GRANDIA II

MEGATEST
DREAMCAST PC PS2 SWITCH

Se plonger dans un Grandia, c’est partir à l’aventure, s’embarquer dans une épopée qui s’assure de vous faire toucher du bout des doigts, une mer de nuages, derrière laquelle se cachent les mystères du monde. Un monde qui contrairement au premier épisode, qui s’appuyait sur les civilisations disparues, se construit pour ce second volume, autour d’un ordre clérical très présent dans la vie des gens, et dans le fonctionnement de la société. Un ordre qui cache derrière ses dogmes, la vérité sur un passé tiraillé entre ombres et lumières. Ryodo est un Geohound, sorte d’explorateur mercenaire vivant de missions et de petits boulots, basés sur ses capacités de bretteur et d’aventurier. Un mode de vie nomade est assez mal vu par bon nombre de gens bien rangés dans une petite vie monotone, rythmée par les croyances et la stabilité du monde d’Elencia, qui pense encore les plaies laissées il y a fort longtemps par l’affrontement entre deux forces opposées : Grana, entité lumineuse et vénérée depuis lors et Valmar, incarnation suprême du chaos. Ce contexte exposé par une très belle cinématique d’introduction, dévoile un jeu plus fin que son prédécesseur et utilisant les capacités de la Dreamcast.

 

 

De beaux moments malgré des longueurs.

Tout commence par une mission que se voit confier notre héros Ryudo. Cette mission, est d’escorter une jeune femme du nom d’Éléna jusqu’au lieu de cérémonie se situant dans une tour voisine, dont la hauteur toise la cime des plus hauts arbres de la forêt qui la sépare du village bien tranquille de Carbo. De ce rituel, découlera une aventure pleine de mystères et de questions qui n’attendent que les 35 heures de jeu que compte ce périple, pour trouver des réponses. Des rencontres vont ponctuer une route, où le voile entre l’ombre et la lumière est parfois bien mince, et où les présupposés se voient bousculés. La narration intelligemment mise en place dans les premières heures de jeu, amène rapidement les enjeux . Des enjeux qui parviennent à soutenir un rythme parfois un peu lent. Néanmoins, le jeu amène quelques moments forts bien placés dans la chronologie de l’histoire pour donner envie de continuer et d’aller au bout du chemin. De plus l’équipe, bien que plus réduire que celle du premier épisode, est endiablée par la truculente Millenia et un Ryudo pouvant être aussi cynique que touchant.

Elena et Millennia, deux jeunes femmes indissociables du destin de Ryudo

 

 

Grandia II recentre son casting par rapport au précédent épisode, ce qui peut quelque peu décevoir. Cependant les personnages trouvent leur place et dévoilent leurs lots de surprises et de moments importants, au point que finalement, cette réduction de casting, n’est pas forcément un défaut. Néanmoins, le jeu comporte quelques lenteurs et certaines zones d’errance dans son déroulement. Une fois le début de l’intrigue mise en place, les personnages se mettent en route vers un objectif clef du récit, qui a pour but de faire basculer l’histoire dans une certaine gravité. Mais pour en arriver là, Game Arts joue la carte du détour pas toujours utile. Heureusement, une fois les choses établies, le jeu trouve son rythme et la quinzaine d’heures qui suit, nous amène sans mal au crépuscule de l’aventure.

Le menu et les villages sont jolis et colorés

 

 

Hélas, comme son aîné, Grandia II est un RPG très linéaire, dans lequel il est impossible de revenir en arrière afin d’explorer aux localités et les environnements. Et si l’épisode 32 bit possédait cette faculté de nous faire oublier ce choix de Gamedesign par un rythme soutenu et une direction artistique élégante pour son époque et colorée de mysticisme, ce second épisode est plus fade, voir un peu triste et générique comparé à un Final Fantasy IX tournant sur Playstation 1. Cependant, l’ensemble visuel reste correct pour un jeu de 2000, mais souffre réellement sur la fin d’un rythme étirant bien trop ces dernières heures de jeu inutilement. Chaque révélation se voit entrecouper d’interminables donjons à la direction artistique étrange, construite sur une ambiance visuelle organique peu élégante.

Ces lieux labyrinthiques mis bout à bout fatiguent et font ressortir encore plus la maigreur d’un bestiaire qui ne trouve son salut que dans le color swap. Clairement le jeu dure 5 heures de trop et tire en longueur au point de recycler pas mal de ces Boss dans une dernière ligne droite menant à un adversaire final tout bonnement anecdotique et plié en quelques tours. Heureusement, les multiples rebondissements et le travail graphique minutieux des villages et lieues intérieurs font que dans l’ensemble Grandia II est un RPG qui se tient.

Des décors rarement inspirés au contraire des intérieurs bien plus sophistiqués

 

 

Les combats, le point fort du jeu !

Concernant le système de combat, Game Arts reprend quasiment à l’identique les principes très efficaces du premier épisode. Ce dernier disposait pour son époque d’un fonctionnement si moderne et intelligent, que le choix de répartir sur les mêmes bases pour ce second volume assure, de belles heures de jeux, à optimiser au mieux ses choix de combat. Les personnages sont disposés dans une arène 3D légèrement vue de dessus, ils se déplacent automatiquement vers le monstre sélectionné par le joueur pour l’attaquer. Dans le but de simuler au mieux la cohue d’une bataille, si un monstre passe devant l’attaquant et sa cible, cela peut prolonger le trajet jusqu’à la cible, et si le personnage se doit de trop courir, avant d’arriver face à son adversaire, il abandonne l’action, et le signale par une petite onomatopée bleue au-dessus de sa tête.

