SENGOKU BLADE – TENGAI

MEGATEST
PS2 SATURN SWITCH

C’est un Japon féodal hostile et implacable qui apparaît devant vos yeux lorsque se lève le rideau dissimulant Sengoku Blade. Ce démon furieux à la morsure aussi vive que mortelle s’est éveillé pour maudire votre pauvre âme égarée de joueur en quête de scoring et de sensations fortes. Cette ambiance envoûtante est ce qui ressort en premier lieu dans ce shoot’em Up horizontal créé par Psikyo en 1996 et faisant suite à Sengoku Ace. Duel au clair de lune dans les cieux d’un Japon mythologique où les Ninja et les Samouraï sont capables de se transformer en de cauchemardesques créatures faites de métal, et où les démons et les Yokai hantent une campagne hostile à la présence de l’homme.

 

 

Duel sous la lune

Les notes de shamisen, et les quelques percutions traditionnelles, relevées de quelques sonorités synthétiques pas toujours aussi élégantes, composant la lancinante bande sonore du jeu, créent un rythme lourd, qui ne s’accélère qu’à certains moments précis, souvent pour amener vers un emballement de l’action et surtout introduire, de gigantesques et magnifiques Boss aux patterns de tirs redoutables et parfois vicieux. Surtout ces vagues en quinconce redoutables, lorsqu’elles sont appuyées par d’autres projectiles dispersés en pagaille. Éclatants, à la manière des envolés fugaces du théâtre Kabuki, ces Boss envahissant l’écran de toute part et voulant votre mort, tiennent le premier rôle de cette implacable représentation scénographique faite de pixels et de sprites aux arrières plans soignée et détaillés.

Duels au clair de Lune et boss titanesques au programme

 

 

Le défi demande patience et apprentissage puisque Sengoku Blade est un shoot assez exigeant et parfois un peu injuste. Chaque mouvement, chaque geste doivent être répétés mainte et mainte fois afin de pouvoir apprendre. Disposant de plusieurs vies par continu, le jeu vous permet de travailler les passages les plus complexes avant d’être renvoyé au début du dernier niveau dans lequel vous avez réussi à vous hisser. Si cette tragédie dépeinte en 6 actes (avec un choix de route amenant toute deux combats et fins inédits) semble ardue, Psykyo dans sa grande mansuétude, propose les crédits infinis par un simple pressage de bouton n’importe quand dans le jeu. De quoi tenter de voir la fin du jeu si bien évidemment, vos chances ne s’évaporent pas au cours des combats allant parfois jusqu’à 5 duels de boss consécutifs sur un même acte !

Vos magies repoussent des ennemis qui ne manquent pas de vous taunt avant de vous faire face.

 

 

Du sang froid et de l’observation

Ce duel à mort se terminera selon votre choix à un moment précis au fond des ténèbres dans lesquelles se tapit l’incarnation absolue de la bestialité, ou au sommet de ce gigantesque Tera sous la gouverne d’un daimyo démoniaque qu’iront provoquer l’un des 5 personnages illustrés par Tsukasa Jun. chaque personnage dispose de caractéristiques différentes en ce qui concerne leurs pouvoirs, mais obéissent tous à des critères de déplacements similaires. À savoir, une mobilité assez lourde qui demande anticipation et apprentissage des patterns. En conséquence, il est assez difficile de pouvoir opérer des mouvements d’amplitude à la hâte, dans le but d’éviter une vague de feu désordonnée ou vue au dernier moment. Au contraire, il s’agit même dans la mesure du possible, de se déplacer méticuleusement et de façon organisée afin de pallier aux soucis d’une hit box assez grosse en comparaison de la densité de boulettes et des espaces à l’écran entre elles. Cette mobilité parfois frustrante vient trancher avec la partie adverse, elle capable d’attaques-éclairs souvent dévastatrices et aussi vives qu’une lame de katana sortie de son fourreau pour ôter la vie.

Note d’originalité, les premiers niveaux sont différents d’une partie à l’autre, probablement dans le but d’amener une certaine variété. De plus, si le courage vous manque pour vous lancer seul, et si vous parvenez à convaincre un ami de croiser le fer à vos côtés, le mode deux joueurs se tient à votre disposition.

 

 

Magies et puissance de feu

Sengoku Blade met donc en scène cinq personnages, chacun d’eux est lié à une magie et à un familier. Ce familier peut exécuter une attaque par simple charge du bouton tir. Ce choix de gameplay amène de fait, à n’avoir de cesse d’appuyer sur le bouton de tir en permanence. Il n’est aucunement question d’un auto-fire ici. Choix venant probablement de l’Arcade mais qui aurait pu être adaptés aux manettes généreuses en boutons des consoles PS2 et Saturn. En plus de ce familier, chaque combattant a la capacité d’incanter une magie dévastatrice et occupant l’écran quelques secondes. Cette magie vous mettant à l’abri de tout projectile est à utiliser dans les moments les plus harassants.

