore sous la tutelle d’Hiromichi Tanaka. Beaucoup connaissent maintenant bien l’histoire de ce jeu ranimé par le phœnix après un lancement catastrophique. Alors inconnu, Naoki Yoshida écopa de la lourde tâche de restaurer l’aura du 14e épisode de la franchise culte de Square après un démarrage aux fraises. Un précédent qui provoqua le départ du producteur histoire de la série Mana, et qui amena l’ancien COE de Square Enix à la conclusion suivante : « Final Fantasy XIV a profondément entaché l’aura de la franchise » quelque temps avant que lui aussi ne quitte ses fonctions.

Si à l’époque H. Tanaka aspirait plus à offrir à Final Fantasy XI une refonte graphique le portant dans les générations à venir, la direction de l’entreprise décida de lui imposer la création d’un tout nouveau MMORPG : Final Fantasy XIV. Le jeu vit le jour dans un état déplorable, suite à une sortie bien trop hâtive et à une incapacité du studio à s’adapter aux nouvelles technologies de l’époque. Un météore, une refonte complète provoquant un an de fermeture totale des serveurs, et 5 extensions plus tard et Final Fantasy XIV est le MMORPG le plus bancable de ces dernières années, au point qu’il soit parvenu à détrôner l’inépuisable World of Warcraft. Naoki Yoshida et son équipe composée d’anciens de Final Fantasy XI, de la team «  Ivalice » et de pas mal de nouveaux ont ainsi gagné leur pari d’effacer l’accident industriel de 2010.

FInal Fantasy XIV endwalker01

L’écran titre est absolument superbe

 

 

Jusque sur la Lune et même au delà

Si la 1.0 de Final Fantasy XIV était sclérosée par bien des problèmes, on ne peut lui retirer la richesse de son lore et les premiers jets d’une histoire prometteuse, qui, si elle a dû muer avec le changement de production, a toujours été présente en toile de fond. Alors qu’elle se faisait discrète lors de la première moitié de l’avant dernière extension : Shadowbringer, c’est avec une seconde partie pertinente et une série de patchs préparant Endwalker, que la trame de fond liée aux origines d’Eorzea réapparaît plus limpide et évidente que jamais ! C’est un joli tour de force narratif que de parvenir à relier les éléments de cette fameuse V1 que peu de joueurs ont finalement connue, tout en faisant en sorte que ceux ayant commencé plus tard, ne soient pas largués et puissent profiter du récit jusqu’à sa conclusion.

Une fois les wagons raccrochés, il ne reste plus qu’à Endwalker de rassembler et venir conclure les multiples chapitres qui ont été placé tout au long de ces 10 années. Ainsi dès les premières minutes du récit, notre groupe d’aventuriers prend la mer vers l’illustre cité de magiscologie : Sharlayan, afin de quérir de l’aide et se préparer à une menace risquant de faire sombrer le monde entier d’Eorzea dans les ténèbres. Cette menace porte le sobre nom d’Apocalypse et nous mène enfin jusqu’à la cité impériale de Garlemald et son dictât impériale, avant de nous emmener jusque sur la Lune à la manière d’un Final Fantasy IV dont le jeu s’inspire beaucoup, et bien plus encore pour des révélations de haute volée découlant sur une conclusion brillante et profonde. Eh oui rien que ça !

FInal Fantasy XIV endwalker02

L’apocalypse est en marche

 

 

L’histoire avant tout

Cependant, cette richesse de lore a un prix qui se fait sentir au fur et à mesure de l’avancée dans l’épopée (phase consistant normalement à suivre l’histoire du jeu, entrecoupée de moments de passages jouable de type quêtes, Boss, donjons…). Endwalker dispose d’une intrigue extrêmement riche et passionnante, qui prend totalement le pas sur l’ensemble de la proposition du jeu, durant toute la période de montée des niveaux 80 à 90, au point d’en oublier parfois de laisser la main au joueur. Ce syndrome Xenosaga peut déstabiliser et par moments faire souffler, même si le scénario est captivant et riche en révélations. S’il est agréable d’avoir un Final Fantasy qui étoffe sa narration de la sorte, on ne peut pas ne pas parler de ces très longues phases s’étalant sur plusieurs heures où le joueur n’a la main que pour aller point d’un A point à un B, afin de déclencher la scène suivante. Il n’est pas rare de voir des scènes entières mettant en scène nos héros sans que ne déboule un Boss ou une phase intéressante Pad en main.

