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TEST : 13 SENTINELS : AEGIS RIM

13 Sentinels : Aegis Rim, ou la synthèse par Vanillaware de bien des œuvres majeures de la Pop Culture. La Guerre des Mondes, E.T, Neon Genesis Evangelion, Macross Do You Remember my love, Matrix, Terminator… Plus on cherche, plus on trouve des références évidentes, à commencer bien sûr par le cinéma de monstres Japonais et ses fameux Kaiju. Kaiju que l’on retrouve d’ailleurs dans Pacific Rim. Jusque dans le titren on peut y voir une référence via le Aegis Rim. Alors certes, référence mais pas que. Aegis signifie l’Égide. L’Égide dans la mythologie Grecque est le bouclier de Zeus et ce bouclier, en réalité, dans les phases tactiques, représente l’élément circulaire et central se trouvant au cœur de la ville. Cette cité, est la scène de tous vos affrontements menés grâce à vos 13 « Sentinels » pilotées par des adolescents à la manière d’un Evangelion. (L’un des personnages est clairement un clin d’œil à Rei Ayanami d’ailleurs) Cet Égide, dernier rempart face aux Kaiju, vous la protégez contre des vagues de monstres durant de nombreuses batailles. Mais rien n’est simple dans le dernier Vanillaware et toutes ces références ne se contentent pas d’être posées là et réutilisées avec facilité. Non au contraire, elles sont autant de portes vers un scénario complexe, intéressant, qui utilise bien des codes narratifs pour mieux s’en libérer afin de surprendre le joueur, de le manipuler, jusqu’à ce qu’il se retrouve dans la même situation que les 13 protagonistes jouables de l’aventure. À un moment du jeu, beaucoup de choses vont se bousculer et renvoyer au joueur, le sentiment de perdre pied au cœur d’un processus qui le dépasse.

13 Sentinels Aegis Rim titre

L’écran titre dispose d’une musique envoutante

 

Un système très personnel

Si certains critères demeurent, les productions Vanillaware ont la particularité de ne jamais vraiment se ressembler. Toujours en quête de concepts nouveaux, le studio de George Kamitani s’efforce de proposer des productions toujours riches en nouveautés. Et pour le coup, 13 Sentinels : Aegis Rim est un jeu au genre assez indéfinissable. Si on perçoit bien sûr l’esprit Visuel Novel et l’aspect Tactical du titre, il faut bien avouer qu’il déboussole pas mal. Pas question ici de suivre un calendrier et de montrer sa jauge d’entente avec tel ou tel personnage. Pas question non plus d’enchainer de façon linéaire intrigue et combats, sur un damier au case par case avec un rythme imposé. Non ici, le jeu est composé en 3 menus : les batailles, l’histoire, et les archives. Au premier regard, on se dit que l’on nous livre un produit en kit  avec trois bobines et que le film n’est pas monté. Mais en réalité, on prend assez vite plaisir à pouvoir s’organiser et à prioriser tel ou tel pan du jeu, de manière totalement libre ou presque. Ainsi, l’on réalise que ce choix est totalement assumé et retranscrit une démarche bien précise : Traiter de l’amnésie et de la quête du souvenir chez quelqu’un ayant perdu la mémoire, en plus de raconter une histoire complexe demandant des choix de level design et de game design tranchés.

13 Sentinels Aegis Rim 01

Le jeu vous emmènera très loin.

13 Sentinels Aegis Rim 02

Les menus d’interaction pendant la phase d’histoire.

 

Des combats denses en informations

Pour les Batailles, comme je l’abordais plus haut, nos personnages se retrouvent sur une carte avec des icônes symbolisant ennemis et personnages jouables. Le but est de défendre l’Égide et de facto la ville. On commence par un menu nous proposant de choisir les personnages. Via ce menu on peut aussi augmenter les statistiques des robots et acheter des techniques. Ensuite vient la carte des combats. Hormis des petites animations très élégantes au moment de choisir son attaque, il y a peu, voire pas de représentation visuelle des affrontements au-delà des points de vies au-dessus des barres d’énergies. Les fans de Shining Force ou de Fire Emblem qui aiment voir les animations à chaque joute, risquent d’être un peu décontenancés au départ. Mais au final ce choix ou cette économie, chacun le verra comme il l’entend, permet des batailles rapides concises où on ne perd jamais de vue situation sur le terrain. Et ce n’est pas plus mal, car il faut bien admettre que tout n’est pas souvent très clair. Cependant ces batailles sans être bouleversantes, offrent leur part de stratégie (surtout vers la fin) et amènent aussi quelques éléments scénaristiques supplémentaires venant approfondir l’histoire. Les dernières particulièrement chargées gagnent en intensité et demandent plus de réflexion. Ce mode de jeu, bien qu’obligatoire pour avancer dans l’histoire, n’est en rien le coeur du jeu qui est avant tout une visual novel, qui s’étoffe pour le coup de quelques apparats stratégiques.

