Close

Login

Close

Register

Close

Lost Password

LES PODCASTS DU MOMENT

TEST : STRIDER

Strider est l’adaptation par SEGA datant de 1990 d’un jeu réalisé et édité l’année précédente par CAPCOM pour l’arcade. L’histoire vous propulse au Kazakstan en l’an 2048 dans une région nommée Eurasia. Votre personnage se prénomme Hyriu, sorte de ninja du 21ème siècle, armé d’un sabre laser et d’un crochet permettant de vous agripper à toutes les parois. Votre mission est de mettre hors d’état de nuire un tyran du nom de Meio, qui a pour funeste dessein de détruire l’humanité afin de créer une nouvelle race d’individus.

MegaDrive

Dès le début, l’arrivée d’Hiryu au moyen de son deltaplane futuriste, nous plonge dans l’atmosphère si particulière de Strider et directement, ce qui saute aux yeux, ce sont les graphismes, tout bonnement superbes pour l’époque. Les sprites sont de grande taille et bien définis, les décors bénéficient d’une large palette de couleurs et sont extrêmement détaillés tout en restant parfaitement lisibles. L’ambiance de ce premier niveau est particulièrement originale car inédite jusqu’alors dans le jeu vidéo, avec ses immenses coupoles dorées, ses cyborgs coiffés de chapkas, ainsi que l’omniprésence d’étoiles rouges, dont on a malicieusement ôté une branche. Référence à peine voilée à l’ex U.R.S.S. et qui donne un cachet délicieusement anachronique au jeu.

Après cette mise en bouche des plus prometteuses, la suite de l’aventure vient confirmer cette excellente impression. Tour à tour, Hiryu évoluera dans des montagnes enneigées, une base volante, une jungle préhistorique puis enfin dans le repère de Meio. Chaque stage offre une diversité de situations et de personnages qui traduisent la grande richesse créatrice des concepteurs du jeu.
Outre les habituels soldats, Hiryu aura ainsi à combattre des loups, un gigantesque gorille mécanique aux proportions tout bonnement incroyables, des femmes des cavernes armées de boomerangs, mais aussi des ptérodactyles. Le jeu utilisera même dans le quatrième niveau, un immense diplodocus pour se déplacer. En plus de ce foisonnement artistique, ce qui est le plus impressionnant dans le jeu, c’est la mise en scène et la manière qu’a le personnage principal d’évoluer. Ainsi, c’est un régal de voir Hiryu réaliser des sauts prodigieux et s’agripper à tous les éléments du décor tel un acrobate, pouvant escalader toutes les parois, évoluer sur les plafonds, courir et dévaler des pentes vertigineuses. La sensation de liberté procurée par le contrôle de celui-ci est tout bonnement stupéfiante.

Strider 05

Une architecture originale dans les niveaux

 

 

De même, les efforts dans la mise en scène dans l’élaboration de l’action des niveaux sont du plus bel effet, caractérisant la réalisation soignée du jeu. Ainsi, dans le premier niveau, Hiryu devra évoluer sur les toits de Meio City . La progression tout au long de celui-ci est vraiment grisante, car notre héros devra en permanence sauter, grimper, effectuer des glissades contrôlées, tout en devant se battre contre les nombreux ennemis présents.

Le second niveau nous permet de voir le personnage se battre contre des loups dans un univers enneigé, puis pénétrer dans une base cachée dans la montagne dont l’accès est protégé par le dit gorille mécanique précédemment mentionné. Outre l’incongruité de trouver un tel personnage par rapport au thème du niveau, sa réalisation impressionne par les dimensions proprement énormes du sprite mais aussi par l’extrême soin apporté à sa définition. Les péripéties de notre héros ne font que continuer dans un rythme soutenu, aux situations variées, comme par exemple, après avoir vaincu un ennemi volant assez coriace, Hiryu devra dévaler le plus rapidement possible une pente à l’inclinaison encore plus prononcée que celle d’une descente de coupe du monde de super G, et enchaîner dans l’élan, un saut pour ne pas finir dans un gouffre.  Des situations variées, Strider n’en manque pas, comme dans ce troisième niveau où, dans une gigantesque base volante armée de canons montés sur tourelle, on vous tirera dessus au point qu’il faudra parfois aller jusqu’à combattre la tête en bas, et les pieds collés au plafond en raison de passages où la gravité est inversée. Cela pourra décontenancer les novices, qui éprouveront une certaine difficulté à affronter dans ces conditions le système de défense de la base mais l’idée n’en reste pas moins excellente.

Strider 02

Le fameux gorille

Malgré ce rythme frénétique, Strider s’essouffle un peu dans un 4e stage assez spécial, et qui dénote radicalement avec le reste du jeu. En effet, nous nous retrouvons dans une jungle où se mêlent des sauvageonnes habillées en peau de bête avec des ptérodactyles agressifs ainsi que des diplodocus pacifiques. C’est clairement le niveau le plus faible du jeu. Il n’y a que deux types d’ennemis et qui plus est, on le fini vraiment très vite. En revanche, la musique de la deuxième partie, où l’on chevauche le diplodocus est vraiment belle, les synthés utilisés ainsi que la mélodie donnant une teinte mélancolique du plus bel effet. Le boss, sorte de croisement entre un dinosaure et un dragon robotisé, bien que très bien réalisé et d’une taille impressionnante, n’est pas du plus grand intérêt. Ses attaques sont rudimentaires et parasitées par d’importants problèmes d’animation.

