SECRET OF MANA

Mérode
MEGATEST
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6 aout 1993, dès les premières notes de l’écran-titre, la magie opère. Est-ce le chant d’une baleine ou les complaintes de la planète qu’on entend avant le morceau d’ouverture de Secret of Mana ? Incontournable du RPG et de la Super Nintendo, ce jeu a quelque chose d’intemporel et de mystique. À la fois naïf et profond, il touche l’âme de l’enfant qui sommeille en chacun de nous et nous rappel les belles heures des mercredis après-midi des années 1990. Particulièrement culte en Europe du fait du faible catalogue que Square a bien voulu offrir au vieux continent, ce Seiken Densetsu 2 (de son nom japonais) est un action-RPG jouable à 3 et construit sur les cendres d’un projet avorté du nom de Chrono Trigger (qui sortira finalement quelques années après).

L’écran titre inoubliable de Secret of Mana

 

L’ombre de Final Fantasy

Le jeu a pour thématique centrale le mythe d’Yggdrasil, l’arbre monde dans la mythologie Scandinave. Mêlé à cela, on retrouve aussi la symbolique de l’épée sacrée qu’on peut sans trop de doute apparenter au mythe d’Excalibur, l’épée magique de Arthur dans les légendes Bretonnes. Un garçon du nom de Randy, se voyant doté d’une mission magique va devoir quitter son village après avoir trouvé une épée. De ce fait , il s’ouvrira au monde durant une aventure ou il sera accompagné d’une jeune fille : Purim et d’un Elf : Popoï. Rapidement les thématiques propres à Final Fantasy ressurgissent dans l’aventure. L’empire, l’harmonie avec la nature, les entités élémentaires à invoquer… Et ce n’est pas un hasard puisque Seiken Densetsu 2 est la suite de Seiken. Un jeu Gameboy qui n’était autre qu’une itération Action RPG de la saga aux chocobos et qui s’appelait chez nous Mystic Quest. Porté par deux des architectes de Final Fantasy, Hiromichi Tanaka et Koichi Ichii, Seiken Densetsu II voit même s’inviter dans son univers les mogs. Ces petites créatures blanches aux ailes de chauve souris venant de Final Fantasy et qui furent crée par Ichii. C’est donc logiquement qu’on les retrouve dans le jeu. Si Secret of mana garde quelques éléments de la structure d’un Final Fantasy, il a réellement crée ses propres codes et fait sa route indépendamment de la série dont il s’inspire au départ. En France, c’est un des premiers contacts officiels avec le RPG.

La découverture de l’épée et du sanctuaire Mana, le début d’un long voyage pour Randy.

 

Un Gameplay riche et efficace

Un élément crucial et propre à Secret of Mana, c’est son gameplay riche et astucieux qui propose des combats contre des ennemis présents sur la carte. Ce qui forcement, le rend plus accessible et tout public pour l’époque. Le monde est composé de multiples zones collées bout à bout et dans lesquelles on déambule au fil de l’aventure : de forêts magiques en désert interminables et autres grottes et châteaux hantés, le cheminement est varié. On y trouve aussi, ça et là, des téléporteurs sous forme de canon. Déambuler dans le monde de Mana est donc un réel plaisir et le level design des donjons est complexe et pousse l’exploration. De plus le titre s’enrichi grâce à un système comportant de nombreuses armes, mises à la disposition des personnages et d’un système de magie élaboré.  À tous moments, on peut stopper l’action en ouvrant une roue qui donne accès à des magies et des attaques spéciales ou encore des items. Ce principe pourtant si simple fera école puisque presque 30 ans après on le retrouvera, certes de façon légèrement différente en terme d’ergonomie, dans Final Fantasy VII Remake. Chaque personnage a la possibilité de monter en niveau mais a aussi des niveaux d’arme et de magie sur lesquels le joueur devra également se pencher. Dans Secret of Mana, on contrôle 1 seul personnage à la fois mais il est possible via le menu de configurer les 2 autres pour qu’ils agissent automatiquement. Hélas ce système atteint assez vite ses limites et les 2 alliés se retrouvent souvent à mourir ou à vider leur jaune de magie en quelques secondes. On peut cependant les contrôler via la roue d’action ou tout simplement changer de personnage à la demande. Autre point important du système de Secret of Mana, c’est l’intégration d’une jauge de temps qu’il faut laisser monter entre chaque coup afin de taper avec un maximum de force. Ce concept venu de la jaune ATB de Final Fantasy, casse un peu le rythme mais évite aussi le matraquage systématique du bouton attaque et invite à trouver le meilleur placement avant de frapper. En effet, les placements sont importants durant les combats, d’autant qu’on ne peut pas taper en diagonale. En définitive, le système de jeu Secret of Mana est réellement astucieux et complet. Son seul défaut réside dans le fait qu’il n’est pas rare que vos alliés aillent se coincer dans le décors, ce qui demande parfois de faire demi-tour. Les sensations de joute n’ont également pas la même justesse et le même panache que dans un Zelda A Link To Phe Past, mais ceci est rattrapé par toute la densité des autres éléments de gameplay. Le dernier point crucial qui a également contribué au succès du jeu, c’est sa possibilité réelle de faire tout le jeu jusqu’à 3 joueurs en même temps. Cette possibilité est bien au delà du gimmick et offre une réelle gestion du multi-joueur.