13 Sentinels Aegis Rim combats

Au plus fort des combats, les statistiques et les informations pullulent.

13 Sentinels Aegis Rim menu

Les menus permettant de faire évoluer le robot de ses personnages

 

Une construction narrative osée.

Le mode histoire justement, le gros point fort de 13 Sentinels. Dans ce dernier, on choisit sur une roue entre 13 protagonistes tous liés mais ayant chacun un rôle et une aventure propre. Ainsi, on avance dans l’ordre que l’on veut, chapitre par chapitre avec les uns et les autres. C’est avec une certaine liberté qu’on dialogue tous azimuts, qu’on arpente les rues d’une ville en proie à un mal venant de primes abords de l’espace, au cœur d’un récit totalement fragmenté, explosé et pour lequel il faudra recoller tous les morceaux. À noter que le jeu s’autorise à verrouiller parfois certains chemins jusqu’à l’obtention de certaines prérogatives liées à d’autres éléments du jeu afin de garder malgré tout une certaine chronologie dans son scénario. Tout ceci paraît donc complexe, mais en réalité c’est suffisamment maîtrisé et intelligent en terme de découpage pour que, non seulement ce soit compréhensible, mais en plus qu’on ait toujours cette envie d’en savoir plus ! Et c’est là le tour de force de Vanillaware et de George Kamitani (directeur et scénariste) ! Si tout semble totalement bordélique au départ et qu’au premier ressenti, on se dit que ça va être impossible d’intégrer autant d’éléments et de personnages à la fois, eh bien il n’en est rien. Les différents arcs liés à chaque personnage sont suffisamment bien écrits et amènent assez de redites pour qu’on ne perde jamais (ou presque) le fil de l’histoire.

13 Sentinels Aegis Rim 08

Les découvertes sont nombreuses dans le jeu.

 

Mémoire fragmentée

Le jeu parvient à toujours nous surprendre peu importe l’ordre dans lequel vous choisirez de jouer les personnages. C’est là, dans ce mode histoire qu’intervient la notion la plus complexe du jeu : les voyages dans le temps. Cet élément, on le doit bien sur au film culte de James Cameron : Terminator. Car oui dans 13 Sentinels, les personnages voyagent à travers plusieurs époques allant de 1945 à 2100. Ces voyages comme dans le film, s’illustrent d’ailleurs par quelques éclairs et une sphère électrique bleue dans laquelle vos héros apparaissent. Cet habile stratagème nous embarque dans un récit complexe et palpitant. Palpitant oui, au point de toujours vouloir refaire un chapitre de plus et d’y passer finalement de longues heures. Un peu comme un roman ou un manga qu’on n’arrive pas à lâcher ! Si le jeu intègre des notions propres à Terminator, on peut également y voir des éléments rappelant Matrix. Réalité des choses, mémoire fragmentée… Mémoire qu’il faudra retrouver et reconstruire tout en vous faisant balader au cœur récit  plein de rebondissements.

13 Sentinels Aegis Rim 03

Quelques actions précises viennent ponctuer les enquêtes.

 

