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Capture d’écran (121)

TEST : STAR OCEAN THE DIVINE FORCE

Bien étonnante fut l’annonce de ce Star Ocean The Divine Force. Étonnante oui, quand on se souvient de l’épisode 5 et de son accueil glacial. Un jeu qui à l’aube de la génération PS4 apparaissait comme en retard sur beaucoup de plans. Mais il est là, Star Ocean 6 sur Ps4 et sur PS5. Et c’est sur cette dernière que ce test a été réalisé. Alors qu’en est-il ? Tri Ace a-t-il réussi à hisser les voiles afin de ramener sa série au bercail et lui assurer un avenir radieux ?

 

Réalisation artistique

Comme premier élément de réponse, c’est la carte de la technique que nous allons tirer en premier. Et cette dernière est plutôt de bon augure puisque dès les premières heures, le jeu dévoile de beaux environnements naturels. Star Ocean The Divine Force, n’est pas un AAA à des millions de dollars, et pourtant par le biais d’une direction artistique inspirée et d’une palette de couleurs maîtrisée alternant sobriété et couleurs vives, le jeu fait illusion, au point qu’à bien des moments il est tout simplement beau. Certes l’ensemble reste inégal et certaines zones peuvent paraître vides ou faiblardes techniquement, mais dans son ensemble le jeu parvient à surprendre, comme par exemple sur les remparts de la ville de Cotto ou le temps et la luminosité change plusieurs fois et dévoilent des très belles ambiances. Les rendus de certains intérieurs manquent souvent de finitions, mais en extérieur ce sont les lumières tamisées par la brume, les couleurs chatoyantes d’un champ de fleurs ou un panorama bien senti que l’ont retiendra. Tout un décorum qui permet de se plonger dans l’univers médiéval du jeu tandis que des environnements aux designs plus modernes et épurés vont appuyer des passages plus futuristes de l’aventure.

En plus, la diversité des architectures invite à croire dans les lieux urbains. De cités portuaires aux maisons à colombages, en village Troglodyte à moitié fondue dans la roche ou encore au détour d’une ruelle chargée de détails d’une capitale gothique flamboyante fière de ses flèches de pierre perçant les nuages d’un ciel de nacre, The Divine force nous raconte son univers.

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Pas mal de panoramas sont réussis

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Du crayon à la 3D

Hélas si l’ensemble du jeu est honorable, la modélisation de certains personnages dont le héros, elle, l’est un peu moins. C’est probablement la plus grosse déception artistique du jeu. Comment ne pas apporter plus de soin à ses personnages 3D, quand on se paye un chara designer aussi brillant qu’Akiman ? Franchement ça me dépasse. D’autant que l’opus précédent faisant finalement mieux sur la représentation 3D de son casting. Il n’est pas rare non plus de voir des mouvements s’apparentant à une modélisation tremblante sur un tissu ou une mèche de cheveux. Bref ça fait désordre et un peu jeu en Béta sur les bords. D’ailleurs, que ce soit dans l’ergonomie ou dans les animations des personnages en cinématique, c’est ce manque de finitions globales qui va petit à petit venir rogner la pertinence de ce Divine Force.

Akiman

Akiman dispose d’un sacré niveau de dessin, hélas si la modélisation de Laetitia est réussie, celle de Raymond ne lui rend pas honneur

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Laetitia

Pas mal de problèmes

Et puisque nous avons le nez dans la soupe à la grimace, autant touiller un bon coup et évoquer tout le reste tout de suite et en particulier cette fameuse ergonomie. Pour commencer la taille absolument minuscule de certains éléments de textes. C’est fatigant à lire et tout simplement désagréable. Dans la même veine, les menus sont clairement moches et bordéliques. Autre détail un peu étonnant, c’est cette impossibilité d’aller dans le menu ou sur la carte pendant que les personnages discutent en marchant. De plus, le jeu doute en permanence sur ses collisions avec les environnements, au point qu’il ne sera pas rare de se faire peur en se coinçant dans des recoins de décors alors qu’au départ, on y allait juste pour vérifier qu’il n’y traînait pas un item. Sans parler des caméras mises à rude épreuve par des choix de game design audacieux, mais qui vacillent quelque peu à cause de ce maudit manque de finitions. Pareil pour ces phases de plateforme inhérente aux nouveautés apportées par ce 6e opus mais qui restent parfois peu précises.

