CHIVALRY II

MEGATEST
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La brume s’installe dans la plaine de Wardenglade.. Je rampe péniblement sur les tripes de mes ennemis, entre les corps démembrés de mes alliés. Je dois tenir en attendant la troupe de fantassins qui arrive au loin. Je les entends, ils hurlent pour se donner du courage et tenter d’être menaçants… En vain. Nous ne sommes plus que 15 contre 41 d’après le HUD. Beaucoup de sang a coulé dans mes rangs. Un archer ennemi arrive à proximité et s’apprête à cueillir mes frères d’armes. Il est de dos –proie facile. Je me traîne jusqu’à lui et le termine à mains nues. Cet effort ultime me fait tourner de l’œil, je me sens partir, j’ai du Manau dans la tête. Vient alors cet homme de l’avant-garde qui me soigne et me relève. Je ramasse une pelle non loin et courre beuglant de ma voix aigüe. Je vois les rouges qui accourent en hurlant, je vois la peur dans les yeux de mes compagnons, je vois une poule qui m’arrive en pleine mouille… Puis plus rien… Arrive alors le ranking de la partie.

Montjoie ! Saint Denis !

Médiéval ouarfaire

Chivalry II est un jeu d’affrontements que l’on pourrait situer à l’époque du Roi Arthur et consorts. Un univers régit par des affrontements violents opposant deux maisons : les Masons et les Agathiens. C’est une expérience basée essentiellement sur le multijoueur, une collaboration avec un grand nombre d’inconnus dont il faudra savoir tirer finement parti pour s’assurer la victoire. Il aura fallu près d’une décennie pour que Chivalry II pointe le bout de son nez. Le premier avait eu son petit effet, il avait su poser un style jusqu’alors peu populaire. Sa suite va dans la même direction, offrant une expérience plus immersive. Les sensations sont clairement plus perceptibles et les classes que le joueur peut camper ont toutes un rôle important sur le champ de bataille. La possibilité de s’éclater la margoulette jusqu’à 64 joueurs donne un ton clairement épique aux affrontements. Vous poussant à réfléchir à deux fois avant de vous jeter dans une mêlée, redoutant une vague sournoise de l’ennemi. Car si aux premiers abords on pourrait se dire qu’il s’agit d’un défouloir irréfléchi, le jeu parvient à proposer un gameplay surprenant où le positionnement et le bon sens sont bien plus importants que les coups donnés. Le résultat est plus réaliste, violent et surtout bénéficie d’un game-design subtil qui invite à rejouer différemment à chaque fois, tant les maps fourmillent de détails et passages. En bref, les p’tits gars de chez Torn Banner Studios ont su tirer les leçons sans oublier les forces de ce qui caractérisait Chivalry, tout en corrigeant et poussant les curseurs au maximum.

JE NE MANGE PAS DE GRAINES !

Pour manier l’épée, pas besoin de quarts de cercles ou autres combinaisons de touches. Seuls 3 types de coups sont disponibles : horizontaux, verticaux et coups d’estoc. En fonction de la longueur du type engagé, vous pouvez également activer un coup plus brutal. Vous avez également la possibilité de donner un coup de pied à l’adversaire en plein combat ou pouvez l’assommer avec la garde de votre épée. Tout est bon pour déstabiliser l’ennemi, y compris lui jeter son arme en pleine poire. Même si l’ensemble des contrôles en combat semble très restreint, il n’en demeure pas moins riche après quelques heures. En effet, rien que le fait d’accompagner un coup donné avec la souris offre une plus grande variété de coups dans la mesure où ceux-ci auront plus de portée et de force.

Bien qu’efficace quand elle est maîtrisée, votre garde n’est pas infinie et demandera une attention de chaque seconde

Les déplacements ne sont pas en reste, vous pouvez dasher en avant et arrière et esquiver les coups latéralement, pratique lorsque votre épée est d’une portée ridicule face à une lance. Enfin, le système de garde est soumis aux mêmes premières impressions que l’attaque. Passé quelques heures de jeu, la défense se révèle subtile et peut devenir la pierre angulaire de votre stratégie de combat, notamment grâce à un astucieux système de contres. Evidemment, il sera salutaire de savoir lire chez l’ennemi le type de coup donné pour au mieux y répondre. Et c’est sur ce point que vos premières heures de jeu seront très punitives. Bien qu’efficace, la garde vous paraîtra buggée à certains moments mais il n’en est rien. Cette phase défensive du gameplay, tout comme l’offensive demandera une grande précision. Le pire : quand vous penserez lire parfaitement l’attaque de l’adversaire à la frame près, vous ferez la douloureuse connaissance des feintes que l’ennemi peut engager via un procédé de « cancels » d’attaques. Redoutable… Tout ceci ne pourra être maîtrisé si vous ne gérez pas votre endurance et la tenue de votre garde qui n’est pas infinie. Et tout ce que vous venez de lire tient en un tutoriel de dix minutes auprès d’un maître d’armes, un entraînement des suites duquel vous serez jeté sur le champ de bataille.