Les environnements variés de Secret of Mana

 

Le superbe sprite de Flammy avait de quoi impressionner en 93

 

Des couleurs en pagaille

Visuellement, le jeu est beau et dispose d’une palette de couleurs franches et vives. Les divers environnements s’illustrent à travers des camaïeux en relation avec la thématique de l’endroit et ce qu’il veut raconter. Cette particularité donne un vrai cachet et une identité forte à ce titre sorti quelques mois après Final Fantasy V. On sent que les graphistes de Squaresoft sont en pleine évolution et à l’aise dans le rendu pixel art. Un art qu’ils vont développer durant toute la vie de la Super Nintendo et qui sera d’ailleurs poussée à l’extrême à la fin de la vie de la machine. Les nombreux Boss tous très différents, sont tout aussi colorés. Les animations sont élégantes et donnent du panache aux combats surtout par le biais des magies qui sont pour certaines impressionnantes. De plus l’utilisation du mode 7 de la Super Nintendo pour afficher la carte du monde rajoute un petit plus à l’immersion et a du cachet. Le jeu dispose donc d’un rendu visuel qui lui est propre, pour un monde et un univers unique en son genre et dont on sent l’influence de Hiro Isono, l’illustrateur ayant réalisé la couverture du jeu ainsi que quelques images de promotions. Son style graphique entre pointillisme et surréaliste se retrouve par moments dans le jeu, notamment dans les paysages forestiers et verdoyants d’un univers qui fait la part belle aux contes, aux légendes et à l’imaginaire. Pour finir, si ce jeu a tant marqué les jeunes joueurs français des années 90, c’est aussi parce qu’il touche dans ses thèmes et son univers visuel, à l’enfance et qu’il repose en définitive beaucoup sur des codes très occidentaux. De plus les personnages imaginés par Koichi Ichii sont attachants et les sprites sont très mignons et bougent vraiment bien.

De nombreux Boss ponctuent l’aventure et vous feront souvent ouvrir la roue des magies.

 

Hiroki Kikuta, compositeur émérite

Secret of Mana, c’est aussi la première bande-son de Hiroki Kikuta qui était d’ailleurs assisté à l’époque dans ce chantier par un certain Yasunori Mitsuda à qui l’on doit Xenoblade 2, Xenogears, Chrono Cross et bien sur Chrono Trigger. Quel travail que cette bande son de Seiken Densetsu 2, les sonorités tirées du processeur de la console sont vraiment originales et uniques. Si les mélodies sont pour la plus part, superbes malgré quelques thèmes un poil enquiquinants, tout le travail de bruitage est somptueux et entendre ne serait-ce que certaines thèmes, certains effets sonores des combats ou des menus, ravivent chez de nombreux vieux joueurs de merveilleux souvenirs ! Tant de thèmes parfois oniriques, planant ou bien endiablés rendant Secret of Mana intemporelle. Sortir des sons pareils sur une Super Nintendo est tout bonnement bluffant et montre tout le talent et l’assiduité du compositeur. De par ce travail, Hiroki Kikuta fait définitivement rentrer la saga Mana dans l’histoire vidéoludique. Car quel moment anthologique pour tout amoureux de RPG que d’entendre en plein climax de fin de jeu, se dévoiler le thème “Prophecy”. (Thème à écouter dans la section vidéo)

Le mode 7 de la Super Nintendo utilisé pour la carte du monde accompagné du thème musical “Prophecy”.

 

Un jeu pionnier en Europe

Vous l’aurez compris, Secret of Mana est un jeu merveilleux et qui a marqué son temps et qui se rejoue encore très bien aujourd’hui et ce grâce à un système de jeu intelligent qui traverse le temps. C’est aussi le RPG le plus célèbre de la Super Nintendo en France et le représentant de tout le savoir faire de Squaresoft à l’époque dorée de la 16bit. Un ambassadeur qui hélas ne permettra pas à tout les autres trésors du studio de parvenir jusqu’à nous mais qui a laissé pour de nombreux joueurs un souvenir inoubliable et a invité de nombreux amateurs à se plonger dans le marché de l’import. Une solution alternative afin de découvrir l’avalanche de merveilles que Square et le Jeux vidéo japonais en général pouvait offrir à cette époque.

Le cultissime artwork de Hiro Isono pour Secret of Mana

Les plus

  • Des musiques cultes
  • Un gameplay action mais stratégique
  • Une ambiance unique
  • Un jeu totem de la Super Nintendo
  • Le jeu est présent dans la Super Nintendo Mini
  • Un A-RPG entièrement jouable à 3

Les moins

  • Les personnages qui vont parfois se coincer dans le décors
  • Une traduction française pas terrible
  • Les portages smartphone dégueulasses à ne surtout pas acheter
9.3

MegaHit

Son - 10
Graphisme - 9
Animation - 9
Maniabilité - 9
Interet - 9.5
Mérode
[Rédacteur des MegaTests et de l'actualité Jeux Vidéo et Manga]
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