SONIC THE HEDGEHOG 3

MEGATEST
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Suite au succès légitime des deux premiers épisodes, Sonic devint une véritable Star dans les années 1990 et l’égérie de SEGA. Une mascotte qui porta la Megadrive sur le toit du monde comme nous l’évoquions dans le test de Sonic 1. C’est donc sans surprise que la franchise voit débarquer en février 1994 Sonic 3. Bien évidemment pour ce projet, c’est Yuji Naka qui occupe le poste de producteur et de programmeur. Dans son sillage, c’est toute une équipe de développeurs japonais placés au sein de Sega technical Institute : STI, (structure fondée par Mark Cerny et située aux USA), qui rempile pour un titre aux ambitions titanesques, qui fut divisé en 2 jeux distincts : Sonic 3 et Sonic et Knuckles, tant le projet était ample. Le développement de Sonic 2 également géré par la branche STI, aboutit à une scission interne du groupe qui se conclut par l’existence de deux branches distincte. Une japonaise qui créa Sonic 3 et Sonic et Knuckles, pendant que l’Américaine officiait sur Sonic Spinball. Contrairement à ce qu’on peut encore souvent lire çà et là, Sonic 3 n’est pas un jeu développé par une équipe américaine mais bien japonaise officiant sur le sol américain !

 

Ne pouvant tenir sur une seule cartouche, il fut décidé de scinder le jeu en deux, tout en pensant le projet d’un bloc. De cette décision, découlera l’arrivée de Sonic & Knuckles quelques mois plus tard, épisode sur lequel nous revenons dans ce test dédié. Hirokazu Yasugara, jusqu’alors Game planer sur les deux premiers épisodes, suivit Yuji Naka et STI afin d’endosser le rôle de réalisateur et celui de Lead Game design sur ce 3e opus. Comme Mark Cerny, jadis programmeur sur Sonic 2, avant de devenir des années plus tard l’architecte des consoles PS4 et PS5, Hirokazu Yasugara signant quelques-unes de ses productions sous le pseudonyme de Carol Yas, eut également un rôle important pour Sony, puisqu’il fut l’un des deux Game designer (au côté de Richard Lemarchand) d’Uncharted Drake’s Fortune. Le premier épisode certes un peu bancal mais fondateur, d’une série devenue depuis un incontournable du catalogue Playstation.

La légende Sonic ne s’arrête pas à ce simple héritage de talents. De tous les épisodes, le 3e opus, fut celui de toutes les légendes. Et la plus tenace et très certainement la plus étincelante, est celle qui lie le hérisson bleu à Michael Jackson, le roi de la Pop. Au début des années 90, Sega est en pleine gloire, une gloire majoritairement américaine et que le constructeur ne retrouvera hélas plus jamais après cette période. De cette gloire, naquit donc une collaboration étonnante entre Sega et la Star planétaire, amoureuse de la marque qui aboutit à Moonwalker. Un jeu transformant l’artiste, en héros de jeu vidéo, s’inspirant du visuel des clips du musicien, pour en faire un jeu vidéo, porté par une bande-son réadaptant ses chansons au processeur sonore de la Megadrive. Moonwalker est encore aujourd’hui un incontournable de la console. Fort de cette collaboration d’époque et du lieu visiblement fort, qu’il y avait entre Sega et l’artiste, une folle rumeur vit le jour. Une rumeur, alimentée par le témoignage de certains membres de l’équipe de développement de Sonic 3 et qui raconte, que l’auteur de BAD aurait participé à la composition de la bande sonore de Sonic 3 !

Les mid-boss (à droite) la grosse innovation de ce Sonic 3

 

Cependant, comme cette collaboration n’a pu aboutir, le nom de l’artiste aurait été retiré du générique du jeu, mais son travail aurait visiblement été conservé pour la version finale du jeu. Et quand bien même les huiles de chez Sega ont toujours nié la véracité de cette histoire, ces faits persistent et tentent de s’imposer aujourd’hui comme quasi factuels. Qu’en est-il ? Je vous dirais juste que dans les années 90, l’adage était le suivant : La vérité est ailleurs ! Néanmoins, on ne peut que constater que certaines mélodies de Sonic 3 et surtout celle des stages Ice Cap Zone et Launch Base Zone, rappellent des rythmiques assez familières à celles du roi de la Pop.