 

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Les menus sont austères

Systèmes de jeu et innovations

Malgré tous ces défauts, ce qui reste lorsqu’on joue à Star Ocean 6, ce sont toutes ces propositions et ces systèmes de jeu amenés pour moderniser la série. Pour ce faire, ce sont pleins de petites idées combinées qui viennent s’amonceler dans le jeu afin de le rendre intéressant. Et l’idée la plus pertinente, la véritable clef de voûte de tout le jeu, c’est le D.U.M.A. Ce petit robot qui vous permet de défier les lois de la graviter lors de l’exploration mais également pendant les combats.

Grâce au D.U.M.A, vous pourrez fendre les airs et monter en altitude avant de vous laisser redescendre en planant. Ce principe simple mais bien vu, couplé à un level design hélas un peut trop sage mais cachant quand même son lot de trésors, ponctue réellement l’aventure, en vous invitant à bien observer s’il n’y a pas une cachette en hauteur que vous auriez oublié. Autre chose, le jeu est parsemé de cristaux violets permettant de donner de l’xp à votre compagnon robotique et ainsi de le faire évoluer. Cette idée vient soutenir l’exploration de par la rapidité de déplacement mais aussi l’envie de chercher un peu partout dans les lieux visitables, qu’ils soient urbains ou sauvages à augmenter votre familier métallique. On notera quand même beaucoup, beaucoup de murs invisibles, au point que Tri Ace ne cherche même pas à les cacher par des éléments naturels et nous colle une vilaine barrière orange translucide pour nous dire qu’il ne faut pas aller plus loin.

Cependant, l’exploration dans The Divine Force revêt des airs d’Ys VIII dans son côté vif, ce qui n’est pas désagréable, bien au contraire. Et d’ailleurs, un autre point qui m’a beaucoup plu, c’est de retrouver une construction évoquant les RPG d’époque PS2, où le monde se composait d’une multitude de lieux plus petits que dans les jeux actuels mais tous liés les uns aux autres. Nous ne sommes ni dans un Open World regroupant 3 4 grosses zones étendues très travaillées, ni dans un jeu linéaire ou scripté. Du coup même si cela semble moins ambitieux qu’un Xenoblade 2, l’impression de dépaysement est forte, puisque l’ont traverse beaucoup de lieux différents. Et cette variété contribue également à avoir l’impression de voyager et de changer de régions et de pays.

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Grace à D.U.M.A, on va pouvoir explorer les villes jusque sur les toits afin d’y débusquer les trésors

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Par l’entremise du robot, viennent s’ajouter au système de combat, des mouvements vous permettant de foncer tête baissée sur un ennemi, afin de lui asséner soit, une attaque surprise en guise de début de combat – ce qui va étourdir un moment l’opposant – soit de lui flanquer une bonne attaque éclaire qui fait bien mal en plus de vous octroyer des points d’action supplémentaires.

Si votre capacité à utiliser le robot est indiquée par une barre bleue, vos Points d’action (PA) sont représentés par des rectangles verts qui, il faut bien le dire fondent comme neige au soleil si vous martelez les boutons d’attaque. Ainsi en obtenir plus grâce à ces attaques fulgurantes n’est pas un mal. D.U.M.A offrira également d’autres options par la suite comme une barrière de protection bien utile ou des furies.

Hormis notre allié robotisé, The Divine Force propose également un système de repas donnant des bonus de combat, une partie destinée à la création d’objets, ainsi que la possibilité çà et là dans les environnements, de faire des offrandes pour obtenir des bonus. Tri Ace a également implémenté un mini-jeu inspiré des échecs et dont on peut profiter un peu partout en parlant à certains personnages. Un peu comme le Triple triad de Final Fantasy VIII.

Et enfin, que serait Star Ocean sans son personnage le plus iconique : Welsh !? Ce personnage au nom de repas bien du nord qu’on aime savourer avec une bonne bière, revient une fois de plus pour le plaisir des yeux.

