VALIS – THE FANTASM SOLDIER

MEGATEST
PC ENGINE CD

L’histoire de Mugen Senshi Valis aka Valis : The Fantasm Soldier débute en décembre 1986. Ce titre développé par Wolf Team, édité par Telenet Japan débarque sur le PC 88 et MSX pour Noël et son existence marque l’arrivée de l’une des premières héroïnes de jeu vidéo : Yûko Asou. Si Samus voit le jour en août de la même année dans Metroid sur Famicom, elle est représentée sous une armure de métal, alors que Yûko s’inscrit dans le registre de la Magical-Girl et assume un design très féminin. Parée d’une tenue librement inspirée des amazones grecques (donc minijupe obligatoire), la jeune femme, avec ses faux airs d’héroïne dessinée par Akemi Takeda, apportera une touche féminine dans un paysage vidéoludique qui, jusqu’au début des années 90, mettra souvent en action des gros bras bourrés de testostérone.

Yûko

 

Valis, un jeu plusieurs fois repensé

L’héroïne trouve son public et parvient à creuser son sillage dans la sphère otaku japonaise. Ironie du destin, c’est Hideaki Anno, l’homme à qui l’ont doit les truculents Daicon III, IV, Otaku No Vidéo et bien évidemment Evangelion qui réalisa aux studios Sunrise, un court métrage d’animation destiné à faire la promotion de ce premier jeu. Un premier opus qui donnera naissance à une saga de 4 jeux d’action plateforme devenus, aujourd’hui iconiques de la PC Engine CD. Et cela tombe très bien puisque c’est cette plateforme qui nous intéresse dans cet article car nous allons parler du remake du jeu de 86 sur PC Engine CD.

Mugen Senshi Valis The Fantasm Soldier version PC Engine CD sort le 19 mars 1992, soit quelques mois après la version Megadrive sur laquelle il se base. Il profite de la technologie Super Cd Rom 2 censée proposer des jeux plus ambitieux que ceux sortis au début de vie de la console CD de Nec. Il est aussi le dernier opus à voir le jour sur la machine bien qu’il se place chronologiquement en premier.

 

La mini oav promo pour la sortie initiale de 1986 : 

 

Un solide casting de doublage 

C’est un matin comme un autre pour la jeune Yûko qui se réveille comme souvent, à la bourre et qui à peine sortie du lit, engloutit sa tartine et prend le chemin de l’école au pas de course. Arrivée devant le portail de son établissement scolaire, une pluie menaçante se met à tomber et c’est à ce moment que notre héroïne aux airs de Kyoko de Maison Ikkoku – avec qui elle partage la doubleuse Suma Koshikawa – voit ses présupposés voler en éclat. La jeune fille découvre sa destinée, celle de devoir protéger 3 royaumes à l’existence parallèle, des forces du mal menées par l’horrible démon Lord Roglès, doublé par Hideyuki Tanaka le doubleur de d’Aiolia du Lion dans Saint Seiya et d’Otacon dans Metal Gear Solid. Armée d’une épée sacrée, Yûko va avoir la capacité de voyager entre les mondes afin de les protéger, tout en se retrouvant à devoir affronter son amie de classe Reiko Kirishima doublée par Yûko Mita, ayant incarné Akemi également un personnage de Maison Ikkoku. Vous vous souvenez la voisine de chambre se baladant toujours en nuisette transparente dans la pension.

Alors pourquoi contextualisé autant les doubleurs dans ce début d’article, et bien parce que la force de ce Valis 1 Pc Engine, c’est son support CD proposant de multiples scènes doublées apportant un réel plus à l’histoire. Chacun des huit stages se voit accorder le temps de quelques plans légèrement animés, des dialogues très bien doublés faisant avancer l’intrigue telle un animé, jusqu’à ce 9e acte final se concluant lui aussi sur quelques plans animés. Valis représente vraiment l’esprit PC Engine CD au point que la série est finalement intimement liée à ce support malgré les nombreux portages des 4 opus sur diverses plateformes.