Sonic 3 marque l’arrivée d’un 3ème personnage emblématique dans la franchise : Knuckles. Bien que non jouable dans cette première partie du diptyque, il a une importance majeure au cœur du jeu et se présente au joueur comme un antagoniste à Sonic. L’aventure se déroule avec Sonic ou Tales, sur une île magique nommée Angel Island dont Knuckles est le gardien. L’ile garde en son cœur les Chaos Emeraudes, lui permettant de flotter dans les airs. Rapidement ce trésor est menacé par Robotnik déjà sur les lieux, puisque sa base spatiale s’est écrasée sur l’archipel, suite aux événements de la fin de Sonic 2. Cependant l’incursion de Sonic et Tails arrivant par avion, afin de poursuivre le savant, accapare toute l’attention de Knuckles cherchant par tous les moyens possibles, à repousser notre duo de son île.

 

 

D’un point de vue technique et artistique, les environnements sont variés et colorés, les sprites des personnages sont légèrement revisités, et si Sonic semble un peu plus rond dans son design, il dispose de tout un panel de nouvelles animations au service de nouvelles phases de gameplay, qui viennent étoffer la plate-forme. Le scénario s’illustre toujours un peu plus par de petites animations sans dialogues, mais très explicites et richement réalisées. Le rendu visuel est superbe, Sonic 3 est l’un des plus beaux jeux de la machine, et n’a pas à rougir face à d’autres légendes de l’ère 16bit. La 2D ne vieillissant plus, elle sera même la base graphique de l’épisode Sonic Mania 20 ans plus tard.

À la manière de Sonic 2, les zones sont toujours scindées en 2 actes, contrairement au premier opus qui offrait trois tableaux par Zone. Néanmoins, les tableaux à explorer sont globalement de plus grande envergure que les niveaux du second épisode, et disposent pour chacun d’eux d’un Boss de fin. Dans l’acte un, c’est un mini boss qui vous attend, alors que dans l’acte deux, Robotnik vous fera face en personne. On retrouve dans la construction des mondes, un penchant vers le level design du premier opus qui amène autant de verticalité que de phase de vitesse, ainsi que plus de choix dans la route à prendre pour arriver au bout. Les boucles et rampes vertigineuses sont bien sûr de retour et la seconde zone : Hydrocity propose même dans son second acte, les plus belles sensations de vitesse de la série à l’ère Megadrive. Hélas Sonic 3 ne propose que 6 zones jouables et c’est bien là son seul défaut. Une autre nouveauté de Sonic 3 est l’intégration d’un système de Sauvegarde permettant de reprendre le jeu là où l’on s’était arrêté. Disposant de plusieurs emplacements distincts, vous pouvez même entreprendre plusieurs parties en même temps avec différents personnages.

 

 

Pas mal d’éléments de gameplay viennent s’ajouter aux mécaniques déjà mises en place, comme ces cylindres à la gravité particulière dans Carnival Night Zone, ou encore la toupie capable de briser des parois incassables dans le superbe Marble Garden. Sonic 3 amène aussi 3 boucliers élémentaires qui offrent encore un peu plus de variétés au Gameplay. Le bouclier d’eau entoure Sonic ou Tails d’un bulle, capable de respirer sous l’eau, mais aussi de jouer avec le rebond, pour sauter un peu plus haut. Le bouclier de foudre offre un double saut et possède un champ aimanté, récoltant les anneaux à proximité sans les toucher. Enfin, le bouclier de feu, protège de toute forme de brûlure, en plus de pouvoir effectuer une charge frontale sur un adversaire.

Simples et intuitives, ces nouvelles mécaniques ne demandent que d’appuyer une seconde fois sur l’un des boutons pendant un saut. Pour le reste, Sonic se joue toujours le plus simplement du monde, avec un seul et unique bouton. Enfin, la grosse nouveauté qui fit fureur à l’époque, est la fameuse introduction d’Ice Cap Zone et sa musique électro cristalline et planante, mettant en scène Sonic dévalant un glacier sur une planche de surf.

