SAKURA WARS

Mérode
MEGATEST
PS4

Donner suite à des licences disparues il y a longtemps n’est jamais chose facile, et ce n’est d’ailleurs pas toujours une bonne idée comme le passé l’a déjà maintes fois prouvé. Sega, dans sa démarche de ramener ses séries phares, a ravivé la flamme de Sakura Taisen à travers un 6e opus qui est à la fois un reboot et une suite, mais qu’il est préférable de voir comme une suite alternative tant elle est clivante, faisant table rase des personnages iconiques et du système de jeu. Jadis fleuron des consoles Sega sur le marché Japonais, la série revient sur PS4 et en français pour la 1ère fois dans une version beat them all entre Muso et Bayonetta. Ce virage à 180° que prend donc ce Shin Sakura Taisen de son nom japonais, autrefois à la croisée des chemins entre Visual Novel teintée de romance et T-rpg est osé. Ce choix vient surement se justifier en premier lieu par le fait que les équipes de la firme du hérisson bleu ont, sur PS3, recrée une série forte dans le style Tactical : Valkyria Chronicle. Et qui du coup a supplanter Sakura Wars. Autre élément important également Red Entertainment société illustre des années 90 et début 2000 à l’origine de la série n’existe plus depuis 2011. C’est ainsi donc que cette licence Sakura détenue par Sega se voit confiée aux équipes a qui l’ont doit justement la série Valkyrie Chronicles mais aussi le célèbre Eternal Arcadia ou Skies of Arcadia en Europe. On va pas se mentir, les joueurs français de Sakura Wars sont peu nombreux et sont souvent des vétérans des boutiques imports qui jouaient en Japonais parfois sans le parler tant ils étaient porté par la magie des productions Japonaises des années 90 (et on les comprend). L’une de ces séries totémiques de l’import Japonais sur console Sega c’est vous l’aurez compris, Sakura Taisen. Même si un épisode a vu le jour sur Wii en France, la série est resté très niche la faute à un jeu mal doublé en anglais et ne proposant aucun choix de voix Japonaise. Ce qui, pour ce genre de titre est totalement assassin commercialement parlant tant il dévie trop de son cœur de cible. Cet épisode PS4 arrivé dans le plus grand étonnement s’adresse donc avant tout aux anciens joueurs nostalgiques de retrouver la magie de la série de Oji Hiroi (son créateur).

   

L’univers Sakura Wars :

Techniquement et graphiquement, tout d’abord le jeu est correcte. Sans être du niveau d’une grosse production Japonaise du même style à savoir Animation et semi-réaliste comme Kingdom hearts 3 par exemple, on a ici quelque chose de propre, coloré qui tient vraiment la route et qui fait honneur au chara design de Tite Kubo (Bleach) qui remplace dorénavant Kosuke Fujishima. Le jeu est aussi porté par une jolie la direction artistique. Les environnements centrés autour d’un cabaret théâtre type belle époque, représentent un Tokyo Steampunk fantasmé des années 40. Ils sont vraiment plaisant et feront plaisir aux fans de la série. Car Sakura Wars c’est aussi et surtout une ambiance très spécifique mélangeant démons et Yokai dans un univers Steampunk japonisant dans lequel des jeunes femmes avec à leur tête un capitaine, défendent leur cité aux commandes de robots bipèdes capables de se battre entre autres au Katana. De plus, le travail des doublages japonais est très bien sentis, et la superbe bande-son porte habille cet univers atypique. On note aussi quelques passages en dessin animé plutôt réussi et un soin vraiment particulier apporté aux techniques de combats des robots portées par des animations élégantes et efficaces. De plus, le jeu est fluide et tourne très bien. D’un point de vue structure et rythme, le jeu est assez identique aux anciens. Il se découpe entre deux grosses phases bien distinctes. La première consiste à dialoguer et se balader dans la ville composée de quelques lieux intérieurs et extérieurs. C’est lors de cette période que vous interagissez avec les divers personnages et que vous améliorez votre réputation. La seconde phase elle est consacrée à une grosse phase de combat qui en général assure la conclusion des chapitres.