Une direction artistique superbe

Graphiquement c’est splendide, et la progression nous dévoile au fil de l’aventure de nouveaux environnements de manière à ne pas avoir trop l’impression d’être toujours entrain de traverser les mêmes, bien que certains comme le lycée soient vraiment récurrents dans l’ensemble des arcs narratifs. Les couleurs sont crépusculaires et appellent à la mélancolie des lieux. On retrouve souvent des camaïeux variés en fonction des lieux comme des ocres ou jaunes virant au doré et parfois des verts ou des bleues amenant par exemple des ambiances nocturnes très réussies. En ce qui concerne la bande sonore assurée par Basiscape (Le label de H.Sakimoto), elle est riche et dense mais passe un peu au second plan au sein du jeu. Au-delà de quelques thèmes dont le thème principal qui avait, dès le reveal du titre en 2015, galvanisée son auditoire, la bande-son est finalement assez discrète et fait office d’habillage sonore plus qu’elle n’offre une réelle fonction narrative ou émotionnelle. Ceci vient également du fait que le jeu se découpe souvent en de petites scènes relativement courtes et ne laissant pas le temps à une construction musicale élaborée. On peut le déplorer tant elle est agréable à écouter hors contexte tout comme on peut déplorer que ce fameux thème principal soit absent du jeu alors qu’il est diablement efficace et rappelle les superbes compositions de Yuki Kajiura sur Noir ou Hack Sign. La fin du jeu amène malgré tout quelques envolées musicales intéressantes et plus intenses.

13 Sentinels Aegis Rim 07

Certains plans sont tout simplement splendides.

13 Sentinels Aegis Rim 06

Les ambiances colorées sont variées.

13 Sentinels Aegis Rim 05

Les visions d’apocalypse hanteront de nombreux personnages du jeu.

 

Maj switch : en plus de pouvoir jouer en mode portable, la version Switch profite d’une nouveauté exclusive : 26 nouvelles techniques / armes et pièces d’équipement pour les personnages jouables au sein de la partie combat du jeu qui n’étaient pas disponibles dans la version d’origine. Pour chaque personnage jouable, on peut choisir entre deux armes. Elles ont été conçues afin d’offrir une meilleure expérience de jeu, plus accessible, et d’élaborer de nouvelles stratégies. On peut se poser la question a savoir si le portage sur la console de Nintendo ne souffre d’aucun downgrade, il n’en est rien ! C’est toujours aussi beau et certains pourront l’apprécier d’avantage grâce à la fonction portable de la console.

CONCLUSION

C'est donc 5 longues années après son annonce et visiblement 7 ans après le lancement de son développement que 13 Sentinels voit le jour. On pouvait craindre pour le studio une si longue attente mais finalement, c'est un jeu unique en son genre, solide, palpitant et diablement rythmé dans son écriture que nous livre cette équipe à qui l'on doit Odin's Sphere ou encore Muramasa. Un jeu également moins répétitif que ses prédécesseurs grâce à sa narration. Une narration intelligente, osée, qui relève clairement du tour de force. Le jeu saura surprendre et questionner le joueur sur ses actes et sur ce qu'il vit à travers les jeux vidéo. Ce qu'il lui fait croire, espérer et ce qu'on retire pad en main de cette pratique, où nous ne nous somme pas que de simples spectateurs. À la manière d'un Dragon Quest V Your Story, mais en beaucoup moins brutal et abrupte, 13 Sentinels est intelligent, questionne sur son média et va en même jusqu'à citer son époque et les œuvres de science-fiction qui la ponctue. Renforcé par un rendu visuel superbe comme seul Vanillaware sait en produire, c'est une véritable surprise qui saura ravir les amateurs de J-rpg et de Visual novel ou tout simplement les curieux qui cherchent des jeux vidéo qui tentent des choses. Et si l'aspect tactique reste lui en retrait dans la première partie de l'aventure, il peut proposer malgré tout un peu de durée de vie avec son mode difficile et s'étoffe sur la fin, en plus d'offrir des missions supplémentaires après avoir terminé le jeu. George Kamitani et son équipe surprennent donc beaucoup, s'aventure sur un terrain où on ne les attend pas, propose un jeu maîtrisé de bout en bout et se concluant sur une fin particulièrement réussie. Respect !

EVALUATION DE LA REDAC

8.5
10
Incontournable
Son
7.5
Graphisme
10
Animation
7.5
Gameplay
8
Intérêt
9.5
Les plus
  • Un concept original et osé d'une visual novel ponctuée de stratégie
  • Une direction artistique somptueuse
  • Une histoire bourrée de surprises et vraiment intéressante à suivre
  • Un jeu intégralement en Japonais sous titré français
  • Des nouveautés sur la version switch
LES MOINS
  • Très dense dans sa narration, ce qui pourra en perdre certains
  • Une bande son de qualité mais un peu trop en retrait

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Merode
Amateur de Rpg et de tout ce qui dispose de près ou de loin d'une barre d'expérience et d'un scénario. Fasciné également par la Jap'anim de l'ancien temps, où les celluloïds s'agitaient devant une caméra pour raconter des histoires.

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