FINAL FANTASY IV – PIXEL REMASTER

MEGATEST
PC STEAM

On ne compte plus le nombre de fois où Final Fantasy IV a été remaké, porté, réédité… Game Boy Advance, Wonderswan, Playstation, PSP… Le jeu d’Hironobu Sakaguchi a marqué son public en 1991, et Square le sait très bien et logiquement en profite. Cette année, une fois de plus, ce 4e numéro de la saga aux cristaux fait peau neuve, avec une refonte visuelle baptisée Final Fantasy IV Pixel Remaster. Cette démarche Pixel Remaster, vise à revisiter les 6 premiers Final Fantasy, dans un rendu semblable à ce que Square produisait à la fin de l’ère Super Nintendo, tout en profitant de divers ajouts plus modernes, comme des musiques réorchestrées de qualité CD, des magies totalement refaites, et tout un tas d’autres détails qui donne aux plus anciens Final Fantasy un cachet certain et un coup de jeune tout en respectant le matériau original.

Ici il ne sera donc pas question de faire un test à proprement parler de Final Fantasy IV dans son ensemble, mais bien de ce qu’apporte cette refonte esthétique du jeu. Le jeu d’un point de vue narratif/gamedesign/gameplay, a déjà été analysé sur Mega Force et si vous voulez en savoir plus, je vous invite à cliquer sur le lien ci-dessous :

Final Fantasy IV, le test

L’écran de départ de Final Fantasy IV avec le comparo Super Famicom en haut à gauche

 

 

Pour commencer, la première chose à noter, c’est son exclusivité PC et uniquement vendu en dématérialisé. Voilà un choix étrange pour un type de jeu qui aurait tellement de sens à sortir sur Nintendo Switch et même sur Ps4 et 5. Ceci étant, il n’est pas du tout impossible qu’une compilation regroupant les 6 jeux arrive un jour sur ces plateformes, puisque le rythme de sortie des jeux sur Steam se passe au compte-gouttes. Les 3 premiers opus ont été livrés d’un bloc, mais les épisodes 4 5 et 6 initialement produits sur Super Famicom sortent un à un. 

Revisite artistique

Une fois ce choix étrange de plateforme éludé, ce qui saute aux yeux dès le lancement du jeu, c’est la refonte graphique du soft. Le Pixel Art est coloré, réussi et ressemble à un rendu Super Famicom émulé qui fait honneur au jeu. Cette relecture inspirée par Kazuko Shibuya – à qui l’ont doit en grande partie la finesse de Pixel Art des Final Fantasy de l’époque 16 bit, – va permettre aux curieux et aux plus jeunes, de retrouver enfin les sensations de l’époque, tout en bénéficiant d’un jeu adapté aux résolutions des téléviseurs actuels. (Résolution qu’il est permis de changer dans les options) Après quelques ratages 2D (on pense à Chrono Trigger et aux Final Fantasy 5 et 6 version steam) ainsi qu’aux remakes DS en 3D ayant très mal vieilli, il semble que Square ai enfin trouvé un compromis qui fonctionne entre respect du passé et modernité. Cependant, même si le rendu global fonctionne bien, on déplore un problème lié au défilement de l’écran (surtout de gauche à droite, un peu moins de bas en haut) qui se peut se faire ressentir plus ou moins fortement, en fonction de votre écran ou votre carte graphique. Autre déception, le filtre scanline proposé est grossier et tente une imitation assez malhabile d’un rendu RCA d’époque. La Snes mini fait largement mieux par exemple. Ces deux défauts majeurs sont finalement bien plus dommageables que le choix de cette fameuse police d’écriture qui avait fait polémique et à laquelle on s’adapte finalement après quelques heures.

Le très discutable filtre Scanline, et encore en screenshot ça passe un peu mieux qu’à l’écran

 

 

Libéré des contraintes imposées par les machines d’époque, le travail visuel est riche en couleurs et le dessin des nombreux monstres imaginés par Yoshitaka Amano, bénéficie d’une certaine finesse. Néanmoins c’est en comparant avec l’original qu’on se rend compte que l’équipe en charge du projet Pixel Remaster a voulu conserver l’esprit des sprites d’époque, de par leur pose et leur taille (cf le screen des soeurs Magus un peu plus bas), et en y ajoutant seulement plus de variations dans la gamme chromatique. A contrario, les personnages eux semblent plus pales que leurs homologues de 91, mais gagnent également en finesse. Les vrais gagnants sont en réalité les environnements et particulièrement ceux des combats, qui prennent une dose sur vitaminée de couleurs et de détails allant jusqu’à des variations de lumière au sol et sur certaines architectures de fond, comme on pouvait en avoir sur la fin de vie de la Super Nintendo avec Final Fantasy VI ou encore Rudra Treasure. Fini également les fonds dupliqués en miroir afin de gagner de l’espace sur la cartouche, puisque la majorité des environnements de combat se voient embellis par quelques effets de perspectives et pas mal de détails environnementaux. Toutes proportions gardées bien sur, puisque l’on reste dans une démarche visuelle volontairement rétro.