 

 

Du coup il est plus que préférable de bien étudier la disposition des uns et des autres sur le plateau de combat, avant dé d’ordonner aux membres de l’équipe quelconque action. Pour les attaques de mêlée, les monstres les plus proches sont donc à privilégier, tout en essayant de concentrer sa force de frappe sur un seul et même adversaire, afin de faire basculer au plus vite, le nombre en votre faveur. Pour les magies si elles sont mono-cible, elles ont une distance assez large, pour ne pas demander à votre personnage de se déplacer, si elles sont multicibles, la portée va se caractériser par une zone rouge au sol, modulable en fonction de la cible principale choisie. À savoir que comme le temps d’incantation requis est variable en fonction de la force de la magie de vos statistiques d’actions, il faudra anticiper aussi le fait que les ennemis peuvent bouger et donc sortir du champ de tir. Enfin dernier élément et non des moindres, la fameuse barre d’action de laquelle tout dépend.

Combats en mouvement et magies de zone

 

 

Sur cette barre de deux couleurs, Bleu et rouge, se disposent des petites icônes représentant les ennemis et les héros. Ces icônes se déplacent de la gauche vers la droite. À partir d’un moment ils arrivent en zone Rouge, c’est là que le joueur et la console programment leurs actions respectives. Ensuite l’avancée jusqu’à la fin de la barre rouge, dépend du type d’action demandée et des statistiques d’exécution requises pour telle ou telle action. Un coup simple sera quasiment instantané alors qu’un objet ou une magie peut demander plus de temps. De ce principe découle également toute une stratégie visant à utiliser le court laps de temps entre la sélection de l’action et son activation pour tenter d’interrompre l’adversaire, soit temporairement, soit carrément de lui faire perdre son tour. Des principes simples, mais terriblement efficaces, qui assurent un rythme soutenu dans les combats. Combats qui s’enrichissent au fur et à mesure de l’aventure de tout un tas de magie et d’items en tous genres. À noter qu’il est possible de passer l’équipe en pilote automatique pour les combats à mener durant la longue route constituant Grandia II.

Le voyage sera parfois étrange

 

 

Ajouté à cela un système d’évolution des magies et des statistiques qui a par contre pas mal changé depuis Grandia 1, puisque s’en est terminé de devoir utiliser des magies pour les faire évoluer. Place maintenant à des points de magie, que l’on va attribuer sur des sorts, liés à des pierres à équiper sur les personnages. Chaque évolution magique est donc liée à sa pierre et peut se passer de personnage en personnage très facilement. Le jeu cache aussi des livres, renfermant des options statistiques pouvant influer sur les personnages et qui s’augmentent par le biais de points spéciaux. Une fois acquises, chaque héros a à sa disposition, des emplacements pouvant accueillir ces bonus. Les points spéciaux sont également à partager avec la dernière catégorie d’évolution, les « Moves » qui n’est ni plus ni moins que des attaques basées sur les différentes armes. Chaque personnage ayant un style de combat différent, la multitude de coups et d’animations, offrent une belle diversité dans la palette d’attaque, d’autant que les magies ne sont pas en reste, puisqu’elles disposent pour les plus dévastatrices d’entre elles, de séquences animées extrêmement sophistiquées, se déclenchant le plus naturellement possible ! Tous ses différents points de compétences se récupèrent tout bêtement à la fin des combats.

Des animations de magie superbes

 

 

Un mot sur les portages de Grandia II

Grandia II a connu de nombreux portages suite à sa sortie en 2000 sur Dreamcast. Si c’est cette version qui a été utilisée pour ce test, nous allons aborder quelques mots sur les portages. Tout d’abord expatrié sur PS2, le jeu connaît ensuite une édition PC. Les jeux hormis quelques retouches dans les éclairages sont quasiment identiques et restent en anglais. Il faudra attendre la sortie de la compilation Nintendo Switch pour voir Grandia II bénéficier d’une traduction hélas assez permissive. Traduction qui se verra adaptée aussi à la version PC.

 

 

Une fois de plus Game Arts, répond à l’appel et offre à une machine de Sega un RPG de qualité. Après Lunar 1 et 2 sur Mega CD et Grandia sur Saturn, la dernière console de Sega accueille Grandia II. Un RPG dans la tradition du premier épisode mais pouvant se jouer à part. L’ambiance quelque peu différente dans les thématiques narratives, laisse place malgré des longueurs, à l’identité Game Arts. À savoir, des personnages haut en couleur, un système de jeu toujours aussi génial, des moments touchants, un jeu teinté d’amour, de nobles sentiments et des mystères anciens enfouis au cœur du monde. Grandia II est un RPG coloré et charmant, malgré sa technique assez simpliste et un travail sonore un peu plus discret que le premier opus. Le jeu comporte hélas quelques lourdeurs, dont une dernière partie interminable et indigeste mais inévitable, si l’on veut arriver jusqu’au Boss de fin, et découvrir le destin d’un triangle amoureux haut en couleur.

Les plus

  • Le trio Ryudo Elena Millenia
  • Un système de jeu toujours aussi plaisant
  • Quelques beaux moments dans le scénario
  • Les animations de magie impressionnantes

Les moins

  • Un bestiaire assez faible.
  • Certains donjons assez vilains
  • Une troisième partie trop longue et qui s’éternise pour rien
  • Le Boss final ridicule
8

Super

Son - 7.5
Graphisme - 7
Animation - 8.5
Gameplay - 9
Interet - 8
Amateur de Rpg et de tout ce qui dispose de près ou de loin d'une barre d'expérience et d'un scénario. Fasciné également par la Jap'anim de l'ancien temps, où les celluloïds s'agitaient devant une caméra pour raconter des histoires.
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