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TEST : DARQ ULTIMATE EDITION

Jacques Deval le disait lui-même : “nos cauchemars, c’est notre âme qui balaye devant sa porte”. Par cette citation pour le moins unique, le concept de Darq se clarifie malgré un paradoxe humoristique de faible qualité de la part de vos serviteurs. Quoi qu’il en soit, la production de Unfold Games, préalablement sortie en 2019 et désormais disponible en “Ultimate Edition” sur toutes les générations de consoles, manie l’horreur sous un autre angle. Nul besoin de corps dépecés, de virus ou de moisissure, d’appareils photographiques et de fantômes, de secte ayant dépassé les limites humaines de la folie…

Rien de tout cela, non. L’effroi touche la psychologie avec ce petit air pernicieux qui la classe hors catégorie. Bien loin d’un opus semblable à In Nightmares, Darq chevauche sur son destrier destructeur, rendant le songe aussi brutal que viscéral. Envoûtant et inquiétant, ce cosmos de la nuit défie toutes les lois de notre rétine, preuve qu’avec le cœur, le cerveau est aux manettes.

Or, représenter les sombres illusions est un défi gargantuesque tant l’imagination n’a pas toujours pour vocation l’esprit collectif. D’autant plus lorsque le sujet du traumatisme de l’enfance est abordé, chaque histoire étant collée aux adultes que nous sommes devenus. En quelques mots, au-delà de ces considérations somme toute parfaitement subjectives, il convient de s’interroger sérieusement : le petit monde de l’indie peut-il offrir une place de choix au milieu d’une diégèse déjà dominée par des réalisations parfaitement définies comme des joyaux du trône vidéoludique ?

Quelques heures plus tard, il était temps d’amorcer notre réveil, féconds à engendrer une réflexion entachée de bizarreries à la pelle. Mais, après tout, le jeu vidéo n’est-il pas un lieu de surprises permanentes ?

Passons ce moment ensemble en attendant le crépuscule. Et voyons si nous en ressortirons indemnes, vous tous et nous…

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C’est ici que tout commence…

Un Darq avec le diable

Ne tournons pas autour du pot (de chambre…il est temps que l’année se termine !) : Darq ressemble à s’y méprendre à des essais comme Limbo, Inside voire même, dans une moindre mesure, Braid et Arise. Un gameplay sur un monde en 2D parfaitement épuré puisque, hormis quelques exceptions, point d’usage de skill, si ce n’est en ce qui concerne le timing. Avancer, courir, interagir, progresser discrètement (même si la feature est épisodique) et…c’est tout.

À l’instar de ses pairs, Darq mise sur la réflexion (sans tomber dans le casse-tête à la Myst) et la résolution d’énigmes. Petite particularité : le jeu vous permet de moduler la gravité. Plus clairement, vous serez en mesure de marcher sur certains murs verticaux, ce qui engendre un changement de plan horizontal qui chamboulera les emplacements. Vous devrez aussi parfois vous cacher face à des ennemis impitoyables mais il faut avouer que cela est rare et que ces événements sont courts !

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Se planquer face aux monstruosités !

Point d’effroi : Darq vous montre à travers ces situations les apprentissages premiers et la complexité va crescendo. Rien de trop méchant : il vous suffit de changer de pièce si vous êtes bloqué et de cesser de considérer l’attraction terrestre comme une loi absolue. Les combinaisons feront vite sens et tout est bien amené. Nous pensons notamment à la seconde mission, extraordinaire, qui vous donne le ton.

Et celui-ci se montre sinistre, à l’image du thème cauchemardesque !

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Convaincu(s) ?

A l’aube in the Darq

Si le nombre de niveaux est limité (6 en tout plus un épilogue), ceux-ci sont complétés dans cette édition par 2 extensions, “The Tower” et “The Crypt”. Cette dernière représente d’ailleurs la quintessence de Darq, mêlant tous ses éléments avec une minutie qui engendre une sublime alchimie. Prolongeant l’expérience tout en apportant une fin ultime, le dernier level use avec parcimonie des maniements de leviers, changements de plan ou d’étage et puzzles à la perfection. C’est d’ailleurs le génie des développeurs de Darq : vous opposer suffisamment de résistance pour vous creuser les méninges sans vous faire galérer afin de garder un rythme intact.

Cela peut paraître peu ; en outre, il est tout de même ardu de vous en dire plus sur la jouabilité tant celle-ci est adaptée à chaque situation. Impossible de vous narrer des exemples précis sous peine de vous démolir votre expérience !

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Des changements de plan intelligents !

D’autant plus que Darq n’est pas bien long, 4 heures étant suffisantes pour tout parcourir. Très peu de trouvailles annexes jalonnent l’expérience et, c’est probablement le gros point faible de la production, la replay-value est inexistante.

Vous ressortirez groggy de cette macabre épopée mais il est peu probable que vous y retourniez par la suite, si ce n’est pour feuilleter dans le menu cette bande dessinée numérique agréable (uniquement en anglais) qui vous livre des clés du scénario, le déroulement in-game de Darq étant plutôt…cryptique (restez, on s’amuse bien !).

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Glauque mais capital !

Une corde à son Darq

Oui, la narration se veut minimaliste mais comme souvent, ce procédé fait mouche ! Il n’y a aucun dialogue dans Darq. Toutefois, chaque scène en dit long et il est intéressant de faire le lien avec les cases dessinées, bien plus volubiles, pour donner un point de vue totalement différent qui donne du sens à ce que vous aviez vu auparavant.

