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Capture d’écran (121)

La Critique Jap’Anim : MOBILE SUIT ZETA GUNDAM

Zeta Gundam est la seconde saison de la saga Gundam. L’intrigue prend place juste après les événements concluant la série de 79 dont vous pouvez retrouver l’analyse ici. La guerre entre la fédération terrestre et le duché de Zéon a pris fin et la paix est revenue dans les colonies. Cependant, la recherche en armement continue et les relations diplomatiques entre les différentes factions sont toujours tendues. Les peuplades se divisent en groupes de plus en plus identitaires. Le point de départ de Gundam Zeta met en scène l’AEUG, un groupe visiblement dissident et opposé aux Titans. Les Titans ralliés à la fédération ont cependant tout de mercenaires sans morale.

Une suite plus sombre et plus complexe

Une suite plus sombre et plus complexe

A l’image de la première saison, la série s’ouvre sur une dérive de violence qui va embarquer dans son sillage un jeune homme se révélant être un NewType. Le Newtype, comme évoqué dans Mobile Suit Gundam, est une nouvelle étape de l’évolution humaine. On se souvient d’ Amuro le héros original qui au contacte de la regrettée Lalah se révéla être un Newtype aux capacités très avancées. Et bien Kamille Bidan, personnage central de Zeta, se retrouve à son tour embarquer dans un conflit aux côtés d’Emma Sheen et sous la tutelle d’un personnage maintenant bien connu : Char Aznabre. Ce dernier, illustre antagoniste de la série de 79, ayant fait le choix d’aider tout ceux qui s’éveillent au statue de New Type.

Zeta reprend donc le schéma de son aîné, mais le rend encore plus sombre et complexe. Les archétypes installés dans la série de 79 sont réutilisés, tout en étant remaniés pour les emmener encore plus loin. Kamille est le fils d’un ingénieur subjugué par son travail et sa création. Délaissant son foyer familial, son fil devient instable et est plein de mal-être.Kamille n’est pas introverti comme Amuro, mais violent et impulsif de nature. Ce qui ajoute d’autant plus de situations délicates au fil des épisodes notamment dans ses relations avec les autres êtres humains.

Zeta Gundam 04

Kamille Bidan

Rigidité et froideur

Visuellement, Gundam Zeta est plus moderne que la première saison. Datant de 1985, Yoshiyuki Tomino et son équipe adoptent un style graphique plus 80’, dans l’esprit de ce que produisait la Sunrise à cette époque. Le budget évidemment plus solide, au vu du succès qu’a rencontré la série originale quelques années avant, assoit une qualité de rendu solide et régulière entre les épisodes. Cependant l’animation montre parfois quelques faiblesses, comparée à d’autres productions de la même année. A titre d’exemple, une autre série de science fiction comme Dirty Pair, également produite par la Sunrise, se révèle être mieux réalisée et animée que la désormais que Zeta.

Si les animations de combat de robots sont fluides et dynamiques, en plus d’être accompagnées d’un travail sonore solide, les échanges entre les personnages sont à certains moments rigides dans les mouvements, et les enchaînements de plans sont parfois un peu bruts. Le montage et le rythme entre les épisodes peuvent parfois paraître un peu sec, tout comme certains dialogues entre des hommes et des femmes qui ont bien du mal à se communiquer. Véritable volonté de son auteur ou rigidité dans l’écriture, chacun jugera mais il est évident que ce traitement « à la dur » résonne avec le ton de l’œuvre et était déjà présent dans la première saison.

Zeta Gundam 02

Les antagonistes sont nombreux et tous très marquants. Haman Karn en haut et Paptimus Scirocco en bas.

