VAMPIRE HUNTER D : BLOODLUST

CRITIQUE JAP'ANIME
CRITIQUE JAP'ANIME

Débutée en 1983 pour un total actuel de 29 volumes, la série de romans Vampire Hunter D a connu en 2007 une adaptation manga en huit volumes signée Saiko Takaki, disponible en France chez Kazé Manga. Deux versions animées ont vu le jour, la première en 1985 sous la forme d’un OAV, édité en France par Kazé, et le film Bloodlust en 2000, édité par TF1 Vidéo.

Synopsis : A.D. 12,090. Dans un monde post-apocalyptique proche de son échéance, vivent les humains et des créatures non-humaines. Parmi celles-ci se trouvent les vampires, appelés aussi nobles. Ceux-ci sont les maîtres de la nuit, et pourtant leur nombre ne cesse de décroître. Parallèlement, est apparue une nouvelle caste, celle des hunters. Les hunters sont des chasseurs de prime engagés par les humains pour régler leurs différends avec la population non-humaine. Ils sont connus pour leur efficacité comme pour le prix terriblement onéreux de leurs services. Par une nuit de pleine lune, un carrosse arrive à la demeure des Elbourne. Ce carrosse appartient au noble Meier Link venu chercher la jeune Charlotte, sa promise. Les Elbourne, constatant avec effroi la disparition de la jeune femme, décident de partir à sa recherche mais sans succès. Ils décident alors de faire appel au mystérieux D, le chasseur de vampires, afin de retrouver Charlotte. Pour être sûrs d’avoir toutes les chances de leur côté, ils engagent aussi les frères Markus accompagnés de la jeune chasseuse Leila. La chasse peut ainsi commencer. Il s’en suivra une course effrénée à travers monts et champs battus, depuis la terrible ville des Barbarois jusqu’au château de la dangereuse Carmilla où tout s’achèvera. Qui de D ou des frères Markus sortira indemne de cette demeure, véritable dédale des ténèbres aux mille illusions ?

L’œuvre de bram stoker’s une influence majeure

Yoshiaki KAWASHIRI a puisé son influence du génie Bram Stoker’s et de l’adaptation réalisé par Francis Ford Coppola pour créé ce deuxième film de la saga des aventures de D, après un premier rush avec “Vampire Hunter D : Chasseur de vampire” dirigé par Toyoo Ashida, adaptation du roman Vampire Hunter D de Hideyuki Kikuchi. Bloodlust tire tout son génie avec un des antagoniste le plus prisé de sa catégorie “Dracula” 

Meier Link : est un noble, un vampire de grande puissance. Pour pouvoir vivre sa vie avec Charlotte, il a demandé l’asile à plusieurs entités de la nuit afin de lui permettre d’écarter de son chemin tout obstacle. Meier engage des combattants redoutables de la cité des barbarois pour conduire et protéger son carrosse. Il sera confronté à D plusieurs fois lors de son voyage vers le château de Carmilla. Meier, bien qu’étant un combattant remarquable, n’a d’yeux que pour Charlotte qui constitue en réalité son seul point faible. Pour elle, même les rayons du soleil qui lui sont mortels, ne sauraient l’arrêter. Derrière son image froide et noble, le vampire sent pourtant la fin des siens. Son cœur, bien qu’il ne batte plus depuis des siècles, ploie sous la solitude des immortels. La fin est proche, personne ne pleurera la disparition de ces créatures obligées de tirer l’essence de vie d’autrui pour survivre. La décision de Meier est rude pour ce qui concerne la destinée de Charlotte. Il ne veut pas la transformer en ce qu’il est, pour la simple et bonne raison qu’il ne veut pas lui faire endurer la peine et la solitude qu’il endure jour après jour. Son optique est plus humaine que celle de D, bien qu’il soit noble à part entière. D n’a jamais tué d’être humain, mais il n’en a jamais aimé non plus. Meier Link représente beaucoup plus que le simple archétype du vampire qui désire avoir des compagnes pour le distraire durant ses longues nuits, celui-ci cherche une union taboue née d’un amour pur et D aura compris qu’il est un adversaire ayant tout son honneur et sa droiture. La confrontation ne laissera qu’un vainqueur. Dans le château des étoiles, on ne sait qui se joue de qui, ni qui tire réellement les ficelles d’une trame au noir dessein.

Une scène a d’ailleurs marqué les esprits car très ressemblante voire une copie purement et tout simplement du film de “Coppola” “Dracula” de 1992 qui est considéré par Kawashiri comme un hommage essentiel a l’œuvre originale