En conséquence, c’est un rythme soutenu en matière d’informations à ingurgiter qui s’installe, ne s’interrompant que le temps des donjons ( au nombre de 5 + 3 post crédit), des bons gros Boss à tomber à 8 joueurs (au nombre de deux) et quelques missions ou défis dans lesquelles on vous propose d’incarner d’autres personnages que le vôtre, ou d’affronter en duel un protagoniste. Pour le reste ce sont souvent des objectifs prétextes à vous balader dans les 5 nouvelles zones du genre : Marche jusque là-bas, tue un monstre ou deux, mais pas plus ! Parce que sinon tu pourrais jouer un peu trop. Bref c’est dommage qu’on ai pas un meilleur rapport jeu/narration. Néanmoins, le scénario est si passionnant, intelligent et maitrisé qu’au fur et à mesure que les réponses attendues pour certaines depuis une décennie on ne prette presque plus attention à cet état de fait. Un scénario qui en plus, ne pousse pas forcement au combat à tout prix ou aux situations épiques systématiques, mais plutôt vers des moments de réflexion, de doute, de joie amenant sur des situations ou des gestes simples amenant cette jouabilité plus sage et discrète. Par ailleurs si le cœur vous en dit, ou si vous êtres désireux de creuser un peu le lore, il est possible de prendre quelques quêtes de annexes. C’est à certains moments plus moux de l’intrigue que la trop grande simplicité de jeu peut se faire ressentir et du coup nous faire regretter les bonnes vieilles quêtes de farming de Warcraft, proposant un peu de résistance dans le taux de drop ou dans la difficulté des monstres. Autre détail observable, ce sont certaines zones assez vides qui n’amènent pour ainsi dire aucun danger. Où sont les camps de « Beastmen » d’A Realm Reborn ou Heavensward ? Où sont les zones un peu plus escarpées amenant le risque d’un aggro de masse dans lesquelles on vous missionne d’aller enquêter ? Souvent dans Endwalker, ce ne sont que quelques monstres éparses posés là qui peuplent les lieux et qui ne présentent aucun danger, si ce n’est venir perturber une de ces pénibles quêtes de filature.

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Une des nombreuses quêtes de l’épopée durant laquelle on vous fera courir partout d’un bout à l’autre de la carte.

Au cœur de l’intrigue

Comme évoqué ci-dessus, viennent quand même s’intercaler dans cette longue épopée, des moments qui donnent de l’ampleur aux membres des héritiers de la 7e aube en vous faisant jouer avec d’autres personnages que le votre ! Les héritiers de la 7e aube sont le groupe de personnages non jouables avec qui vous évoluez tout au long du scénario depuis le début de Final Fantasy XIV. C’est un groupe autonome, sans bannière et ayant pour but d’apaiser les confits à travers le monde. C’est par ce groupe que vous vivrez la majorité de vos aventures.

Vis-à-vis de ce rapport jeu/narration, si Final Fantasy XIV a toujours été très verbeux, Endwalker incarne le climax de ce type de game design, en mettant de côté la richesse de son interactivité à ces moments là pour ne laisser place qu’à l’histoire ou presque. Cependant malgré ça, il faut quand même noter que le jeu parvient à créer une certaine implication émotionnelle à votre avatar. Par le biais de choix de dialogues, de cinématiques bien senties, d’expressions diverses, au point que le héros que vous incarnez montre des émotions induisant une réelle implication dans les évènements. Ce procédé renforce forcément un peu plus l’immersion, là où la majorité des MMORPG proposent des avatars vides qui n’existent qu’à travers le clinquant de leur équipement dernier cri. Ce souci de détail est rare dans les MMORPG et un vrai avantage pour Final Fantasy XIV.

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Votre personnage, le héros de la lumière est impliqué plus que jamais dans le processus mis en marche par les événements d’Endwalker.

Contenu et mécaniques de jeu

A la manière d’un MMORPG classique, en plus de la montée en niveau, vient se greffer à la suite à l’histoire principale tout un panel de contenu orienté multi joueurs. Grâce à plusieurs paliers de difficulté, les défis sont assez nombreux et passionnants. Avec un peu de recul d’ailleurs, on remarque vraiment une cassure réelle donnant le sentiment d’un jeu finalement scindé en deux puisqu’ il n’est pas question d’explorer et d’en découdre sur le terrain à la manière d’un Warcraft pour monter 90, mais juste d’avaler des pans de scénario de plusieurs heures entrecoupés de quelques rares donjons et Boss avant de véritablement pouvoir pousser les systèmes de jeu, découvrir les nouvelles classes dans des raids et des donjons qui ne s’ouvriront à vous qu’une fois niveau max.