Mauvaise journée pour notre héroïne

 

 

Un gameplay réussi dans des environnements étriqués

Alors tout ce bel habillage c’est très bien mais qu’en est-il du jeu à proprement parler ? Action-plateform à l’horizontale dans la plus grande tradition des jeux 2D de cette époque, on ne peut pas dire que Valis brille par son level-design. C’est même son plus gros défaut. Les stages sont simplistes et très courts. Oubliez vos Castlevania IV et autres Rocket Knight, ici on traverse les niveaux rapidement dès lors que l’on maîtrise un peu. Le jeu étant construit sur une architecture datant de 1986 déjà pas grandiose, il est évident qu’en 1992, ça pique un peu. Néanmoins, au fur et à mesure des parties, un plaisir de jeu s’installe d’une part grâce au charme inhérent à Valis et son petit côté Jap anime à croquer pur jus 80’, et d’autre part à une maniabilité agréable. Yûko trottine et cabotine très bien dans son rôle de pin-up sexy, en plus de jouer de sa lame de multiples manières. Le jeu regorge de bonus représentés sous forme de lettres çà et là dans les niveaux, et chaque symbole correspond à un type de magie offensive lié à l’épée. Rayons lumineux frontaux de plusieurs sortes, boules de feu à tête chercheuse, blobs rebondissant sur le sol… A noter que si vous ramassez 3 fois le même pouvoir, vous maximisez les 3 barres dans le menu du bas et obtenez une attaque 3 fois plus puissante. Et le point très agréable est que si vous maximisez vos barres dans un type de magie, il suffit ensuite d’attraper une autre magie pour l’avoir directement en niveau 3. A travers ce principe s’installe une bonne variété dans l’expérience amenant souplesse et adaptabilité appréciable pour faire face aux Boss de fin de niveau.

Magies, explosions et glissades

 

 

Gros méchants et épée magique

Ces derniers, sans être tous inoubliables offrent une palette de mouvements suffisamment variés pour jouer de vos réflexes et ne pas lésiner sur la glissade au sol qui vous sortira, soyez en certain de bien mauvaises situations. Cette même glissade deviendra par ailleurs un élément important pour passer d’une plateforme à une autre et découvrir quelques secrets bien cachés. Chaque niveau ou presque contient une vie supplémentaire et de quoi faire un peu de score.

Deux des nombreux Boss du jeu

 

 

Mais Yûko en digne Amazone qu’elle est, a plus d’une corde à son arc et n’utilise pas que l’épée pour mettre à bas les forces du mal. La belle est capable d’utiliser plusieurs magies élémentaires destructrices, qui n’ont de limite que la barre de mana de couleur bleue qu’il vous est conseillé de remplir en attrapant les recharges sur votre route. Au même titre, la barre de vie rouge ne sera jamais contre quelques cœurs capables d’assurer à Yûko longue vie et succès dans son entreprise. En conséquence, ce sont toutes ces mécaniques de jeu combinées qui amènent à l’ensemble, de la profondeur de jeu. Ajouté à ça, le nombre assez généreux de stage et ce Valis parvient partiellement à faire oublier son level design scolaire et plan plan.

Si les séquences illustrées sont réussies, les environnements ne sont pas tous aussi travaillés

 

 

Assez confidentiel et pas toujours très bien considéré, Valis est un jeu pour autant apprécié des amoureux de la PC-Engine. Si vous avez été biberonné à la Synth-wave et aimez ces pitchs loufoques de Magical Girl à peine etchi (indécent en japonais), vous saurez trouver dans ce platformer-action aussi simple qu’efficace, des qualités non négligeables. Égérie d’un temps révolu, les pérégrinations de la jolie Yûko quittent les obscures PC japonais des années 80 pour un remake début 90’ réussi et porté par une bande-son électrisante et diablement rythmée. Un jeu à découvrir ou redécouvrir et qui devrait revoir le jour d’ici quelques mois sur Nintendo Switch dans une compilation embarquant les 3 premiers épisodes de la série.

Les plus

  • La bande-son très énergique et un beau casting pour le doublage
  • Les multiples pouvoirs de l'épée
  • Le charme des années 80
  • L'héroïne Yûko Asou

Les moins

  • Des niveaux qui manquent de profondeur
  • Pas de plein écran pendant les vidéos
  • Certains stages assez criards
7.4

Bien

Son - 8.5
Graphisme - 6.5
Animation - 7
Gameplay - 7.5
Interet - 7.5
Amateur de Rpg et de tout ce qui dispose de près ou de loin d'une barre d'expérience et d'un scénario. Fasciné également par la Jap'anim de l'ancien temps, où les celluloïds s'agitaient devant une caméra pour raconter des histoires.