En toute simplicité, le pitch est d’une efficacité hors normes : vous êtes un jeune homme au look bien particulier (un dénommé Lloyd) en train de rêver. Et chaque songe se transforme rapidement en cauchemar infâme dont notre protagoniste essaie de s’évader tout en parcourant des lieux abjects. Et c’est en cela que Darq mérite vraiment son titre horrifique, tant l’ambiance est pesante et l’atmosphère menaçante.

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Oui, vous avez bien vu !

Le peu d’ennemis rencontrés vous feront passer quelques frissons (la vieille bon sang !!!) et le bestiaire dispose d’une certaine “Silent Hill’s touch” loin d’être déplaisante.

Cela vaut pour les décors et quelques protagonistes. Bien sûr, si l’on pense parfois au malaisant Rules of Rose (ah, ce sac sur la tête !), l’inspiration burtonienne est plus qu’évidente que ce soit dans les formes, les expressions et la colorimétrie où le noir et blanc connaissent des nuances exquises.

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Des tons tout simplement justes !

Le bassin Darq : hachons !

Sans cette Direction Artistique glauque, il serait bien difficile de s’attacher autant à Darq. Tout juste retiendrait-on la collecte d’objets à imbriquer dans des emplacements. Mais quand il s’agit d’une jambe coupée, la dimension est autre ! Le soft entretient un rapport avec le corps singulièrement dérangeant à l’image de Silent Hill, comme nous le citions précédemment.

Loin du vil pastiche, Darq s’en sort haut-la-main et il est indéniable que ce tourment nous hante encore même après avoir traversé l’ensemble de l’aventure. Le concept est fort et le voyage multiplie les non-dits aux messages tortueux.

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Tout est plein de sens…

Tout cela est renforcé par un sound-design absolument FA-BU-LEUX ! Et nous pesons nos mots (ou maux ?). Point de musique d’accompagnement lors de vos pérégrinations. D’ailleurs, dans sa globalité, les compositions sont en nombre très réduit. Pourtant, cela ne fait que renforcer les bruitages, tous mieux amenés les uns que les autres. Il n’y a jamais de réel silence ; cependant, un sombre environnement de mort règne.

L’association entre le visuel et les sonorités engendre une perfection des sensations, comme ces jumpscares vraiment habiles ou ces ombres inquiétantes. En tout état de cause, Darq sait aussi utiliser les avants et les arrières de ses plans pour vous étouffer un peu plus. La gestion des lumières et les apparitions régulières de brume renforcent aussi le contexte angoissant, sans chercher à tutoyer le superflu.

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Il s’agit de défier la gravité !

Darq habile

En dépit d’un dirigisme totalement assumé, Darq ne se montre jamais pénible, à l’exception d’une situation bien particulière du chapitre 5 loin d’être indispensable.

En étant concis, il paraît impossible de ne pas succomber aux charmes du soft tant celui-ci est honnête avec sa proposition et donc, de facto, avec le public. Concernant l’apport next-gen (enfin la gen actuelle mais ceci est un autre débat), celui-ci lisse l’image et rend les temps de chargements très supportables.

Usant du minimalisme pour illustrer son propos, Darq se hisse sans souci au rang de ses grands frères avec un leitmotiv intelligent : “s’inspirer n’est pas singer”. Dès lors, le rêveur hanté se retrouve face à une identité propre qui lui offre quelques réminiscences.

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Des énigmes simples mais efficaces !

À l’instar de la réussite d’un gag, Darq a le bon goût de ne pas rallonger ses hommages ou ses propres élucubrations. Réussissant le pari de réunir horreur, épouvante et sympathie, la prod’ évite le piège du catalogue, s’extirpant de ce classeur servant à ranger ce que l’on souhaite vivement définir. Probablement pour se rassurer.

Mais le spectre de la nuit ne permet pas ce genre de chose.

Test réalisé sur PS5. A noter que cette Ultimate Edition contient le jeu en physique, un chouette petit artbook, la bande-son et un roman graphique en numérique, des autocollants et les 2 extensions.

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Perdu dans les (mauvais) rêves.

CONCLUSION

Darq sait où il va et c’est probablement pour cela qu’il fait office de joyau d’exception. Rien que ça ? Oui. A l’heure du foie gras indigeste proposé par certaines productions, le jeu s’enfonce dans une voie certes connue du public lié à l’indé mais sans tomber dans le fossé du cliché. Maîtrisé de bout en bout, à une exception près, Darq nous emmène dans ce délire cauchemardesque, sublimé par 2 extensions qui, disons-le tout net, explosent littéralement le contenu du jeu principal qui lui-même était de haute volée. Un cas assez rare pour être souligné ! Proposant une épreuve à l’interprétation plurielle et une expérience de jeu sans véritable frustration, le bébé hideux de Unfold Games saura vous emmener là où il le souhaite, faisant de la malaisance une pierre précieuse. Un cauchemar ensorceleur qui ravive la flamme de la magie noire. Jamais notre sommeil n’aura été aussi agité...

NOTE DE LA REDAC

8.8
10
Incontournable
Son
9.5
Graphisme
8.5
Animation
8
Jouabilité
8.5
Intérêt
9.5
Les plus
  • La Direction Artistique visuelle
  • La Direction Artistique sonore
  • L'équilibrage des énigmes
  • Bien rythmé
  • Le thème maîtrisé à la perfection
  • Les chapitres The Tower et The Crypt !
LES MOINS
  • Pas de replay-value
  • Un peu court

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No Bloody Knows
Fans du Beat'em Up, de SEGA ou encore de Nostalgeek, une chose vous réunit : vous êtes la Pop Culture [Responsable Relations Publics et Presse]

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