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Zenos, l’empereur déch

Mais quels sont ces systèmes ? Sur la carte et en ville, c’est le craft et la récolte qui pourront vous occuper un bon moment. L’outil de mission accessible depuis le menu vous propulsera dans les multiples donjons et challenges afin de réellement approfondir les mécaniques de jeu liés à vos jobs respectifs. Chaque Job possède de nombreuses qualités et des arguments esthétiques qui feront pencher la balance dans votre choix de départ. A moins que vous ne vouliez tous les monter mais là, à vous de voir. Avec les instances, les Extreme et les raids, on retrouve le principe de Boss à pattern avec de multiples indications lumineuses ou dans les animations, vous permettant ainsi d’apprendre et d’anticiper les attaques. Enfin le classique farming à la semaine des donjons vous permettra de vous lancer dans la course au stuff afin d’être toujours plus performant. En bref et dans les grandes lignes, le gameplay de Final Fantasy ne change pas ou peu mais il est certain que la proposition End Game du jeu reste d’une solidité redoutable dans le genre MMORPG.

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Faire les instances avec les personnages de l’histoire, c’est vraiment génial !

Endwalker dans sa proposition de contenu reste donc très similaire à ce qu’étaient les anciennes extensions par le passé. Il propose 5 nouvelles zones, une poignée de donjons, deux gros Extreme (des boss palier à tomber à 8 joueurs) ainsi que deux nouveaux Jobs. Il marque aussi la refonte d’un Job emblématique de la franchise : l’invocateur. Enfin ! Cette classe regagne ses lettres de noblesse, elle qui est restée si longtemps un ersatz du démoniste de World of Warcraft. Le principe de poison et de « dot » est laissé de côté et toute l’offensive passe maintenant par le fait d’invoquer Titan, Ifrit, Garuda, Bahamut et Phoenix. Une très belle surprise qui promet pourquoi pas l’arrivée de nouvelles invocations futures ? (Shiva Léviathan ?)

Le Heal : Le Sage héritant d’une movelist pouvant rappeler le prince Noctis de Final Fantasy XV.

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Le Sage

 

Le DPS : Le faucheur, se battant avec une immense faux.

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Le faucheur

Réalisation

Qu’en est-il de la réalisation de ce nouveau chapitre de Final Fantasy XIV ? Eh bien on peut dire que le Cristal Tool – moteur crée initialement pour Final Fantasy XIII – a de beaux restes et que les concepts artistes de Square Enix ont de la ressource. Le jeu saura laisser quelques environnements sur la rétine. Ainsi, la cité de Thavnair aux mille couleurs est une véritable merveille d’inspiration indienne. Quant à la promesse de Naoki Yoshida de nous faire marcher sur la Lune, elle est totalement tenue puisque « Mare Lamentorum » se hisse sans soucis parmi les plus beaux éclats artistiques de Final Fantasy depuis fort longtemps. La mise en scène est globalement solide, même si on ne peut s’empêcher de constater que cette apocalypse qu’on nous a tant vendu est finalement limité par des contraintes de Gamedesign, provoquées par le fait que Final Fantasy XIV se doit quand même de rester un MMORPG. Oubliez donc le souffle épique que pouvait nous vendre les trailer et les pré patch, la force du jeu se trouve finalement ailleurs.

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Oui le jeu vous amène sur la Lune et c’est vraiment très réussi. Pour ne pas vous casser la surprise, je me contenterai de ce screen avec la quête et en aucun cas je ne dévoilerai le superbe décor qui vous attend là haut

D’ailleurs, la grosse déception de cet épisode est l’empire de Garlemald, auquel on accède trop facilement par une quête couloir, découlant sur une zone décevante par son agencement. Le joug implacable de cet empire jadis si puissant et qui terrorisa Eorzea si longtemps, ne s’illustre que trop timidement dans ce qu’on nous présente comme les vestiges de sa capitale. Certes en ruine puisque le pitch de départ de la 6.0 narre la chute de ce royaume du nord, on peine quand même à imaginer une telle majesté passée, quand on a sous nos yeux cette cité en friche, enclavée dans une cuvette et totalement repliée sur elle-même. Il en va de même pour l’immense tour qui nous toisera pendant plusieurs heures avant de tristement se révéler par ces quelques minimalistes couloirs à traverser, jusqu’à une arrivée trop rapide à son sommet, où seul le Boss montrera un peu de résistance. Pour finir, au global les instances et les arènes de Boss pensées pour accueillir un nombre beaucoup restreint de joueurs, sont de toute beauté. Les effets et les animations de magies envahissent l’écran et donnent dans le grandiloquent alors que l’épopée elle est beaucoup plus sage en terme de mise en scène à l’exception des moments clés volontairement efficaces.