 

Avec une flèche en plein cœur, on jauge mieux les distances

Si votre but c’était de séduire les dames fallait faire chevalier, c’est tout !

Dans chivalry II, vous avez la possibilité de camper quatre classes différentes. Des classes qui s’étofferont au fil des niveaux gagnés. Comme dit plus haut, chaque type de personnage a son importance, à commencer par l’archer. Même s’il est clairement le plus faible en PV, la possibilité de faire des dégâts de loin en fait un combattant précieux. Pouvant grâce à sa précision, affaiblir sérieusement une horde ennemie peut avant la mêlée. En montant de niveau, vous pourrez utiliser une arbalète voire un javelot. Evidemment s’il se retrouve en situation de corps à corps, c’est souvent l’affaire de coups bien placés pour en venir à bout. D’où l’importance de bien se positionner et de maîtriser ses déplacements. Le Chevalier, est souvent le choix privilégié des débutants. En effet, bénéficiant d’un nombre de PV conséquent (malgré un déplacement plus lent que la moyenne) il sera un peu plus difficile à vaincre. Comme pour toute autre classe, au fil des niveaux vous gagnerez en compétences. Des compétences telles que le lancer de grenades incendiaires ou le port de bannière, qui soignera tout allié à proximité. La possibilité de porter un bouclier en fera un excellent tank lors d’assauts de forteresses, vous permettant de vous protéger vous et alliés des flèches, etc. Si vous aimez faire voler les têtes tout en cavalant de long en large dans les rangs ennemis, l’avant-garde est faite pour vous. Bien que très vulnérable aux flèches, cette classe fait partie des plus rapides du jeu et porte de sérieux dégâts quand elle est bien maniée. La caractéristique « pillard » vous permettra de porter deux armes à la fois, faisant de vous une vraie machine ou la « trompette » vous permettra de soigner vos alliés. Une des classes les plus intéressantes. Enfin, le fantassin n’est pas à sous-estimer. Même si de prime abord il semble faire office de chair à canon, les armes dont il dispose vous procurent une portée redoutable. De plus, la possibilité de poser des pièges ou autres barricades peut complètement renverser le cours du jeu en faisant emprunter à l’ennemi d’autres chemins. Des chemins à l’avantage de votre armée, vous offrant l’opportunité de tenter diverses embuscades.

Parfois, au profit de l’histoire vous serez amené à camper le rôle d’un pégu

Pimp my knight

Au fil des batailles disputées, vous amasserez des pièces d’or. Celles-ci vous permettront surtout d’acheter des éléments esthétiques afin de peaufiner la trogne de votre personnage selon sa classe. De la forme du visage à l’armure portée, en passant par l’allure de votre arme, le jeu offre un choix plutôt large. A savoir que des DLC futurs devraient garnir le tout. Certains ensembles d’armure se débloquent moyennant de l’argent réel, c’est le cas de ces chevaliers étincelants que vous apercevrez avec un heaume garnit de plumes. Aucune de ces améliorations visuelles n’aura un impact sur vos caractéristiques de combat, si ce n’est le fait d’avoir ou non un casque. Dès lors, il sera déterminant de rendre votre personnage le plus badass possible, il faudra qu’il tranche avec tous les autres sur le champ de bataille. Pour qu’une fois lancé dans le combat les joueurs ennemis vous reconnaissent et vous craignent. Un petit conseil : évitez les barbes massives et les tresses Viking, c’est clairement le premier choix de tout le monde. A la rigueur, partez dans le sens inverse. Adoptez un style ridicule, avec une tronche à dormir dehors. Quand votre opposant vous tombe il vous prendra pour un PNJ. Mais quand l’inverse se produit il n’y a pas pire humiliation que de se faire défroquer par un type qui ne ressemble à rien.

 

Toi, t’as pas une gueule porte-bonheur !

NONE SHALL PASS

Etant un jeu basé sur le PvP, les maps sont taillées pour l’affrontement et ne sont révolutionnaire en rien pour qui passe le plus clair de son temps à dominer du joueur peu importe le jeu. Néanmoins, tout comme le gameplay qu’il propose, Chivalry II s’avère subtil à ce sujet. En effet, les vastes plaines sur lesquelles croiser le fer vous offrent d’autres choix que de courir tout droit et proposent bon nombre de sentiers détournés pour prendre l’ennemi de flan ou à revers. Il en va de même avec tout une variétés d’objets que vous pourrez utiliser à loisir, de la pelle laissée par l’adversaire à la catapulte (oui oui).

