OLTEUS II

MEGATEST
X68000

Le X68000, micro ordinateur commercialisé par la société japonaise Sharp entre 1987 et 1993, est notamment connu pour ses jeux de qualité arcade irréprochable et ses nombreux portages. Il arrivait par ailleurs très souvent que certains éditeurs japonais adaptent des titres plus anciens sortis sur PC-88 ou PC-98 de NEC pour les remettre au goût du jour sur le X68K qui était de toute évidence un brin plus performant au niveau du hardware et des possibilités de la machine (on se souvient notamment que Capcom développa son système CSP-1 sur X68K, d’où un portage absolument parfait de « Final Fight » sur cet ordinateur!). Avec « Olteus », on tient ici le cas typique d’un portage superbement réussi sur X68K. A l’origine, « Olteus » est un shoot’em up édité par les japonais de Winky Soft sur PC-88 VA en 1987. Le studio est surtout connu pour sa série de tactical RPG « Super Robot Taisen » édité par Banpresto. « Olteus » s’apparentait à un shoot’em up à scrolling horizontal classique avec des cinématiques et des éléments RPG, du classique pour du PC-88 – dans le même genre, on pourra citer « Star Trader », initialement édité par Falcom sur PC-88, avec des cinématiques sous forme de roman graphique et des phases d’action en shoot’em up, relifté et édité quelques années plus tard sur borne Takeru pour le X68000 en 1991, dans une version plus moderne et bien plus spectaculaire –

 

 

« Olteus » était donc loin d’être un cas isolé sur le X68000 au début des années 90. A l’instar du « Star Trader » de Falcom, le jeu de Winky Soft se voit entièrement relifté de A à Z pour son passage sur l’ordinateur japonais de Sharp et rebaptisé « Olteus II ». Mais que l’on ne s’y trompe pas, ce n’est pas une suite mais bien un remake modernisé du titre de 1987 ! Le jeu était d’ailleurs également vendu sur borne Takeru dès 1991. Il s’agissait de bornes que l’on trouvait dans certaines grandes villes du Japon, surnommées alors les « Takeru Software Vending Machine », avec un écran tactile qui affichait un catalogue de jeux en ligne reliés à un réseau informatique, lancé dès 1986 (ah ces japonais, toujours en avance sur leur temps !). Il était alors possible d’acheter un jeu de le récupérer avec un distributeur, sous forme de disquettes, cartouche (pour le MSX) ou cassette. Certaines bornes disposaient également d’imprimante laser qui permettaient alors à l’acheteur de récupérer une jaquette et une notice imprimée. « Olteus II » fut ainsi commercialisé sur borne Takeru dès le 23 août 1991.

 

 

Pour ceux qui connaissent bien la version PC-88 VA d’origine, « Olteus II » surprend d’emblée par sa beauté graphique : le jeu est résolument plus beau que son compère de 1987. Hélas aussi, tout cela s’est fait au détriment des scènes cinématiques qui ont quasiment toutes disparues ici. Alors que la version PC-88 VA nous accueillait chaudement sur fond d’introduction épique et dramatique, ici, on doit simplement se contenter d’un simple écran d’accueil avec le titre en haut et la possibilité de choisir un menu d’options, et c’est tout ! Dommage, surtout que ce n’est pas comme si le X68000 n’était pas capable d’offrir des cinématiques à s’en décoller la rétine, mais bref, passons. Niveau scénario, pour ceux qui se demandent encore de quoi parle « Olteus II », il s’agit de l’histoire de Milia, une jeune pilote blonde qui prend les commandes de son vaisseau pour lutter contre une armée d’envahisseurs aliens venus de la planète Geneas et qui se sont mis en tête d’attaquer Olteus, la planète dont est originaire Milia. Le vaisseau de la jeune blondinette possède une technologie évolutive qui permet à l’appareil de changer de forme et de renforcer progressivement son armement et sa puissance de tir, c’est d’ailleurs là l’un des éléments-clé du jeu. Production Winky Soft oblige, « Olteus II » possède également la particularité de mélanger shoot’em up et éléments de type RPG. En effet, le titre repose entièrement sur un système de points d’expérience que l’on va acquérir tout au long de la partie en détruisant un maximum d’ennemis. De la même façon, chaque ennemi tué rapporte de l’argent, le précieux nerf de la guerre qui sera nécessaire pour équiper notre appareil en passant régulièrement dans des magasins entre chaque niveau. D’ailleurs avant de commencer le premier niveau, je vous conseiller vivement d’équiper votre vaisseau afin de ne pas partir au combat avec juste le tir de base ou vous n’irez pas très loin. Et comme si cela ne suffisait pas, le joueur dispose de 999 jours pour terminer sa mission – ça devrait aller je pense ! – Niveau armement, outre le tir basique que l’on peut vite upgrader en passant au magasin, l’appareil peut également tirer un super beam, comme dans « R-Type », sauf qu’ici le beam se charge automatiquement sans appuyer sur le bouton de tir.