 

Gameplay – Le grand changement :

Concernant maintenant le gameplay et ses changements radicaux vis à vis des anciens opus, c’est sur ce point que le titre est beaucoup plus en dent de scie. Même si les sensations de jeu sont au rendez-vous, surtout dans les duels de boss, le level design lui est faible et offre des environnements de combat assez répétitifs visuellement et pas toujours bien inspirés. On déambule le plus souvent dans des couloirs sombres où on blaste des ennemis qui arrivent à la chaîne à la manière d’un Muso et qui implosent sans opposer trop de difficulté. Car oui le jeu est assez facile et ne possède aucun mode Hard. Ainsi il n’offrira clairement pas beaucoup de challenge sans pour autant être désagréable à jouer bien au contraire. Par ailleurs, à partir du moment où l’on maîtrise correctement l’esquive provoquant un ralentie tout droit venue de Bayonetta (le Witch time), ça peu devenir une franche rigolade. Vous tournez en rond autour des opposants en spamant le bouton esquive et ça déclenche au moment où ces derniers vous frappes le mode ralenti qui permet de placer des enchaînements dévastateurs. Et ce système marche sur une bonne partie des combats du jeu. Et oui, le Beat them all de Hideki Kamiya chez Platinum Game est clairement l’inspiration majeure du système de jeu, hélas les sensations et le gigantisme en moins. Autre choix étonnant, celui de l’absence de ciblage qui fut vite corrigé via un patch day-one alors que c’est clairement un basique pour le genre action. Aucune notion non plus d’évolution ou de monté de niveau (ce qui était déjà le cas des anciens épisodes T-rpg). Tout est scripté au point que lors du mode histoire, les personnages jouables au nombre de deux ou trois selon les moments, sont le plus souvent imposés parmi un groupe de six jouables. A travers ce manque de liberté, il est clair que c’est la volonté de vouloir faire essayer au joueur toute l’équipe qui prime mais peut être aussi l’incapacité de proposer un gameplay avec une équipe trop grande simultanément. Il aurait été vraiment plaisant de pouvoir faire les derniers combats plutôt dense avec un groupe de 6 personnages interchangeables à la demande. Surtout que le swap est vraiment instantané. Le casting de personnage est d’ailleurs le gros point fort du système de jeu, car chaque personnage propose un style bien différent qui apporte une réelle variété durant l’aventure et encore plus si vous vous lancez dans la course aux trophées qui vous demanderont de refaire chaque niveau avec chaque personnage.

   

Et la romance dans tout ça ? : 

Fort d’un nouveau casting bien vu, les phases de romances et de dialogues ont toujours ce charme aussi désuet qu’attachant des anciens épisodes. Hélas il est décevant de voir la volonté évidente de faire table rase du passé et des anciens protagonistes à l’exception de Sumire qui est d’ailleurs particulièrement élégante et réussie. Finalement cet épisode trouve sa magie et de la force dans des petits moments de vies où l’ont déambule dans le théâtre et ou ont discute et échange avec la troupe et les filles qui forme une équipe vraiment sympathique. Ce sont ces phases qui sont clairement les plus en phase avec le passé de la série tant elles sont quasiment inchangé dans leur manière de fonctionner. L’ajout d’un jeu de carte traditionnel Japonais viendra même encore allonger la durée de vie pour les amateurs. Scénaristiquement donc, même si le jeu est bien rythmé et crée certaines tensions, on déplore, un peu au même titre que son système de jeu, certains choix discutables qui tranchent et qui laisse au placard toutes les icônes de la série à commencé par Sakura le personnage principale absente du casting et remplacé par une sorte de simili. Le pitch scénaristique est clairement construit uniquement dans le but de proposer un reboot de la licence. Ces choix pourrons diviser les fans de cette série ma fois déjà bien loin dans la mémoire du publique Japonais et carrément niche en Europe.

   

Conclusion :

Malgré des points faibles évidents, ce Sakura Wars nouvelle génération est un jeu ayant un certain charme qui rappelle les belles heures de la Dreamcast et la Saturn sous certains angles. Il faut bien reconnaître que l’ambiance Sakura est là, malgré cette volonté de reboot total et un système de combat bien en dessous des anciens et de ses cartes de T-Rpg pour certaines bien corsées. La magie opère donc en partie grâce à une direction artistique respectueuse du matériaux original. La bande son sincèrement efficace, reste très fidèle à ses racines. Et surtout le casting et les personnages de Tite Kubo qui parviennent à occuper la scène et à trouver leur place. Maintenant reste à voir où la licence va aller sachant que la conclusion du jeu est clairement une fin ouverte jouant justement comme une bonne partie du récit sur ce sentiment d’absence des personnages originaux des premiers jeux.

Les plus

  • L'univers atypique
  • La diversité des personnages en combat
  • La bande son
  • Un rythme du scénario efficace

Les moins

  • Un jeu trop facile
  • Des zones de combats peu inspirées
  • La disparition du système T-RPG
  • Un reboot poussif de l'histoire
7

Bien

Son - 8
Graphisme - 7
Animation - 7
Maniabilité - 6.5
Interet - 6.5
Mérode
[Rédacteur des MegaTests et de l'actualité Jeux Vidéo et Manga]
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