ART OF RALLY

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Fraîchement débarqué sur les Xbox et sur le GamePass, et d’ici peu de temps dans toutes les bonnes crèmeries, Art of Rally a réussi le petit exploit de me réconcilier avec les jeux de courses, là où Gran Turismo, Forza Motorsport et autres DIRT Rally m’en avaient dégouté. Chronique de l’ascenseur émotionnel vidéoludique de mon été.

Quand je vous dit qu’il n’y a que des voitures légendaires !

Cœur de joueur.

Pourtant, avec ses graphismes “low-poly”, sa vue du dessus, et un nombre de circuits et de véhicules restreints, le dernier né des studios Funselector Labs Inc. ne part pas favoris pour la course au jeu de l’année. De plus, sorti il y a un an sur PC, on ne peut pas dire qu’il ait fait grand bruit, si ce n’est pour le charme bien réel de ses atours esthétiques. Et n’aimant pas me gâcher le plaisir de la découverte d’un jeu, la courses au test et autres “vidéos découvertes” n’est pas mon sport favori. Mais aller savoir pourquoi, les trailers contenaient un je-ne-sais-quoi qui m’avait plu à l’époque. Entre le choix du rallye et l’apparition des Lancia Stratos et Delta, mon petit coeur de joueur élevé au Sega Rally s’est évidemment affolé. Et il faut bien avoué que l’ère Xbox One/PS4 n’a pas été des plus brillantes pour les jeux de bagnoles plus défoulant que frustrant (des jeux d’arcade quoi !!). A mon grand désarroi, le réalisme à tout prix, le pilotage “comme en vrai” ont pris l’ascendant sur la folie d’un Scud Race ou d’un Ridge Racer. Burnout et Need for speed ne survivent que grâce à leurs remasters et ce sont les jeux indés qui maintiennent le genre en vie, comme avec le ôôôôh combien sympathique Hot Shot Racing. Rapidement, Art of Rally est annoncé sur Xbox Game Pass, il ne me restait plus qu’à prendre mon mal en patience pour enfin replonger dans l’un de mes genres de jeu préféré.

Mais bref, tout cela pour en arriver à ce jour où enfin j’ai pu mettre la manette sur ce jeu. Premier contact : une discrète mais sympathique music Synthwave à l’ambiance “so 80′”, une vue du dessus qui me rappellent ces furieuses heures passées sur Néo Drift Out et l’aspect presque “Micro Machinesque” de sa plastique, j’ai déjà le sourire. L’intro qui nous met face à un Bouddha nous prodiguant de précieux conseils dont un déjà culte “les arbres ne sont pas tes amis”. Tout cela sent bon le fun et le décomplexé. Tout cela sent bon l’arcade dans ces grandes heures. Sauf que, amorcé le premier virage, le doute n’est plus permis : Art of Rally n’est PAS un jeu d’arcade !!!!

ce public qui s’écarte dangereusement devant vous … Grisant !!

Ne jamais se fier aux apparences !

S’il est une chose que le jeu nous apprend très vite, c’est qu’une voiture, même avec un gros moteur, c’est lourd. Très lourd. Même au volant d’une Austin Meanie (Funselector Labs n’a pas les licences officielles), on a plus l’impression de conduire une camionnette qu’un monstre avaleur de bitume ! En plus, la réalisation laisse à désirer : du clipping pointe le bout de son nez (un hommage à Daytona USA sur Saturn ? il ne peut en être autrement), les ombres s’affichent tardivement, les écritures dans les menus se chevauchent les rendant presque illisibles parfois, et les trophées/succès ne sont même pas traduits. le 60 FPS à beau être constant (testé sur série X), l’ensemble est indigne d’une réalisation sur nos machines nouvelle génération, oserai-je dire à peine digne d’une Switch !! la déception est grande, ma relève potentielle de Sega Rally vient de faire un tout-droit direction le ravin…

Mais, car il y a toujours un mais, malgré tout, je retrouve ce sentiment, le je-ne-sais-quoi des trailers qui me faisait vibrer. Ce mode exploration qui nous introduit au jeu, et qui nous permet de déambuler dans un mini openworld à la recherche des lettres R-A-L-L-Y et de cassettes audios est plutôt amusant. Ce mélange de Forza Horizon et de Tony Hawk’s Pro Skater nous familiarise de bien belles manières avec les rudiments du pilotage de notre bolide. Et de l’entrainement, il va en falloir car ce n’est là que la partie immergée de l’iceberg.

