BAYONETTA

MEGATEST
PC PS3 SWITCH WII U XBOX 360

Suite à l’explosion en vol du Capcom 5 à la fin de la génération 128 bit et de la fermeture du studio Clover à qui l’on doit le magnifique Okami, les sales gosses de chez Capcom avec en tête Hideki Kamiya et Shinji Mikami, décidèrent de se faire la malle. De cette échappée, découla la fondation d’un studio qui pèse aujourd’hui bien lourd dans le monde du jeu vidéo. Ce studio c’est Platinum Game. Reparti de zéro, ce groupe de concepteurs japonais prêts à tout pour conserver leur liberté de ton, trouva le soutien chez une marque que l’on connaît bien et que l’on aime tous : SEGA. En se plaçant comme éditeur de Platinum, SEGA assura d’offrir au studio, les moyens nécessaires pour faire des jeux d’envergure. Ainsi Platinum et Sega signèrent un partenariat visant à livrer 4 jeux sous leur bannière. L’un de ces jeux, un projet sous la tutelle d’Hideki Kamiya, bien décidé de continuer à explorer le genre Beat them up 3D qu’il a fait sortir de terre, quelques années auparavant avec Devil May Cry, se nommait Bayonetta. Les 3 autres titres furent Vanquish réalisé par Shinji Mikami, Infinite Space, un jeu de rôles à l’ambiance spatiale, destiné à la Nintendo DS, et le dernier Mad world un beat them up en noir et blanc, chapeauté par Tokuro Fujiwara, produit par Atsushi Inaba et scénarisé par le légendaire Yasumi Matsuno, lui aussi à l’époque fraîchement débarqué de chez Square Enix suite à l’insoutenable tension générée pour imposer sa vision sur l’Arlésienne d’alors : Final Fantasy XII.

 

 

Vengeance en talons hauts

Maintenant que le contexte est posé, parlons de la vénéneuse Bayonetta, sorcière en talons hauts, aux courbes généreuses et aux jambes interminablement longues et élégantes, à en faire pâlir la superbe Jeanne du film Belladonna d’Eichii Yamamoto. Aussi décomplexée que puissante, cette magicienne à la chevelure d’ébène se retrouve amnésique après des années de sommeil dans un cercueil scellé magiquement depuis trop longtemps. Revenue dans notre monde aujourd’hui modernisé, Bayonetta va immédiatement se retrouver au cœur d’une guerre dans laquelle elle tient sans encore le savoir, un rôle-clef. Une guerre entre le ciel et la terre, entre l’ombre et la lumière, entre les magiciennes d’Umbra et les sages de Lumens. Une guerre de genres, qui symbolise également la confrontation du païen incarné dans les sociétés féodales du passé par les femmes guérisseuses appelées aussi sorcières, et une structure cléricale profondément misogyne structuré à travers une organisation soutenue par les rois et les papes : l’inquisition.

Le ton dont disposait déjà Devil May cry, volontairement humoristique, quelque peu provoque et série B, se retrouve dans Bayonetta malgré ce sujet. Et même si la toile de fond évoque un sujet assez dur, le jeu amène une ambiance légère où l’enfer est représenté et incarné par des antagonistes plutôt cool et qui sont finalement bien plus occupés à refaire le monde devant une bouteille de Jack Daniel, que de faire rôtir les âmes damnées. Rapidement, la quête de notre héroïne, va la mener jusque dans la ville de Vigrid. Vigrid est une ville où se côtoient Art nouveau et architecture inspirée de la Venise italienne. Cette cité mystérieuse surplombée d’une immense montagne, va être le lieu principal d’une bonne partie du jeu. Notre beauté toute de cuir vêtue, y fera la rencontre de Jeanne, une femme aux pouvoir similaires aux siens, mais arborant un intégrale rouge venant soutenir sa belle chevelure argentée. La mystérieuse rivale semble être à la solde des Lumens puisque avec elle, débarque toute une légion d’Anges ne désirant qu’une chose, détruire cette créature impie qu’est Bayonetta. C’est de cette situation que vont s’emballer les engrenages amenant vers une lutte totale des deux forces en place.

Punition d’outre-tombe à l’heure de l’Angelus

 

 

Danses macabres

Si Bayonetta a des côtés très provocateurs et joue clairement sur son sex-appeal, en matière de prestance scénique, les gigantesques anges du Lumen ne sont pas en reste. Ils sont représentés comme cruels et peu enclins au pardon et à la bénédiction divine, à moins de passer au préalable par une longue étape préparatoire de souffrance et d’expiation des péchés. Cette pondéralité due à une surcharge d’or et de volutes en tous genres, écrase littéralement le regard lors des affrontements les plus impressionnants. Des Boss gigantesques envahissent l’écran et explosent au sens premier du terme les décors du jeu, amenant ainsi des combats aériens d’une rare intensité. Des combats inoubliables n’est quasi-jamais vue dans un jeu vidéo d’action de ce type. Et si Platinum Game se permet de mettre en place de tels affrontements, c’est bel et bien parce que le gameplay développé en amont est d’une solidité à toute épreuve.

Des Boss qui pèsent !

