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Test : Ganryu 2 : Hakuma Kojiro

Suite d’un ancien titre issu du système Neo Geo MVS ( pour borne d’arcade ), Ganryu 2 : Hakuma Kojiro reprend les mêmes bases et revient avec une aventure résolument old-school. Son prédécesseur ne sera sûrement connu que des puristes car il n’a même pas eu le droit à une version pour Neo Geo AES ( la console de salon ) lors de sa parution en 1997. Ce qui a été rectifié par Pixel Heart en 2020. Toujours aux manettes, ceux-ci ont fait appel aux Français de Storybird Studio pour élaborer cette nouvelle aventure pour Nintendo Switch et PlayStation 4. Alors, est-ce que Ganryu 2 : Hakuma Kojiro mérite plus d’attention que son prédécesseur ? 

Ganryu 2

Samurai spirits

Commençons par un peu d’histoire japonaise. Les deux jeux Ganryu se basent sur un personnage ayant réellement existé : Miyamoto Musashi. Philosophe, calligraphe et surtout, en ce qui concerne les jeux, escrimeur de grand talent, c’est un fameux personnage immensément respecté au Pays du Soleil Levant. Il a vécu au XVIIe siècle et a beaucoup de hauts-faits à son actif. Le monsieur fut même le gouverneur d’une province. Respect. D’abord transposé en pixels par le développeur VISCO, connu des amateurs de Neo Geo, le jeu ne gagna qu’un maigre succès d’estime et n’est pas des plus cités lors des dîners mondains, ce malgré l’aura pourtant réelle de son héros. Contrairement à d’autres titres de leur catalogue qui reviennent plus souvent comme Neo Drift Out ou encore Andro Dunos. Tous deux furent également réédités en version AES par Pixel Heart et le dernier a aussi eu le droit à une récente suite, tout comme le jeu qui nous intéresse aujourd’hui. En tous les cas, pour sa défense, nous pouvons dire que dans le genre jeux de ninjas Ganryu à du faire face à une rude concurrence lors de sa sortie.

Tout de même. Nous parlons ici de la continuité d’une série commencée sur système Neo Geo, ce qui en soit vaut déjà qu’on y jette un coup d’œil. Ensuite, il faut dire que le lore de Ganryu 2 est des plus stylés. Nous sommes donc ce fameux Miyamoto Musashi dont le sprite est juste superbe, bien que faisant plus bodybuilder que calligraphe. Mais bon, nous sommes dans un jeu vidéo et qui plus est, un jeu d’action pure. Bien entendu, le scénario imagine la vie de notre héros et ne dépeint en rien quelque événement historique que ce soit. Nous y évoluons dans un Japon féodal fantastique. Notre ennemi de toujours nommé Sasaki Kojirõ, bien qu’il fut vaincu dans le titre précédent, a la dent dure et s’acharne à nous pourrir la vie sous la forme d’un esprit maléfique. Ce coup-ci, il fit l’erreur d’invoquer une horde de démons. Le premier boss nous expliquera qu’ils n’ont que faire de ce Sasaki Kojirõ et que leur but est tout simplement la domination de la Terre. Nous aurions deviné tout seul…

Hanami

Tels les cerisiers japonais, Ganryu 2 : Hakuma Kojiro est un cadeau pour les yeux. Faisant montre d’un pixel-art magnifique, traverser les différents décors de ce Japon magnifié est un bonheur, malheureusement quelque peu terni par un level-design hasardeux et certains sprites peu inspirés. La musique ne restera pas non plus en tête mais les bruitages font l’affaire. Mais pour tout ce qui touche à la colorimétrie, aux arrières plans, aux effets de lumière… Le jeu est resplendissant quel que soit le niveau parmi les cinq proposés. De plus, l’animation est très soignée, surtout en ce qui concerne Musashi. Notre héros est charismatique à souhait. Les rares fois où j’ai trouvé cool le level-design furent ces moments nous permettant de foncer à toute allure tout en sabrant quiconque se trouve sur notre passage. Sa manière de courir, tel un prédateur fondant sur sa proie, est superbement rendue. Réellement, le design du héros rattrape celui un peu commun des différents ennemis et surtout ceux de type ninja. Même les boss n’impressionnent guère ce qui est ennuyant et, je l’avoue, n’aide pas à garder son calme lors des ( trop ? ) nombreuses défaites.