En effet, les premiers rallyes sont plutôt laborieux, notamment à cause de véhicules aussi lourds que lents. Art of Rally veut nous faire revivre l’âge d’or du Rallye, aussi le groupe 1 est un passage obligé marquant les débuts des courses comme nous les connaissons aujourd’hui. Mais les voitures participantes, que l’on les reconnait au premier coup d’oeil tant la modélisation, aussi simple soit-elle, a bénéficié d’un grand soin, sont loin d’être des fusées. Par contre c’est un excellent moyen d’apprivoiser ce gameplay, certes exigeant mais sans pour autant verser dans la simulation pure : comprenez par là que le mode de propulsion, les revêtements des pistes, les conditions météo ou encore votre propension à câliner les arbres et les maisons auront des conséquences sur la maîtrise de votre véhicule. Par contre, même si on peut paramétrer la réactivité et la sensibilité de la manette, ne comptez pas mettre les mains dans le moteur, changer les pneus ou autres réglages mécaniques, ils sont aux abonnés absent. Tout comme il ne faudra pas non plus compter sur un roadbook précis récité par votre co-pilote, ce qui vous fait comprendre le choix de la vue aérienne pour anticiper toute trajectoire. Mais l’arrivée des courses des groupes 3 et 4 va vraiment réveillé le pilote qui est en vous : les portes des sensations grisantes du pilotage à haute vitesse, au volant de légendes automobiles que sont les Lancia Stratos, Renault R5 turbo et toutes leurs amies, s’ouvrent à vous.

la conduite de nuit dans la neige, aussi délicate que visuellement magnifique

Délestée des austères heures passées au stand à vérifier les télémétries ou ses interminables réglages de suspension qui n’attirent que les puristes les plus acharnés et les pilotes E-Sport, Art of Rally va droit au but : nous faire ressentir le plaisir de la conduite. Et malgré mon éternelle préférence pour les jeux pied au plancher et dérapages décérébrés, il faut avouer que j’ai rapidement accroché puisque, une fois la maniabilité assimilée, les voitures répondent au doigt et à l’oeil et enchaîner les virages est un vrai plaisir de tous les instants mais réclame aussi une concentration de tous les instants : le célèbre “facile à comprendre, difficile à maîtriser” tant recherché. Le tout est enrobé d’une ambiance sonore très efficace en ce qui concerne les respectueux bruits de moteurs et autres freins qui grincent, à défaut là encore d’être réalistes. Ajoutez de très jolis effets de lumières lors des épreuves de nuit ou au soleil couchant et les défauts cités précédemment apparaissent finalement sans graves conséquences; vous serez plus souvent amusé par le public, modélisé comme des bâtons de colle UhU, qui s’écarte en fonction de votre trajectoire que dégouté par les légers problèmes techniques. Sauf peut-être pour la non traduction des trophées, là, c’est scandaleux. Et si le contenu paraît un peu light, la qualité est au rendez-vous : les environnements sont superbes et variées, et les spéciales sont générées de façon aléatoire : toutes les routes se trouvent dans les mini mondes du mode exploration, mais les tracés choisis sont toujours différents. Il en va de même pour les voitures, une petite cinquantaine mais composée majoritairement de vrais mythes sur roues, soigneusement choisie car toutes sont porteuses d’un symbole du rallye. Et pourquoi proposer 100 voitures dont 97 avec lesquelles vous ne jouerez jamais, alors qu’une sélection plus restreinte mais tellement plus judicieuse fait largement mieux ?

 

Surprenant. Ne vous fiez pas à son aspect simpliste et épuré, car Art of Rally est un jeu de course plus exigeant que tolérant. Mais c’est aussi un jeu de bagnoles se voulant accessible malgré tout. Sa plastique singulière et attirante, son ambiance, et surtout son gameplay très accrocheur offrent de très bonnes sensations. Art of Rally est une vraie déclaration d’amour au sport mécanique qui ne demande qu’un petit coup de polish au niveau technique pour parfaire le tableau. Différent dans son approche de la simulation, il s’ouvre ainsi au plus grand nombre sans se laisser dompter facilement non plus. Un petit bonheur frais qui fait du bien dans le monde des jeux de course qui se prennent parfois trop au sérieux.

Les plus

  • un gameplay vraiment agréable et accrocheur
  • Un charme graphique unique
  • Du contenu pertinent à défaut d'être pléthorique
  • Conduire la 205 T16, quel pied !!!

Les moins

  • Des problèmes techniques inadmissibles en 2021
  • Les licences officielles absentes, mais bon... pas très grave non plus
  • Vivement du contenu supplémentaire
7.8

Bien

Son - 8
Graphisme - 7
Animation - 7
Gameplay - 9
Interet - 8
Note moyenne utilisateur
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