 

 

 

Bayonetta est une évolution débridée et très aérienne du gameplay de Devil May Cry. Les items de guérisons et de boost des pouvoirs, sont remplacés par des sucettes aux saveurs et effets divers. On retrouve bien-sûr, tout un bagage d’armement que notre ballerine démoniaque peut équiper pour se défendre et qu’on débloque au fil de l’aventure. Le terme ballerine n’est pas là par hasard, puisque toute la palette de mouvements dispose d’animations particulièrement soignées et qui se relèvent être proches plus de la chorégraphie, que du bête combat corps à corps. Bayonetta a la vitesse d’une gazelle et dispose d’une souplesse impressionnante lui permettant se s’équiper d’armes aux mains, mais également aux pieds ! Entre mouvements de capoeira virevoltants, où les balles de revolver fusent à 360°, les sessions de pole danse à grands coups de katana, les combos s’enchaînent et l’effet à l’écran est saisissant. Rarement un jeu n’aura disposé d’une palette de mouvement aussi dingue pour cette époque-là et ce, sans que la caméra ne soit jamais larguée. Légère comme une plume, et telle une fée nocturne ouvrant de façon éphémère ses ailes de papillon le temps d’un battement, Bayonetta se hisse sans mal grâce à un double saut, sur les hauteurs des multiples niveaux de jeu. Au sol, elle sillonne à la manière d’une patineuse à travers des légions d’ennemis déployés pour la châtier comme il se doit. Mais en matière de châtiment et de punition, notre sorcière est plus dominatrice que dominée. Comme un pied-de-nez à toutes ces femmes torturées sous l’inquisition, Platinum Game imagine des finish dévastateurs passant par le matraquage de boutons, inspirés des supplices les plus cruelles de cette époque dogmatisée et pleine de superstitions. Vierge de fer, supplice du pal, du chevalet ou encore de la roue, toute l’ingéniosité déployée par l’homme pour faire souffrir son prochain y passe. Et que dire de ces moments, où acceptant de se dévoiler nue, la belle ouvre la porte des enfers grâce à sa chevelure magique, afin d’invoquer un démon titanesque, capable de dévorer les plus grosses de ses proies dans des QTE de fin de niveaux délirants.

Dernier point de gameplay et non des moindres, l’esquive. Par un procédé de temps ralenti, si on presse la gâchette au moment où le personnage s’apprête à recevoir un coup, Bayonetta esquive par une roulade avant de pouvoir contre-attaquer dans un laps de temps réduit où tout est au ralenti et où la couleur de l’image change. Système absolument grisant et addictif une fois maîtrisé, Le « Witch Time » de son nom, est la clef du succès de nombreux combats et surtout si vous visez la meilleure note à chaque fin de stage.

Supplices en tous genres et gunfight en talons hauts !

 

 

Les portages

Au départ, Bayonetta a été développé à destination de la console XBOX 360, néanmoins Sega a assuré le portage du jeu sur la Playstation 3. Mais ce portage amena pas mal de problèmes techniques comme des ralentissements et du tearing, partiellement corrigés par un paquet de mises à jour. Depuis, le jeu a été porté sur Wii U et sur Nintendo Switch puisque sous la tutelle de Satoru Iwata, Big N fut désireux de récupérer la série délaissée par Sega suite à des ventes jugées trop faibles des jeux Platinum Game crées sous leur bannière. Ainsi Bayonetta 2 pu voir le jour et connaître un succès plus à la hauteur de sa grande qualité et pour cela on ne remerciera jamais assez Satoru Iwata à qui on doit beaucoup et pas que pour Bayonetta !

Don’t fuck with a witch !

 

 

Bayonetta ou la vengeance vidéoludique et fantasmée des sorcières, après des siècles d’inquisition et d’oppression ecclésiastique. Et quelle vengeance! Violente, sensuelle et hypnotique, cette maîtresse dominatrice toute de noir vêtue est capable des pires punitions, inspirées de sévices à la flamme bien moyenâgeuse. Icône féminine du jeu vidéo qui n’a pas son pareil, Bayonetta est l’actrice principale de ce qui se qui se fait de mieux en matière de beat them up 3D. Une aventure dans laquelle elle va mener une lutte implacable contre un panthéon angélique du nom de Lumen. Avec ce titre, Platinum Games s’imposa comme un acteur incontournable du jeu vidéo. Grâce à une direction artistique soignée, et un gameplay aussi flamboyant que précis, le jeu déroule des boss gigantesques à punir par des combos dévastateurs s’adaptant aux armes équipées aux mains et aux pieds, se concluant dans des finish démoniaques où la sorcière nous dévoile tout ou presque. Sans oublier une bande-son éclectique et très riche, allant du Jazz lounge à la japonaise comme on peut en entendre dans les clubs tokyoïtes jadis enfumés, jusqu’aux cœurs angéliques, en passant par de l’électro planante… Impressionnant de précision et de lisibilité, malgré une caméra en mouvement perpétuel, Bayonetta est un jeu insolant, créant un précédent dans le genre Beat them up 3D, puisque une fois la fameuse “Witch Time” maîtrisée (esquive ralentissant le temps), cela apparaît à la manière de la roulade de Dark Souls, comme une évidence de gameplay, dont on n’a maintenant bien du mal à se passer dans ce genre de jeu.

Les plus

  • Bayonetta aussi extravagante que cinglée
  • Le gameplay dans sa globalité
  • Les Boss titanesques issues d'une direction artistique soignée
  • Les animations du personnage
  • Les clins d'œil à Sega comme les anneaux de Sonic

Les moins

  • En version inférieure sur Playstation 3
  • Certaines textures un peu vilaines
9.5

Incontournable

Son - 9
Graphisme - 8.5
Animation - 10
Gameplay - 10
Interet - 10
Amateur de Rpg et de tout ce qui dispose de près ou de loin d'une barre d'expérience et d'un scénario. Fasciné également par la Jap'anim de l'ancien temps, où les celluloïds s'agitaient devant une caméra pour raconter des histoires.
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