Autres points intéressants du système de jeu, à contrario d’un projectile, toucher un ennemi ne vous tue pas ! Mais cela réduit votre puissance de feu. Pour augmenter cette puissance, il vous faut ramasser des rouleaux lâchés par la faction adverse, et vous permettant de gagner en puissance s’ils sont rouges ou de gagner un droit d’usage de votre magie, s’ils sont bleus. Mourir fait bien évidemment perdre des pouvoirs, mais il n’est pas très difficile de se refaire assez rapidement une santé, en tout cas dans les modes de difficultés les plus abordables.

 

 

Les personnages :

Hagane est une sorte de robot armure dans laquelle est enfermée la conscience d’un Samouraï. Ce guerrier dispose de pouvoir liés à la foudre. Ses attaques sont frontales. Il est accompagné d’une lance-épée qui se bat à ses côtés

Tengai est un moine bouddhiste, il est lié au pouvoir de lumière et se bat accompagné d’un rapace faisant penser à un faucon ou un épervier. Sa magie composée de prières ou mantra symbolisé par des Kanji est une dévastatrice attaque frontale

Shoumaru est un ninja, il n’a pas véritablement d’élément magique dédié mais est accompagné de miroirs flottants autour de lui capables de générer des flux d’énergie. Lorsqu’il incante, c’est une tempête de Katana qui file vers vos opposants. 

Eunice, jeune fille à peine adolescente se battant aux côtés d’un lémurien du nom de Saucrate. Ce dernier est capable de charger toute entité voulant du mal à sa maîtresse. Contrairement à ses compagnons, cette jeune ninja dispose de tirs divisés en 3 trajectoires disposées dans un angle à 45°. Plus faible au frontal sur du mono-cible mais parfois salvateur dans une mêlée. Sa magie envahit l’écran d’une tempête de pétales de cerisiers.

Koyori est une Miko, à savoir une prêtresse shinto portant l’uniforme traditionnel composé du Kosode Blanc et de l’Hakama rouge. Elle est liée à l’élément de foudre et se sert de sceaux magiques faits de papiers en guise de projectile. Elle est accompagnée d’un Kappa fantomatique.Il existe un 6e personnage caché à débloquer que je vous laisse le soin de découvrir par vous-même.

Six personnages jouables dont un caché

 

 

Les versions PS2 et Saturn

Globalement le jeu est très bon sur les deux supports. Le menu PS2 (de la version Pal, je n’ai pas testé la Japonaise) est un peu cheap avec ses inserts gris métal, qui tranchent un peu avec l’esthétique globale. Le jeu est légèrement plus coloré sur Saturn, mais la version PS2 a l’avantage d’être sortie chez nous et fut même traduite en anglais. De plus cette galette éditée par 505 games propose l’option 60hz ! Option souvent trop rare sur les jeux PS2 français. La version Saturn quant à elle embarque dans son boîtier un second CD bonus composé d’artworks et de vidéos promotionnelles d’époque.

Le flyers Arcade du jeu

 

 

 

Avec cette suite en scrolling Horizontal de Sengoku Ace, Psykyo crée, 1996, un jeu hypnotique. Ce Japon féodal et mythologique où la magie vient tutoyer le steampunk, sert de splendide toile de fond à cette pièce de théâtre vidéoludique en 6 actes, superbement animée et hantée par de nombreux Boss aussi démoniaques qu’implacables. S’opposant à eux, 6 personnages à sélectionner, avec pour chacun d’entre eux, une histoire et une fin à découvrir. Ce choix de personnages amenant quelques variations au cœur d’un gameplay classique, à peine plombé par quelques lenteurs dans les déplacements, procure de belles sensations et une bonne rejouabilité.

Les plus

  • Jouable à deux
  • Des boss impressionnants
  • Son ambiance Japon féodal très réussie
  • Existe dans la compilation Psykyo Shooting Stars Bravo sur Switch

Les moins

  • Une Hit box un peu trop grosse
  • Des déplacement assez lents
8.2

Super

Son - 7.5
Graphisme - 9
Animation - 9
Gameplay - 7.5
Interet - 8
Amateur de Rpg et de tout ce qui dispose de près ou de loin d'une barre d'expérience et d'un scénario. Fasciné également par la Jap'anim de l'ancien temps, où les celluloïds s'agitaient devant une caméra pour raconter des histoires.
Note moyenne utilisateur
0
0 Votes
Note
Soumettre
Votre Note
0