Zeta Gundam 01

La force de Zeta

D’ailleurs, la force de Gundam Zeta, et ce qui en fait une œuvre incontournable de la Japanim, c’est encore une fois et plus que jamais, ses thématiques, son contexte géopolitique et sa narration globale. L’histoire y est toujours aussi complexe et torturée. Elle malmène toujours autant ses héros et expose une fois encore toute la complexité du conflit armée et des relations humaines qui en découlent. Le conditionnement mental de soldats pour les pousser à la performance, l’impacte écologique d’une guerre sur la planète, la perte d’un ami au combat et le traumatisme qu’il installe, l’impossible attachement vis-à-vis d’un adversaire qui se montre en réalité très humain et doté de compassion, être capable d’aimer ou encore, l’impossibilité de se projeter dans un futur même proche ; tant de thèmes qui viennent planter le spectateur en plein cœur plusieurs fois durant les 50 épisodes de cette saison. Chaque fois que la série amène son auditoire à souffler un peu, un choix narratif vient obscurcir un ciel déjà bien inquiétant, et le poids et la tristesse de cette guerre galactique deviennent de plus en plus lourds au fur et à mesure des épisodes. Ainsi Gundam se drape d’un voile réalisme et pessimiste sur le monde à contrario de beaucoup de productions animées de cette époque. Tomino avouera d’ailleurs que cette démarche était pour ainsi dire, la raison d’être de Gundam dès le départ.

Le travail sur le chara design offre une galerie de pilotes et de figures charismatiques, venant donner la réplique au célèbre Char Aznable qui saura se révéler dans la seconde moitié du récit. Afin de lier l’histoire de Zeta à celle de la série de 79, après avoir installé savamment de nouveaux pions sur l’échiquier, Tomino prend le temps de développer chaque faction durant les 30 premiers épisodes pour enfin refermer sur eux, toute l’horreur et la dureté de sa guerre galactique savamment orchestrée.

Zeta Gundam artwork3

Kamille et Four, un couple iconique symbolisant à lui seul la cruauté de Zeta Gundam

Zeta Gundam artwork

Yoshikazu Yasuhiko, le chara-designer est en partie responsable du succès de la série

Zeta Gundam presse

Cet extrait de la presse japonaise d’époque montre toute l’intensité de la seconde partie de la série.

CONCLUSION
Véritable électrochoc dans la scène Japanim à sa sortie, Zeta Gundam a su se démarquer en illustrant avec froideur et lucidité la folie de la guerre. De plus, le champ de bataille qu’est l’espace, infuse dans le récit toute une notion ésotérique reliant le vide sidéral aux âmes des morts. De fait, ce concept déjà amorcé dans la série de 79 se complexifie et fait peser sur les personnages déjà torturés, une idée de deuil, ce qui installe un poids considérable sur les épaules du héros. Ainsi Y.Tomino après Gundam 79, creuse encore plus profond son sujet et ses thèmes pour créer ce que beaucoup considèrent comme son œuvre la plus pertinente. Une œuvre qui a su installer de véritables archétypes de la jap-anime. A commencer par son héros Kamille Bidan, personnage complexe dont on retrouvera le schéma d'écrire dans des animés comme par exemple l'Attaque des Titans avec Eren Jäger. En somme, Zeta Gundam est incontournable, et ce, en grande partie grâce à cette seconde partie inoubliable qui amène une longue descente aux enfers des principaux protagonistes, sacrifiés sur l’hôtel de la guerre et de la folie des hommes et des femmes de pouvoir.
EVALUATION DE LA REDAC
Musique
8
Mise En Scène
8.5
Animation
8.5
Chara-Design
10
Scénario
10
Les plus
  • Encore plus profond et puissant que la première saison
  • Le destin de certains personnages
  • La thématique de la guerre criante de vérité
  • Un chara design signé Yoshikazu Yasuhiko d'une extrême qualité
  • Le personnage de Kamille
  • Le design de certains Gundam
LES MOINS
  • Quelques faiblesses dans certaines animations
  • Les relations entre certains personnages trop brèves
9
10
Incontournable

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Amateur de Rpg et de tout ce qui dispose de près ou de loin d'une barre d'expérience et d'un scénario. Fasciné également par la Jap'anim de l'ancien temps, où les celluloïds s'agitaient devant une caméra pour raconter des histoires.

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