MOBILE SUIT GUNDAM : THE ORIGIN

Merode
CRITIQUE JAPANIME
CRITIQUE JAP'ANIME

The Origin, bien que l’une des plus ressentes productions de la franchise Gundam, se place chronologiquement tout au début de l’univers créé par Yoshiyuki Tomino et reprend le manga imaginé par Yasuhiko Yoshikazu. Aquarelliste de grand talent, cet illustrateur est à l’origine de nombreuses illustrations promotionnelles pour la franchise. L’histoire prend place en 68 du siècle universel sur l’une des colonies spatiales du nom de Munzo et désireuse de devenir indépendante. Le premier OAV, commence en illustrant la mort par crise cardiaque de son leader Zeon Zum Deikun, alors sur le point de déclarer l’indépendance de Munzo et ira jusqu’au départ de la guerre de 1 an qui enflamme les colonies au début de la série originale.

 

 

Une introduction à l’univers Gundam

Du décès de Deikun, va s’enchaîne toute une série d’événements qui lient les deux enfants du leader défunt, à la mort et à la guerre. À travers une narration concise et efficace, se dresse le portrait de Casval et Artesia, qui de famille d’accueil en tentative assassinat, vont grandir et survivre chacun à leur façon. Si Artesia et une jeune fille fondamentalement bonne et généreuse, son frère Casval déterminé et endurci par tout ce qu’il traverse, va se forger une personnalité froide et calculatrice. Un tempérament qui va le sauver lui et sa sœur de nombreuses fois, mais aussi le transformer au point de se rapprocher de ceux qui sont responsables de la mort de son père et la chute de sa famille : Le clan Zabi. Une famille qui après avoir orchestré l’empoisonnement du leader de Munzo prend le pouvoir en arborant une image et des codes dictatoriaux entre l’Allemagne de 40 et les apparatchiks sud-américains. De là, va se construire le personnage ambiguë et fascinant de Char, ainsi que se dessiner le portrait tragique de celle qui deviendra Sayla Mass. L’héroïne au coté d’Amuro dans Gundam 79 et qui, malgré de  nombreux drames, s’endurcie et ne renonce jamais.

Artesia grandit dans les tourments de la guerre

 

 

Origins reprend donc la thématique Gundam : la guerre et l’enfant adolescent qui grandit avec et à travers elle. Les causes et les souffrances qu’elle engendre et par quels moyens survivre et évoluer quand la présence de la mort est omniprésente. Alors que les 4 premiers épisodes enchaînent les pertes et la tragédie pour les deux enfants, la suite met en place toute la structure géopolitique de l’univers Gundam, avec l’affrontement entre la fédération terrestre et le duché de Zéon ; pour le contrôle des multiples colonies gravitant autour de la terre. Elle introduit aussi l’élément central qui n’est autre que le Mobile Suit Gundam, ce prototype de robot autour duquel s’articule toute la tactique militaire de la saga. À ce titre, Origin est une vraie plus value pour se lancer dans la saga et apporte vraiment richesse et profondeur aux événements et personnages se tenant dans la série de base.

Le duc et sa fille en costume militaire

 

 

Lumière sur Char Aznable, la Comète Rouge

Le but premier de ce prequel, consiste à mettre en lumière le passé du charismatique et célèbre Char Aznable. Char est un personnage de légende de l’animation japonaise puisqu’il est l’antagoniste principal de la série Mobile Suit Gundam de 1979, qui créa un véritable bouleversement à sa sortie. Le nom du personnage, on le doit à l’amour de Tomino pour le chanteur français Charles Aznavour. Ce dernier dispose d’un traitement intelligent et passionnant tout au long du récit. L’intrigue peut d’ailleurs être suivi aussi bien par un néophyte de Gundam que par un fan inconditionnel. Hormis quelques ressorts narratifs un peu faciles, le pari est réussi, et les classes et l’ascension d’un des plus illustres personnages de la Jap’anime sont digne de son rang. On apprend à peu près tout ce qu’il y a à savoir sur lui, jusqu’à la raison du port du fameux masque et des lunettes qu’il ne quitte jamais ou presque.

Char Aznabre toujours avide de combat

 

 

Beau et respectueux

Du coté de la réalisation, l’adaptation du manga de Y.Yoshikazu est un travail de qualité avec un découpage des plans dynamique et soigné. Le design des personnages, respectueux des séries d’origine, arbore un trait rond et très dessiné et garde bien l’esprit des animé des années 70, tout en parvenant à moderniser le traitement d’aplat des couleurs par un cerné de noir, qui précise les formes et les visages. L’animation et la mise en couleur sont léchées et les incursions de 3D dans certaines scènes, ne jurent pas bien au contraire, puisqu’elles permettent d’élégantes rotations de caméra. L’habillage sonore quant à lui, est plutôt discret. À noter que le doubleur d’origine de Char Aznable : Shûichi Ikeda reprend son rôle malgré son âge, ce qui crée un léger décalage avec son personnage encore adolescent. Mais comment en aurait-t-il pu être autrement, tant l’acteur est intimement lié à Char ?

Deux illustrations du maitre Yasuhiko Yoshikazu : Sayla Mass et Char Aznable

Conclusion

Gundam The Origin est donc une série de 6 OAV – redécoupée en 13 épisodes au contenu identique pour le format télé – qui fait honneur à la mythique première saison de Gundam. Elle étoffe divers moments chronologiques antérieurs évoqués dans la série de base et donne de la profondeurs aux personnages et aux futurs événements. Origins pose un contexte clair et réfléchi et chaque personnage se place au fil des épisodes dans le rôle qu’il aura à jouer par la suite, tout en amenant avec lui un background plus étoffé. La conclusion du dernier épisode est, si vous enchaînez avec la série de 1979, parfaitement limpide. Les studios Sunrise livrent donc une belle préquelle à leur emblématique saga, forte d’une réalisation soignée et dont on ne regrettera qu’une bande-son plutôt discrète et un final un peu timide.

Les plus

  • Le passé de Char Aznable, l'un des plus emblématique méchants de l'histoire de la Jap'anime
  • Une réalisation solide alternant techniques modernes et respect du design original
  • Un enrichissement non négligeable de l'univers illustré dans la série Gundam originale

Les moins

  • Une bande-son qui manque de panache
  • Un final qu'on aurait aimé plus flamboyant
8.2

Super

Musique - 6
Mise en scène - 8
Animation - 9.5
Chara-design - 9.5
Scénario - 8
Merode
Amateur de Rpg et de tout ce qui dispose de près ou de loin d'une barre d'expérience et d'un scénario. Fasciné également par la Jap'anim de l'ancien temps, où les celluloïds s'agitaient devant une caméra pour raconter des histoires.
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