D’ailleurs, venons en au point qui m’a fâché. Le level-design de Ganryu 2 est mal fichu. Le gameplay est fait pour avancer à toute vitesse tel un vent dévastateur mais cela mène immanquablement à la mort. La chose est plus que frustrante. Je ne suis pourtant pas du tout du genre à m’énerver face à un jeu. Mais là… Là, je peux vous dire que j’ai braillé comme un âne. Deux coups en avant et Musasashi s’élance avec grâce et puissance, puis finit par être stoppé dans son élan par l’un de ces satanés ennemis qui spawnent par dizaines ou bien par un gouffre apparaissant soudainement. Bien entendu, à force de mourir et de recommencer, nous finissons par connaitre les niveaux par cœur et par aller assez vite. Mais honnêtement, Ganryu 2 : Hakuma Kojiro n’est pas assez fun ni créatif pour me donner envie de le try-hard. Non merci.

Hara-kiri

Chose étrange et fâcheuse : le mappage des boutons. Sachez déjà qu’aucune option ne permet de le changer. Ceci étant dit, messieurs les développeurs, pourquoi le bouton de saut se trouve en bas et celui d’attaque en haut ? Cette maniabilité est tout sauf instinctive. Déclencher les magies en appuyant sur le joystick droit ? Sérieusement ? Le nombre de fois où j’ai envoyé un shuriken au lieu de mettre un coup de sabre… Bon, dans la plupart des cas le résultat est le même mais ça reste gênant. Lorsque les ennemis mourront, il arrivera que ceux-ci laissent derrière eux une boule d’énergie qui fera monter une barre de power ( très lentement ) qui, une fois pleine, nous ouvrira l’accès à une liste de pouvoirs magiques. Entre plusieurs coups dévastateurs et la possibilité de régénérer sa vie, cette dernière aura souvent la priorité tellement le jeu est dur. Cela arrivera parfois de se retrouver face au boss avec sa barre pleine et puis c’est tout de même la défaite. Retour au check-point juste avant notre puissant ennemi mais avec une barre de power vide. Nous ne sommes donc pas parvenu à le vaincre avec un coup spécial à lui asséner et maintenant il va falloir y parvenir sans. Logique…

Dans Ganryu 2, les nerfs du joueur sont mis à rude épreuve. Les ennemis sont extrêmement nombreux et la maniabilité fait que nous nous trompons régulièrement de touche. Le level-design des niveaux est truffé de précipices et autres fosses à piques interdisant presque l’utilisation de la course et du dash avant. Pourtant, nous ressentons l’envie de fondre sur nos ennemis, de traverser les niveaux à grande vitesse en explosant tout sur notre passage… Cela durera cinq secondes avant de tomber sur un os. Ganryu 2 : Hakuma Kojiro souffre trop de la comparaison avec d’autres jeux récents du type comme Blasphemous,  Dead Cells ou encore Narita Boy. Le titre de Storybird Studio est trop dur, mal pensé la plupart du temps et monotone, bien que quelques phases viennent relever un peu l’intérêt comme du shoot ’em up ou un tour en wagonnet. Mais rien de transcendant.

images

 

CONCLUSION

Pour conclure sur Ganryu 2 : Hakuma Kojiro, je dirai que c'est là une occasion manquée. Ce n'est pas un jeu mauvais mais il a beaucoup trop de défauts pour le préférer à d'autres qui font la même chose en bien mieux, que ce soit sur Nintendo Switch ou PlayStation 4. Ses graphismes sont sa force et nul doute que les amoureux du Japon féodal le parcourront avec plaisir mais les autres… Ils lâcheront vite la manette avant la fin des cinq niveaux pour aller vers quelque chose de moins frustrant. Dommage.

EVALUATION DE LA REDAC

7
10
Bien
Son
7
Graphisme
8
Animation
8
Gameplay
6
Interet
6
Les plus
  • Les décors
  • Le héros badass
  • L'animation
  • Quelques séquences réussies
LES MOINS
  • Le level-design vicieux
  • Le chara-design peu inspiré
  • Le système de magie
  • Le mappage des boutons

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O Brother
Quarantenaire et amoureux des vieux bouquins et des gros pixels.

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