IRIA – ZEIRAM THE ANIMATION

CRITIQUE JAPANIME
CRITIQUE JAP'ANIME

Dans un futur où l’homme a colonisé l’espace, le monde connu et habitable se divise en colonies composées de villes avancées technologiquement et d’environnements sauvages, où l’on vit de façon plus ou moins austère et avec les moyens du bord. Dans ce monde futuriste entre posts-apo et colonisation spatiale, la vie est rude pour les basses classes et les chasseurs de primes sont nombreux . Iria, l’héroïne de cette histoire, est une de ces chasseuses de primes, à l’exception qu’elle débute en la matière. Très énergique et plutôt douée, elle finit par parvenir à suivre son frère pour un contrat qui demande à ce dernier, de se rendre dans une base spatiale pour y enquêter, après que les autorités aient reçu un SOS. Au cœur du vaisseau les attend une terrible créature du nom de Zeiram. Quasiment invincible, ce monstre n’aura de cesse de hanter la jeune Iria durant les 6 OAV de 35 minutes qui composent cette production.

 

 

 

Un chara-design au top

Produite par Bandai et Ashi production courant 1994, la série s’offre le chara design du mangaka Masakasu Katsura. À l’époque en pleine gloire, M. Katsura vient de boucler Video Girl Ai et fait partie de l’illustre écurie d’auteur du Shonen Jump de l’âge d’or, au même titre que son ami Akira Toriyama. Autant ne pas se mentir, il est le leitmotiv principal de cette production, puisque Iria et le Zeiram disposent d’un design particulièrement léché et élégant. La jeune femme est à la fois charmante, charismatique et dispose d’une armure au design soigné et détaillé rappelant un peu DNA², une autre production du dessinateur. Le Zeiram est un mélange entre l’Alien de Giger, un samouraï et un Zangbeto du Bénin. Grand et massif, il est très impressionnant et son design inspire la crainte. Très rapidement, une fois ces 2 personnages confrontés, on retrouve le schéma de dualité de La belle et la bête déjà présente dans le film Alien de Ridley Scott, et la mise en place d’un duel inévitable.

Des planches de croquis d’Iria par M.Katsura

 

 

 

Une réalisation trop sage

Hélas, si en matière de design et de ligne scénaristique on a quelque chose de prometteur, du côté du rythme, de la narration et de la mise en scène, ce n’est pas sans défaut. D’un point de vue animation pure, si l’ensemble est correct, les chorégraphies de combat manquent de panache et la tension est rarement présente. Le Zeiram, malgré son design particulièrement impressionnant, ne fait finalement pas vraiment peur, la faute à des plans souvent trop classiques et sages. De certaines séquences, ressortent quelques visages ou éléments dessinés avec maladresses qui jurent, surtout pour un format OAV. La musique est discrète et ne parvient que trop rarement à exacerber les divers sentiments que l’histoire veut véhiculer. Parfois, elle est même plutôt en décalage avec l’action comme pendant la séquence finale. Pour terminer, les décors sont fins, détaillés, colorés et réellement réussis.

Les décors sont élégants

 

 

2 OAV de trop ? 

Alors que les 2 premiers sont franchement plaisants et prometteurs, les 2 suivants sont plus creux et s’enlisent la faute à trop de remplissage. On sent la volonté du studio de vouloir développer l’univers et certains enjeux sociaux et politiques, tout en ne le faisant pas assez pour que s’y plonger vraiment. Au bout du compte, cela ne résulte qu’à diluer le propos initial, à savoir un duel entre deux chasseurs. Un duel qu’on aurait aimé central, plus sombre et bien plus à couteaux tirés que les quelques combats trop statiques distillés au long de ses 3h30 du film. Fort heureusement, les deux derniers épisodes relancent l’intrigue et se concluent sur un final attendu mais bien réalisé.

 

Les visuels de promotion pour la sortie des OAV :

 

 

 

En conclusion

Sans être inoubliable, c’est donc une production honorable se déroulant dans un univers réussi que ces OAV d’Iria. Quelques moments agréables et une dualité de personnage soutenue par le talent de Masakazu Katsura, apportent une certaine identité à cette série d’OAV, qui fut l’une des premières à être arrivée en France par le biais des VHS de KAZE, alors pionnier en la matière. C’est donc avec une certaine nostalgie qu’Iria – Zeiram The animation peut se redécouvrir où se découvrir si on a un penchant pour ses productions de science-fiction japonaises animées et dessinées à l’ancienne.

Les plus

  • Les personnages de Masakasu Katsura
  • Des décors réussis qui créent l'ambiance et pose l'univers

Les moins

  • Un scénario attendu avec des longueurs
  • Une mise en scène qui manque de nervosité dans les combats
7.2

Bien

Musique - 5.5
Mise en scène - 6.5
Animation - 7.5
Chara-design - 9.5
Scénario - 7
Amateur de Rpg et de tout ce qui dispose de près ou de loin d'une barre d'expérience et d'un scénario. Fasciné également par la Jap'anim de l'ancien temps, où les celluloïds s'agitaient devant une caméra pour raconter des histoires.
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