Le jeu gagne beaucoup visuellement, comme ici avec ce très bel effet d’eau rappelant Final Fantasy VI et ci dessous un panorama avec un semblant de perspective atmosphérique

 

 

Il en vas de même pour toute la partie exploration du monde de Final Fantasy IV. Entièrement redessiné, l’univers du jeu fait peau neuve, avec des couleurs savamment choisies pour embellir et rendre le jeu plus vivant. Proche de son itération GBA dans sa colorimétrie – la résolution moderne en plus – c’est un plaisir de redécouvrir Final Fantasy IV de cette façon et seuls quelques lieux pouvant paraître comme assez vides sur nos grands écrans actuels, accrocheront l’œil. Les petits effets de lumière apportent chaleur et vie dans les châteaux et les cavernes. Les magies elles, brillent de mille feux et profitent au passage de quelques effets de transparences et de simili 3d, ainsi que d’ animations plus sophistiquées, dans les multiples combats au tour par tour. Des combats tous aussi âprement disputés les uns que les autres, mais qui pourront s’en retrouver allégés, grâce à l’intégration d’une commande automatique, permettant aux personnages d’attaquer seuls et plus rapidement. Bien pratique pour monter ses niveaux !

Les combats avec cet icone en haut à gauche indiquant si vous vous trouvez ou non en mode auto. Et également un autre comparo du travail de refonte des sprites avec en exemple les iconiques sœurs Magus.

 

 

Refonte musicale

Dernier point et non des moindres, la bande-son. L’idée même de l’achat de cette version Pixel Remaster ne pourrait se justifier que par l’apport sonore qu’elle propose. Jouer à un incontournable du J-RPG Super Famicom mais avec une bande-son qualité CD, cela vous parle ? Imaginons quelques secondes que l’extension CD Playstation de la Super Nintendo ait pu voir le jour et que Square ai décidé de porter ses titres dessus, en leur offrant une bande-son à la hauteur des CD réorchestrés vendus en parallèle sur le marché. Ou encore, imaginons quelques secondes Final Fantasy IV sortir sur la PC engine CD de Nec ! Et ça tombe bien car c’est l’esprit et en plus, aux vues des saccades de défilements, ça rappellera YS III aux plus anciens amateurs de J rpg. Voilà donc de quoi attirer votre attention ! Si par le biais de la scène émulation des versions MSU circulent depuis quelque temps, ce Pixel Remaster va encore plus loin. Le MSU consiste à prendre un jeu disposant d’une bande-son midi, genre Moonwalker sur Megadrive, et d’intégrer dans la Rom des pistes qualités CD à la place des fichiers midi originaux. Si pour le Moonwalker de Micheal Jackson, il suffit de puiser dans la discographie du chanteur, pour la majorité des jeux, il faut réadapter avec les moyens du bord. A savoir des versions orchestrales existantes ou des travaux réalisés par des fans. Bref, c’est compliqué et pas toujours si bien réussi que ça en fin de compte. Pour cette version Pixel Remaster, la bande-son a été intégralement revisité par Square sous la supervision de son auteur-compositeur Nobuo Uematsu. Ce sont donc des morceaux rejoués et enrichis qui habillent le jeu d’un bout à l’autre. Les petites boucles dépassant à peine la minute sur la version originale, laissent leur place à des morceaux alliant sonorités symphoniques parfois rehaussés de quelques lignes de guitare, tout en sublimant toute la sève celtique qui composent la partition. Cœurs, harpes, violons et pléthore d’instruments enchantent la quarantaine de morceaux composants ce soundtrack.

La carte, très claire puisqu’elle fait le détail des localités

 

 

Test réalisé d’après une version offerte par Square Enix que l’on remercie.

Cette mouture 2021 du classique Final Fantasy IV est donc une bonne surprise qui, passé outre son exclusivité PC/dématérialisée que l’on espère temporaire, aligne bien des arguments pour nous pousser à revivre une fois de plus la rédemption Cecil, ce chevalier noir qui tourmenté et aspirant à laver ses péchés, tendra vers la voie de la lumière sous l’influence de l’éthérique Rydia. Entièrement repensé entre tradition et modernité, Square semble enfin avoir pris conscience de son héritage rétro, en respectant le matériau originel du Pixel Art et en le magnifiant sans le détruire, comme il avait pu le faire il y a quelques années avec d’emblématiques titres de son catalogue. Enivré par une bande sonore symphonique faisant honneur aux inoubliables thèmes de Nobuo Uematsu, ce Pixel Remaster n’a d’ombre au tableau que de légères mais bien réelles saccades dans les déplacements sur la carte du monde et certains environnements ainsi qu’un filtre scanline affreux. Cependant il se rattrape avec quelque bonus comme une galerie contenant les illustrations d’Yoshitaka Amano, le bestiaire et la bande-son écoutable à la demande. En conséquence, si vous désirez faire ou refaire le jeu, cette version reste une bonne option, malgré son support et ses quelques soucis technique. Si vous êtes un incontournable du rétro sur machine d’origine, l’original conservera toujours sa saveur particulière. Si vous êtes patient, attendez une version console et idéalement Switch.

Les plus

  • Revivre Final Fantasy IV avec une bande-son symphonique
  • Un joli Pixel art
  • Un scénario toujours aussi palpitant
  • Le jeu dispose d'une version française

Les moins

  • De légères saccades lors des déplacements
  • Un police d'écriture trop petite
  • Un filtre scanline vraiment moche
  • Uniquement sur PC en démat.
7.8

Bien

Son - 9.5
Graphisme - 7
Animation - 6
Gameplay - 9.5
Interet - 7
Amateur de Rpg et de tout ce qui dispose de près ou de loin d'une barre d'expérience et d'un scénario. Fasciné également par la Jap'anim de l'ancien temps, où les celluloïds s'agitaient devant une caméra pour raconter des histoires.
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