Le moment fort de Sonic 3, dévaler une pente neigeuse sur une musique mythique dans Ice Cap Zone (à gauche)

 

 

Concernant les bonus stages, eh bien ils changent une fois de plus de forme. Si les checkpoints scintillent toujours quand ils sont percutés avec un nombre certains d’anneaux, ils ne mènent plus comme dans Sonic 2, à un stage spécial cachant une émeraude, mais à un tableau bonus en forme de machine à bonbon, permettant de récupérer anneaux et boucliers. Les portails vers les émeraudes sont comme dans Sonic 1, d’énormes anneaux d’or. Cependant, cette fois ils ne vous attendent pas en fin de parcours mais se cachent un peu partout dans les 6 zones du jeu. Une fois ces portails traversés, vous vous retrouvez dans un environnement tout en 3D où Sonic avance tout seul et dans lequel il faut récupérer des boules bleues et éviter les rouges. Si vous parvenez à récolter toutes les sphères bleues, l’émeraude s’offre à vous. Mais attention, car plus vous avancez dans votre collecte, plus la course s’accélère. Chaque émeraude dispose d’une zone dédiée et chacune de ces courses permettent également de récupérer des continus, si tant est que vous parveniez à récupérer la totalité des anneaux, eux aussi dispersés au milieu de ces champs de boules rouges. À noter également, quelques petits détails qui illustrent la minutie mise dans la réalisation du soft : par exemple, si vous récoltez toutes les émeraudes, les portails trouvés vous offriront la belle somme de 50 anneaux d’un coup. Les boucliers sont capables de repousser certains projectiles de monstres. Chaque fin de duel contre le savant fou Eggman (Robotnik en Pal), amène une mini transition vers la prochaine zone et introduit le changement de décors, un détail certes minime, mais qui montre la volonté de scénarisation du jeu.

Les stages cachés dans les check points ( à droite ) et les nouveaux défis pour récupérer les émeraudes en dessous.

 

 

Les moments de vitesse ne manquent donc pas dans ce Sonic 3 et le gameplay est toujours aussi bon, voire même encore plus affiné, avec de nouvelles idées, construites autour de ce concept des boucliers élémentaires, venant s’ajouter aux anciens. La course aux émeraudes offre les stages spéciaux les plus maniables de la série, et débouche bien évidemment sur l’incontournable Sonic d’or. Le travail des 6 zones en matière de level design est riche. Autour de chacune d’entre elles, gravitent quelques concepts de gameplay dédiés, qui amènent une belle variété de sensation au fil de l’aventure. Les mélodies sonnent toujours aussi bien et l’aura du roi de la pop vient illuminer le mythe Sonic 3, envoutant un pixel art aussi narratif que détaillé. De multiples éléments visuels nous contes des histoires et incite l’imaginaire à rêver le monde de Sonic et de la planète Möbius. Les itérations mécaniques de Robotnik continuent de redoubler d’inventivité, malgré un combat final qui ne l’est pas vraiment, puisque si la fin du 2 marque la supposée destruction de l’horrible base de l’Oeuf de la mort, celle du 3 est ouverte, et pour cause : la suite arrive dès octobre 1994 avec Sonic & Knuckles.

Les plus

  • Les nouveaux boucliers et le système de sauvegarde
  • Une réalisation qui tire toujours le meilleur de la Megadrive
  • Une bande-son toujours enivrante
  • Ice Cap Zone

Les moins

  • Moins de zones que dans le second épisode
  • Une fin moins épique que les 2 premiers épisodes
9.7

Incontournable

Son - 10
Graphisme - 10
Animation - 10
Gameplay - 10
Interet - 8.5
Amateur de Rpg et de tout ce qui dispose de près ou de loin d'une barre d'expérience et d'un scénario. Fasciné également par la Jap'anim de l'ancien temps, où les celluloïds s'agitaient devant une caméra pour raconter des histoires.
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