 

Welsh

Avec des frites et une Paix Dieu ça passe crème le Welsh

Blitzkrieg

Pour revenir sur le martelage de bouton d’attaque, il est temps d’embrayer sur la partie combat et combo. Via le menu, nous avons un tableau avec des possibilités d’assigner des actions de combat : 3 par boutons. Ce faisant, vous pourrez adapter à votre guise vos combos et les personnaliser pour chaque héros. Et vu que le jeu permet de permuter de personnage d’une simple pression de la croix directionnelle, il y a de quoi varier les attaques. Hélas, comme ces attaques sont dépendantes de vos fameux Points d’action, il ne sera pas rare de devoir attendre que la jauge remonte pour reprendre les hostilités. Sauf que pour qu’ils remontent, il faut s’extraire de la mêlée. Et lorsque ça tape fort et dans tous les sens, rapidement la situation peut dégénérer. A vous donc d’user au mieux l’esquive/roulade qui, si elle est réalisée à la frame vous offrira de petits avantages (encore merci Bayonetta et son Witch time event, on ne le dira jamais assez ! Le meilleur BTU bordel !)

Les combats sont donc agréables, même si la caméra rend parfois les choses assez chaotiques. Par exemple, il n’est pas rare de se prendre une magie dévastatrice, balancée de l’autre bout de la zone, sans vraiment pouvoir y faire grand-chose. Et c’est frustrant ! Surtout lorsqu’il est difficilement possible de cancel l’animation en train de se réaliser. Et on retrouve aussi ce défaut inhérent à la série depuis longtemps, à savoir qu’il n’est pas rare à quelques mètres d’intervalle, de tomber sur des monstres particulièrement faibles et d’autres capables de vous ravager la tronche en quelques secondes. Un autre détail également assez pénible, c’est de se faire enchainer au sol alors qu’on ne peut ni bouger ni esquiver. De fait il arrive qu’on ait plus qu’à regarder son personnage mourir sans rien faire hormis switcher sur un autre pour tenter de le sauver. Hélas ce genre de « burst » adverse va très vite, trop vite même.

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Petit tips, la sauvegarde automatique est traîtresse. Si vous n’êtes pas vigilant, préparez-vous à devoir vous retaper une zone entière, si vous vous faites laver juste avant la fin de la route… Néanmoins, et c’est assez important de le noter, la série n’a plus pour vocation de vous inonder sous les combats. Les monstres sont parsemés à quelques endroits des cartes et ils donnent pas mal d’xp don le leveling est plutôt rapide. Le jeu invite vraiment le joueur à explorer plus qu’à basher du monstre en boucle. Et ça c’est une des plus grandes qualités du jeu !

Toujours dans la partie jouabilité, Star Ocean 6 est contrairement aux plus anciens épisodes, un jeu d’action Rpg où les monstres s’affrontent en temps réel sur la carte. Quid donc de la zone instancière de combat. Pour fuir, il suffira de vous éloigner des joutes, tandis qu’il sera toujours demandé de passer par la pause pour utiliser un item de soin ou une magie. Une pause bienvenue d’ailleurs puisqu’elle permet aussi de recalibrer la visée sur tel ou tel opposant.

 

Tri Ace

Nimbelung Valesti ! Ah non désolé. Bref dans Star Ocean 6, il y a des furies !

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Rebondissements efficaces et carences cinématographiques

Mais alors, que nous raconte ce nouvel épisode ? Et bien beaucoup de choses, puisque le casting est riche et soigné. Le jeu propose vraiment pas mal de personnages jouables et même des « Guest » à la Final Fantasy XII, qui s’invitent quelque temps avant de vous quitter. Chacun de ses personnages a un objectif à remplir ou une quête à mener, ils sont quasiment tous réussis. Raymond, un transporteur voyageant dans l’immensité spatiale va après son crash, partir en quête de deux amies chères, perdues pendant l’accident. Laetitia, accompagnée de son fidèle vassal Albaird, va tenter de rassembler des alliés de confiance, pour pallier à une double menace médicale et militaire grandissante qui plane sur sa patrie : Aucérius. En plus d’un Empire belliqueux et d’un ami en difficulté, d’obscures manigances vont pousser Midas à rompre un serment qu’il s’était fait à lui-même et ce qui remettra sur sa route une vieille amie. Son serment, fut celui de ne plus s’approcher du pouvoir royal pour d’anciennes querelles dogmatiques. Nina en digne fille de son père, va prendre la route afin de soigner les gens d’une épidémie dévastatrice. Voilà le portrait de certains personnages de ce Divine Force.