Enfin, comment ne pas écrire quelques lignes sur la bande-son de Endwalker. Excellente rythmée, on note quand même quelques thèmes trop timides par moment et une utilisation un peu trop systématique du piano dans certaines musiques de zones. Pour le reste, c’est un score assez prestigieux ponctué par ce thème principale « To the Edge » dans lequel M.Soken s’est énormément impliqué et qui nous accompagne durant tout notre périple. Quelques musiques de Final Fantasy IV ponctuent aussi des passages précis, et raviront les vieux fans tandis que les mélodies lunaires offrent leur lot d’étrangetés et de planant.

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Artistiquement le jeu est solide

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Test réalisé à partir d’une version fournie par l’éditeur Square Enix que l’on remercie

 

CONCLUSION
Endwalker est donc arrivé ce 7 décembre 2021 et avec lui se dévoile la conclusion d’un arc narratif vieux de 10 ans. Que dire de cette page qui se referme en laissant derrière elle bien des souvenirs ? Tout d’abord vis-à-vis de l’ensemble de l’aventure Final Fantasy XIV, c’est un bilan positif puisque l’histoire est conclue avec respect et intelligence, offrant son lot de larmes, de beaux moments et une réelle profondeur dans son propos. Dans sa construction, Endwalker est un jeu jusqu’au-boutiste et complexe à juger. Ses 5 nouvelles zones bien qu’esthétiques, restent pour certaines, assez simplistes dans leur level-design et se résument à tenir un rôle de contexte géographique visant à faire avancer une quête épopée, orientée à 80% sur la narration et les phases de dialogue. Ainsi le jeu ne parvient pas à proposer l’amusement d’un World of Warcraft dans la phase de montée en niveau mais à contrario propose de vous embarquer dans un récit tout simplement brillant. Brillant mais dirigiste, au point d'en conclure que le choix du "scénario avant tout" a probablement été fait par l'équipe. Mais comment reprocher cela à un Final Fantasy ? Surtout devant une histoire où se dévoile tous les rouages de cet univers complexe et crédible, habité par de multiples personnages haut en couleur, ponctué de grands moments, sans parler de ce final quasi Xenogearien questionnant notre propre société, tout en concluant une aventure magique qui a bercé notre paysage vidéoludique depuis 10 ans. Pour le reste et en particulier le End game, nous somme en face d'un jeu au gameplay toujours aussi solide qui continuera de s'étoffer au fil des mises à jours de contenu. Si vous hésitez encore à vous lancer dans l'aventure, et bien foncez, vous ne regretterez pas ce voyage en Eorzea.
EVALUATION DE LA REDAC
Son
9
Graphisme
8
Animation
8
Gameplay
7.5
Intérêt
9
Les plus
  • La conclusion brillante d'un scénario à la hauteur des attentes avec son bagage de moments forts en émotion
  • De belles fulgurances artistiques malgré un moteur vieillissant
  • La refonte de l'invocateur, il était temps !
  • La zone lunaire est superbe
  • Le système hérité de Shadowbringer permettant de faire les instances avec les personnages de l'histoire gérés par l'ordinateur
  • Un contenu MMORPG de fin de jeu qui reste solide et dans l'esprit de ce que sais amener Final Fantasy XIV
  • Les Asciens
LES MOINS
  • La montée en niveau via la quête épopée qui ressemble un peu trop à un film interactif
  • La zone de Garlemald et son donjon dédié en dessous des attentes
  • Les files d'attente pour jouer au lancement
  • Les quêtes de filature de l'enfer !
8.3
10
Incontournable

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Amateur de Rpg et de tout ce qui dispose de près ou de loin d'une barre d'expérience et d'un scénario. Fasciné également par la Jap'anim de l'ancien temps, où les celluloïds s'agitaient devant une caméra pour raconter des histoires.

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