 

 

Attendez, car ce n’est pas fini : chaque niveau possède également son lot de bonus secrets cachés, que l’on trouve en tirant avec le super beam dans le décor ou parfois même dans le ciel. Ces objets sont cachés un peu partout et il vous faudra beaucoup de patience et de ténacité pour tous les trouver. Les bonus cachés prennent alors l’apparence de diamants (qui rapporte de l’argent), de points d’expérience supplémentaires, d’énergie supplémentaire – car oui fait rare pour un shoot à cette époque, notre vaisseau dispose d’une barre d’énergie ! – Chaque niveau se termine par le traditionnel combat contre le boss, en général un appareil ou un monstre gigantesque avec un ou plusieurs points faibles. Une fois le boss battu, un écran de fin de niveau comptabilise les bonus de points amassés en fonction du temps qu’il nous a fallut pour finir le niveau, de l’argent amassé et des bonus secrets que l’on a récupéré (« secret bonus »). A noter que dans chaque niveau, il y a une capsule « B » qui passe à toute vitesse dans chaque niveau : vous devez impérativement détruire ces capsules le plus vite possible avant qu’elles disparaissent de l’écran. Si vous les avez toutes bousillées, vous obtiendrez un bonus de points d’expérience à la fin du niveau, donc c’est loin d’être négligeable !

 

 

Et c’est là que cela devient encore plus intéressant : une fois un palier franchi dans les points d’expérience, votre vaisseau évolue et change de forme ! Ses tirs deviennent plus puissant, cela se remarque notamment dans le super beam dont la barre d’énergie (en bas de l’écran) se rallonge, ce qui signifie que le super tir va faire plus de dégât chez les tristes sires qui osent se pointer en face de vous ! C’est donc pour cela qu’il est indispensable de détruire toutes les capsules « B » bonus des niveaux et d’abattre le plus d’ennemi possible, tout en récupérant un max de bonus cachés. Une fois que votre vaisseau aura atteint la 2ème ou 3ème évolution de sa forme, le jeu deviendra au final un brin plus simple, grâce à un tir plus robuste qui vous permettra de franchir plus facilement certains obstacles. En début de partie, vous pouvez choisir parmi les 4 premiers niveaux du jeu (il y en a 9 en tout). Ces quatre niveaux se trouvent sur la planète Olteus. Les quatre suivants se déroulent quand à eux sur la planète alien Geneas, enfin, le 9ème et dernier niveau se déroulera à l’intérieur de la forteresse ennemie des envahisseurs, dont le look très « H. R. Giger » aurait certainement plu au créateur de l’incontournable « Alien », source d’inspiration inépuisable pour de nombreux développeurs de jeux vidéo à l’époque ! Sachez qu’il est également possible de jouer à deux pour deux fois plus de fun ! Pour en revenir à l’armement, le vaisseau dispose de deux modules de base que l’on peut positionner comme on le souhaite avant de démarrer le niveau dans un écran d’option. Dans ce même écran, il sera également possible de passer au magasin donc, de modifier la vitesse de votre vaisseau, etc. Bref, c’est très complet dans l’ensemble.

Une pub dans le Takeru Press à la sortie du jeu en 1991

 

Planner : Hiroyuki Chiken Programmation : Keitarou Mizushim Sons : Yasunari Ohnishi Décors : Atsuki Toda Masahiko Sakata Hiroyuki Chiken Objets : Hiroyuki Chiken Musique principale : Yasunari Ohnishi Musique boss : Tetsuya Okita Remerciements spéciaux : Shin-Ichi Tanaka Hideki Honjo Omake : S.O

 

 

 

Au final, le jeu est très riche et aussi très beau visuellement : les décors sont fouillés, baignant dans une ambiance futuriste/spatiale très réussie. La bande son est superbe, les animations très soignées, bref, c’est du super travail à n’en point douter, mais le vrai plus réside donc dans les éléments RPG et la gestion des points d’expérience entraînant une évolution de la forme de votre vaisseau et de son armement. Une fois l’argent amassé, il faudra retourner au magasin acheter de nouvelles armes, chaque arme étant ainsi upgradable sur 4 niveaux. En bref, « Olteus II » est un superbe shoot’em up rafraîchissant, intense et bourrin qui ravira les spécialistes du genre et séduira par son originalité et son inventivité. Et si vous souhaitez en savoir plus sur ce superbe titre, je vous renvoie à notre vidéo ci-dessus de Lord Paddle consacrée à « Olteus II » où on vous montre tout ce que vous avez à savoir sur le jeu !


Les plus

  • Le mélange shoot'em up/RPG
  • Les graphismes et l'animation en 60fps très fluide
  • L'évolution du vaisseau en fonction des points d'expérience
  • Le système d'achats dans les magasins
  • Les bonus cachés secrets dans chaque niveau
  • Un level design très riche

Les moins

  • Une difficulté pas bien dosée : le jeu est trop dur au début, mais une fois atteint la 3ème ou 4ème forme de notre vaisseau, tout devient un peu trop facile !
  • Les effets de distorsion des flammes dans les décors durant les combats avec les boss, qui font mal aux yeux !
  • Les cinématiques de la version PC-88 VA d'origine qui ont disparues ici !
8.6

Super

Son - 9
Graphisme - 9
Animation - 9
Gameplay - 8
Interet - 8
[Redacteur et Blogueur dans le retrogaming]
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