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Capture d’écran (121)

La Critique Jap’Anim : Cyberpunk Edgerunners

Lorsque les fous furieux du studio Trigger annoncent qu’ils se payent l’univers de Mike Pondsmith, remise en lumière et en couleur par CD Projekt Red, on pouvait rapidement fantasmer un résultat de dingue. Et les 10 épisodes qui composent Cyberpunk Edgerunners, série d’animation japonaise produite par Netflix, sont bel et bien dingues sur bien des plans. Dès les premières minutes, c’est un véritable pied que de retourner se brûler les ailes aux néons de Night City et, qui plus est, sous l’impulsion du crayon de Imaishi Hiroyuki. Ce vétéran de l’animation japonaise, ex-membre de la Gainax et aujourd’hui à la tête du prestigieux studio Trigger, n’en est pas à son coup d’essai puisqu’il est crédité sur des séries comme Kill La Kill Gurren Lagan ou encore au poste d’animateur clé sur la quadrilogie des films d’Evangelion.

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David et Lucy

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Décadence multicolore

Dans Edgerunners, on retrouve à travers la réalisation et la mise en scène cette puissance caractérisant le style Trigger. Et autant vous dire que ce savoir-faire au service d’un univers aussi destroy que celui de Cyberpunk 2077 apparaît comme une évidence. La violence du propos fait totalement écho avec l’irrévérence d’une réalisation qui ose tout. Qui se permet de jouer et de martyriser avec maestria la grammaire de l’animation traditionnelle. Effets de retard des animations, déformations outrancières, perspectives étirées à l’extrême, vibration du dessin parvenant à amener les expressions jusqu’à l’hystérie collective. Tout y passe et la claque est totale ! Une claque renforcée par toute la gamme colorée mise en place par CD Projekt dans le jeu original et que Trigger s’est appropriée sans problème. Quelle fascination de retrouver ce contraste entre la violence et la désespérance d’une Night City sombre et brutal dans le propos et pour autant bardée de 1000 couleurs vives et chatoyantes. Cette grammaire visuelle marchait déjà à merveille dans le RPG polonais et fonctionne tout aussi bien dans Edgerunners. L’ensemble de cet onirisme décadent, où les larmes de la belle Lucy peinent à laver les gerbes de sang qui entachent le jaune primaire de la veste de David, est un acteur à part entière de cette série.

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La série ne manquera pas de moments de grâce permettant de souffler dans une histoire nous plongeant au coeur d’un tourbillon d’ultra violence

 

Cyberpunk Edgerunners : L’école de la rue

Et en parlant d’acteurs, si Edgerunners est une baffe artistique, c’est aussi une véritable histoire construite et capable de prendre aux tripes. Il n’est point question ici d’un petit projet servant à faire la promo d’un jeu, mais d’une véritable série pouvant exister à part entière. Et c’est bien normal lorsqu’on se paye un studio comme Trigger de leur laisser la main afin qu’ils puissent s’exprimer pleinement avec la matière mise à leur disposition. Ainsi au fil des dix épisodes s’élabore une narration autour de deux personnages principaux : David et Lucy. David est un jeune type, élevé par une mère aimante, qui le pousse à aller dans une école d’Arasaka, l’une des deux principales corporations de la ville. Mais David sait au fond de lui que ce monde de la haute ne l’acceptera jamais, ainsi lorsqu’il se retrouve livré à lui même, c’est à l’école de la rue qu’il fait ses classes. De cette situation va amener la rencontre avec Lucy, une jeune femme Netrunner rêvant d’aller sur la Lune et bossant pour un crew de Cyberpunks mené par un certain Maine. Un bagarreur bien costaud et sympa mais un peu trop adepte d’implants en tout genre.

Sans en dévoiler plus, Edgerunners va construire son récit autour d’une histoire d’amour sincère, dans laquelle les personnages sont vrais et touchants, mais aussi autour d’une inévitable escalade de violence amenant à un final haletant découpé sur deux épisodes aussi brillants dans leur réalisation, qu’éprouvants voire poussifs dans leur propos. Peut-être trop ? À vous de voir votre degré de résistance au chrome…

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L’animation made in Trigger au service de la fureur du propos

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Night City au détail près

Si comme moi vous avez poncé Cyberpunk 2077 jusqu’à la corde, vous comprendrez vite et avec plaisir que toute l’aventure de Lucy et David puise sa substance dans l’œuvre de CD Projekt. On y retrouve toute la profondeur du lore et de fait, de nombreux éléments éparpillés dans la quête principale du jeu, mais aussi dans de multiples quêtes secondaires : Cyberpsycho vampirisés, Max-Tac, Adam Slasher, Danses sensorielles allant du porno chic au Snuff movie hard core…

Enfin dernier point: La bande son, ici est très éclectique, passant de Franz Ferdinand aux sonorités électro les plus crades fonctionne bien même si l’on n’atteint le niveau d’immersion du jeu initial.

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Retrouvez ici le test PC du jeu Cyberpunk 2077

CONCLUSION
Cyberpunk 2077 Edgerunners est donc une œuvre à la hauteur du projet pharaonique de CD Projekt Red. Son impact est fulgurant pour le spectateur qui n’en ressortira pas indemne. D’ailleurs à l’heure où j’écris ces lignes, le statut de RPG conspué de Cyberpunk 2077 à sa sortie est en train de changer puisque c’est un véritable exode des joueurs vers les rues de Night City auquel on assiste depuis le lancement de l’animé sur la chaîne Netflix. Au point que le jeu a dépassé les scores d’affluence de The Witcher 3, l’autre mégaton du studio polonais. Et c’est bien normal tant Edgerunners est brillant et invite à s’enivrer jusqu’à la cyber psychose du Grand Néon Universel et des destins brisés de Night City.
EVALUATION DE LA REDAC
Musique
7.5
Mise en scène
9.5
Animation
10
Chara-design
9
Scénario
8
Les plus
  • Une réalisation et une technique d'animation de malade
  • On retrouve toute la profondeur de lore du RPG
  • Revenir à Night City
  • Un scénario prenant
  • Lucy est à croquer
LES MOINS
  • Une seconde partie poussant un peu trop certains curseurs narratifs au max
  • Une bande son moins marquante que celle du RPG
  • 10 épisodes, c'est un peu rapide
8.8
10
Incontournable

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Merode
Amateur de Rpg et de tout ce qui dispose de près ou de loin d'une barre d'expérience et d'un scénario. Fasciné également par la Jap'anim de l'ancien temps, où les celluloïds s'agitaient devant une caméra pour raconter des histoires.

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