Le niveau final nous entraîne dans l’antre du grand maître Meio. On y retrouve à peu près tous les soldats et machines affrontés précédemment. Les décors sont une sorte de condensé de ce que nous avons rencontré lors des étapes antérieures. Là encore, un passage à la gravité inversée où il faudra se frayer un passage au milieu de pieux saillants sortant de tous côtés vous donneront quelques sueurs froides. Comme cela est souvent le cas, vous aurez à combattre à nouveau les divers boss et semi boss déjà vaincus, ainsi qu’un tyrannosaure bien organique sorti d’on ne sais où. Une fois ces derniers éliminés, vous aurez enfin droit d’affronter un Meio lévitant et vous envoyant tout une série de projectiles générés par ses pouvoirs.

Les musiques, pour une Megadrive du début des années 90 sont très convaincantes, et sont particulièrement agréables à écouter. Les passages avec les femmes des cavernes du niveau 4 ont même droit à des digits vocaux. Le bémol que l’on puisse apporter à la bande sonore concerne les bruitages, certains évoquant le bruit de casseroles que l’on tape ou bien des sifflements tenant de la bouilloire à vapeur lorsque Hyriu fait un plongeon dans le vide.

Strider 04

Un pixel Art élégant pour son époque

Strider 03

Le design est très original

Mais si l’on peut adresser des reproches à Strider, ceux-ci porteront sur des faiblesses ponctuelles concernant l’animation, ainsi que sur certaines imprécisions quant à la maniabilité du personnage. Au sujet de l’animation, qui demeure cependant excellente dans la majeure partie du jeu, on peut constater qu’elle souffre de ralentissements très présents dans le quatrième niveau, la faute notamment aux nombreuses lianes utilisées par Hyriu, qui s’affichent simultanément à l’écran et que le programme doit constamment animer. Leur nombre conséquent impacte négativement la fluidité du jeu. Mais là où elle devient vraiment problématique c’est à l’occasion de l’affrontement avec le boss final. En effet, en raison de sa taille conséquente ainsi que de son extrême définition, le jeu ralenti scandaleusement. Le personnage restant en suspension pendant de longues secondes pour effectuer un simple saut. De même, les attaques du boss sont d’une lenteur incroyable. Clairement, les développeurs se sont retrouvés confrontés à un problème de mémoire et ces derniers n’ont pas cherché à y remédier, ce qui est vraiment dommage tant le reste de la réalisation est exemplaire. Autre bémol, l’inertie dont souffre d’ Hiryu ainsi qu’un léger manque de réactivité pourront à l’occasion vous coûter quelques points de vie. De même, il arrive que lors de certains sauts effectués à l’aveugle, vous ne mourriez faute de ne pas avoir anticipé la suite des choses. Toutefois, ces petits détails seront vites gommés dès lors que vous aurez appris à maîtriser le personnage.

CONCLUSION

En conclusion, il est incontestable que l'on peut qualifier Strider de grand jeu qui, en son temps, a réussi à marquer les esprits en raison de sa réalisation, réussissant à tenir la dragée haute à la version arcade. Pour une des premières réalisations de la Megadrive, celle-ci représente un coup de maître tant elle surpasse la production sur console de l’époque, hormis certains jeux PC Engine voir Neo Geo. Strider possède une âme, une atmosphère qui lui sont propres. Peu de jeux de plateforme/action ont atteint ce niveau de réalisation, mêlant performances techniques à un plaisir de jeu aussi poussé.Même si celui-ci est relativement court avec seulement cinq niveaux, mention spéciale au quatrième qui se termine en cinq minutes montre en main, certains passages sont d’une difficulté assez élevée qui nécessiteront plusieurs essais afin de les franchir. Malgré cela, ses graphismes, son originalité, la diversité des situations ainsi que son gameplay le rendent toujours aussi attractif et l'on y revient régulièrement avec plaisir même une fois terminé.

EVALUATION DE LA REDAC

8.1
10
Incontournable
SON
7
GRAPHISME
9
ANIMATION
7
JOUABILITE
8.5
INTERET
9
Les plus
  • Des graphismes magnifiques pour l’époque et toujours impressionnants de nos jours
  • Une adaptation très proche de l’arcade
  • Un plaisir de jouer indéniable qui fait que l’on a plaisir à y revenir même lorsqu’on l’a terminé
  • Une action constante ainsi qu’une diversité dans les situations
LES MOINS
  • Des soucis ponctuels dans l’animation avec des ralentissements parasites ainsi que quelques clignotements
  • La relative brièveté du jeu avec seulement 5 niveaux assez courts
  • Certains passages avec une jouabilité problématique du personnage entraînant des morts discutables

Partager :

Autres articles