The Divine Force prend également le temps de poser des contextes et des situations permettant aux personnages de s’illustrer, sans tout de suite s’engouffrer dans une grosse menace globale. Ainsi Gotanda et son équipe peuvent dresser des situations et mettre en place des dialogues teintés d’humour bien senti, et de moments d’intimité entre les personnages. Cela permet au joueur de s’attacher à cette équipe de braves. À noter cependant que le jeu s’embarque à partir d’un certain moment de l’aventure dans des situations plus ambitieuses, et donc qui demandent une mise en scène plus sophistiquée que de simples dialogues. Et c’est là que Tri Ace tousse pas mal, puisque les passages illustrant des enjeux militaires d’envergure ont du mal à convaincre. Des batailles rangées mal filmées, des discours à une foule censée être là et qui se résume à 4 personnages, des ellipses parfois grossières et tout un tas d’autres détails dommageables écornent la crédibilité d’un scénario pourtant intéressant et bourré de rebondissements.

Point intéressant, le jeu à la manière de The Second Story, va proposer également le choix du personnage principal, impliquant de fait, des différences dans le cheminement. Si vous choisissez Laeticia native de sa planète, ou bien Raymond le voyageur de l’espace, certains passages divergeront. Une idée vraiment sympa.

 

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Mais oui qu’est ce que c’est !?

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L’infatigable Motoi Sakuraba, lui aussi est toujours au rendez-vous pour Star Ocean. Et on peut dire que cette saga doit lui tenir profondément à cœur car, encore une fois, il signe un score de très grande qualité. Les univers musicaux sont variés, tout comme les sonorités et les instruments. De musiques expérimentales à base de percutions tribales en sonorité world musique, de rock progressif destructeur, en envolées symphoniques, on retrouve immédiatement l’identité Star Ocean. Et contrairement à un Tales of Arise qui disposait d’une bande sonore ronflante et très mal exploitée, ici chaque thème est à sa place et habite le lieu, le moment ou la scène qu’il faut.

 

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Les souvenirs sont illustrés par des dessins au sépia

 

Le test a été réalisé sur Playstation 5 avec un exemplaire digital fourni par l’éditeur Square Enix.

CONCLUSION
C’est donc un agréable retour de Star Ocean que The Divine Force. Dès les premières heures de jeu, en fidèle de la série, l’on comprend qu’on est comme à la maison et que les étoiles n’ont pas été aussi radieuses depuis un sacré moment pour Star Ocean. Malgré d’évidents soucis évoqués plus haut, mais dont on peut s’accommoder compte tenu des qualités venant contrebalancer les choses, la magie opère. Au fur et à mesure que l’aventure progresse, on se surprend même à se dire qu’on ne s’était pas autant éclaté sur cette série, depuis le fameux épisode 3 Till The end of Time. Avec ses idées de Game design, son scénario réservant quelques belles surprises et son univers façonné avec amour, Star Ocean The Divine Force n’est peut-être pas un AAA flamboyant, mais il n’en reste pas moins un titre sincère et fait avec passion malgré des moyens visiblement limités. Un jeu généreux dès qu’il le peut, à l’image d’un studio historique qui a connu des heures de gloire et d’autres plus sombres mais qui a toujours su garder son identité créative.
EVALUATION DE LA REDAC
Son
9
Graphisme
7.5
Animation
5.5
Jouabilité
7.5
Intérêt
8
Les plus
  • Un Motoi Sakuraba au rendez-vous pour une bande-son très réussie
  • Certains décors ont vraiment la classe
  • La dynamique de l'exploration et des combats
  • Un groupe de personnages attachants
  • Le Chara design de Akiman
LES MOINS
  • Une ergonomie des menus bordéliques
  • Quelques bugs graphiques et d'interface
  • Un rendu parfois inégal des environnements
  • Certaines cinématiques mal fichues écornent l'intensité du propos
7.5
10
Super

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Merode
Amateur de Rpg et de tout ce qui dispose de près ou de loin d'une barre d'expérience et d'un scénario. Fasciné également par la Jap'anim de l'ancien temps, où les celluloïds s'agitaient devant une caméra pour raconter des histoires.

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