Mauvaise idée numéro 42

Alors que certaines cartes jouées reposent sur une configuration de type « last man standing », d’autres maps tablent sur une progression à objectifs tels que la prise d’un château, d’un village, etc. Que l’on soit assaillant comme assailli, le déroulement demeure riche en imprévus et retournements de situations. Mention spéciale à The fall of Lionspire. Clairement épique quand on est assaillants, plus particulièrement sur le pont où je n’ai jamais vu autant de tonneaux et de poules tuer des malchanceux. La possibilité de s’affronter en arène comme dans les plus grands péplums aura aussi un intérêt et vous promet de belles crises de rire. Car oui, c’est punitif, sévère, technique et même injuste parfois… Mais qu’est-ce que l’on rigole. Qu’il s’agisse de gaffes de vos frères d’armes, de leurs mésaventures avec une baliste ou d’une exécution humiliante malgré vous (tuer un ennemi au sol avec un kit de soin), tout est un prétexte au rire. Chose qui tranche terriblement avec la violence du champ de bataille, vous croiserez des alliés qui se disputeront la place du meilleur troll ou des adversaires à 100% dans le roleplay vous provoquant verbalement avant d’attaquer.

I believe I can fly

Tu ne sais rien Jean Neige

Malgré tout si vous souhaitez survivre un bon moment et tomber l’ennemi, vous devrez le faire en équipe. Si vous êtes du genre solitaire à accumuler les kills, désolé mais vous vous êtes trompé de jeu. Il y a rarement des héros et vous n’en serez pas un lors de vos premières heures de jeu. Il sera essentiel de vous tenir aux côtés de vos alliés, de sorte à taper quand ceux-ci déferont la garde de vos ennemis et vice-versa. Vous apprendrez non sans peine que taper comme un bourrin vous épuisera, blessera vos compagnons et fera de vous une proie facile. Le maître mot : temporisez. En plus d’être amusant, jouer à Chivalry ll avec des amis sera très confortable. Même si parfois il est difficile de les retrouver dans la bataille, adopter une stratégie en tenant compte de vos classes et de leurs forces fera de vous une escouade redoutable. Car c’est bien via l’effort collectif que les parties se gagnent notamment avec le système d’objectifs que le jeu impose sur une grande partie des maps. Et c’est plutôt bienvenu quand on connaît l’appétence de certains à camper pour du point facile. Les phases de jeu invitent au mouvement, à juste titre jouer archer pour commencer est une fausse bonne idée tant les objectifs vous promènent et trouver un point ou vous êtes inatteignable sera chose rare.

A la pêche aux poules poules poules

Chivalry ll est un coup de fraîcheur dans un milieu où le PvP est bien souvent (et à tort!) réduit à des jeux tels que Warzone et autres (les exemples ne manquent pas) se ressemblant peut-être un peu trop. Même si l’expérience n’est pas des plus inédites non plus (nous pensons à Mordhau par exemple) ce jeu saura satisfaire autant les joueurs souhaitant élargir leur expérience de l’affrontement que les passionnés. Visuellement, le jeu n’a pas à rougir du tout et reste très bien optimisé, y compris pour les configurations les plus modestes (telles que la mienne). Le rendu et l’ambiance sonore sont travaillées et même si les musiques ne resteront pas en tête à l’inverse du bruit du fer croisé sur le champ de bataille on adhère à 100%. Néanmoins, le jeu se traîne malgré lui quelques casseroles. A commencer par les hitbox qui ne sont pas seulement une question de précision parfois.  Il y a aussi ces nombreux problèmes de connexions aux serveurs ou l’impossibilité de créer correctement un groupe avec des amis sans devoir relancer le jeu plusieurs fois. Malgré tout, nous en sommes aux balbutiements du jeu qui à l’heure où je pose ces lignes n’a pas encore 1 mois au compteur et les développeurs travaillent dur pour optimiser le tout. A savoir que des modes de jeux supplémentaires tels que les joutes et autres cross-plateforme fonctionnels devraient arriver sous peu.

 

Les plus

  • L'ambiance
  • Le gameplay plus subtil qu'il n'y paraît
  • Le nombre de classes et d'évolutions
  • Les maps
  • Le rire

Les moins

  • Quelques problèmes de Hitbox
  • Quelques soucis de connexion
8.2

Super

Son - 7
Graphisme - 8
Animation - 8
Maniabilité - 9
Intérêt - 9
[Redacteur tests et surtout fan de SEGA]
Note moyenne utilisateur
8.4
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