Portrait de deux géant

KAWAJIRI Yoshiaki : est né le  à Yokohama, principale ville de la préfecture de Kanagawa, au sud de Tokyo. Pendant son enfance, Kawajiri désire devenir Mangaka comme l’un des amis de sa mère, Hideaki Kitano. En 1968, après avoir fini ses études au lycée privé de Yokohama, il intègre le studio d’animation Mushi Production grâce à Kitano qui y travaille. Il commence en tant qu’intervaliste et travaille notamment sur la série Ashita no Joe où il fait la rencontre du réalisateur Osamu Dezaki. Avec lui, il quitte Mushi Pro et fondent en , avec d’autres ancien membre de Mushi, un nouveau studio appelé Madhouse. Il y travaille en tant qu’animateur-clé et occupe parfois le poste de directeur de l’animation comme sur Judo Sanka (1974) et sur Manga Sekai Mukashi Banashi (1975-1979). Après la réorientation de la production du studio vers la production de films, Kawajiri va prendre une place plus importante. Il s’occupe notamment du storyboard du film Haguregumo (1982) et réalise son premier film, SF shinseiki Lensman, en 1984. Cependant ce n’est que sur Neo-Tokyo, film omnibus en trois parties que Kawajiri développe pour la première son « style ». Alors que la première et la troisième partie du film sont réalisées respectivement par Rintarō et Katsuhiro Ōtomo, Kawajiri s’occupe de la deuxième partie où il se distingue par son chara-design particulier. En 1987 sort Wicked city qui est un véritable succès au Japon où Kawajiri expose un peu plus son style très adulte, mélangeant scène d’extrême violence et longue scène de sexe. Il enchaine par la suite avec la réalisation de plusieurs OAV (Goku midnight eye en 1989; Cyber City Oedo 808 en 1990) et sort en 1993, Ninja scroll, film qui le fera connaître en Occident et lui permettra d’acquérir une popularité internationale. Après Ninja Scroll, Kawajiri ne participe plus qu’a de petits projets et ne retourne à la réalisation de film qu’en 2000 avec Vampire Hunter D : Bloodlust, adaptation d’un roman de son ami Hideyuki Kikuchi. En 2001, il réalise sa première série, X, adapté du manga éponyme de Clamp. Il participe par la suite à des projets réunissant des grands noms de l’animation japonaise, comme le film Metropolis (avec Katsuhiro Ōtomo, Rintaro, Masao Maruyama) et les OAV The Animatrix (avec Kōji Morimoto, Shin’ichirō Watanabe, Mahiro Maeda…).

Yoshiaki Kawajiri

Hideyuki Kikuchi : Auteur de science-fiction/fantasy gothique japonais, Hideyuki se démarque par une très forte connaissance des oeuvres des pionniers du genre, les grands auteurs anglo-saxons du XIXème siècle tels que le Dr. Polidory, Trilby, Le Fanu ou encore Stoker. Ces maîtres créèrent le genre gothique et vampirique qui depuis tant d’années font rêver ou cauchemarder le monde. S’inspirant de ces modèles, il créa sa série de romans Vampire Hunter D, magnifiquement illustrée par Yoshikata Amano et qui restera à la postérité par la suite grâce à sa sublime adaptation en film-animé, où la technique d’animation relève de la prouesse pure et simple. Les romans puis le film seront adaptés en 2007 en manga, sous le crayon de Takaki Saiko qui signera un véritable chef-d’oeuvre gothique en 2D. Hideyuki est également connu pour avoir participé au scénario original de bon nombre de mangas et de films d’animation (Demon City Hunter, Wicked City, entre autres) en tant que conseiller principal puis scénariste à part entière. Aujourd’hui son oeuvre romancière continue d’être éditée et publiée dans le monde entier et est considérée par les fanatiques du genre comme un habile témoignage aux réelles volontés des maîtres du siècles dernier.

Hideyuki Kikuchi

Quelques Citations “Vampire Hunter D”

L’homme est-il donc incapable de laisser les rêves tels quels ? Il les anéantit pour l’effroi qu’ils lui inspirent. Il les détruit pour leur beauté. Il les brise sans même le souhaiter réellement. Que laisse-t-il en agissant de la sorte ?

– Je me dois d’assurer éternellement la paix de cette ville.
– Elle est dans un état idéal actuellement, préserver ses habitants est le devoir d’un maire.
– Idéal et paix…
– C’était aussi l’utopie de ces contrées lointaines.
– Pour accomplir un idéal, il faut des victimes et prendre certaines mesures.
– Des mesures sanglantes.

 

Un travail de maître.

Ce qui en ressort, c’est une méticulosité surprenante dans toute sa superficie. Qu’importe le bouleversement, il est travaillé de manière à en percevoir toute l’immensité, l’horreur alliée à la beauté psychologique, avec ce qu’il faut d’explications sans la moindre longueur gratuite. Ajoutons à toutes ses structures scénaristiques une incomparable richesse d’inspirations en tous genres, on retrouve ainsi l’aspect morbide et introverti de la Hammer, un esprit western spaghetti, une aura chevaleresque, dont un fond sur l’âme du bushido mais sans pour autant partir dans du grand n’importe quoi, bien au contraire c’est très harmonieux.

Avec une approche soucieuse de technicité et de réalisme disponible au centre même de la réalisation de Yoshiaki, on remarque une envie forte de bien faire dans son procédé artistique. L’animation fait la part belle à de somptueuses mise en scène, avec de superbes plans et autres ralentis dynamisé, sans que jamais un sentiment de pure gratuité de bestialité et autres violences pleines d’hémoglobine ne prennent le dessus sur le film, chose rare pour Yoshiaki Kawajiri. En cela il est ironique de voir le réalisateur se restreindre sur la violence et l’érotisme tout en réalisant l’un de ses meilleurs travaux.

Une minutie dans le dessin à travers un souci du détail impressionnant. Une exécution visuelle de maître, mettant en place de véritable plan graphiquement superbe où l’infime extérieur-intérieur, bâtiment, costume, et autres créatures… est retranscrite avec précision et détails, où les expressions des visages sont d’une profondeur ébouriffante, et font ressortir superbement les différentes émotions véhiculées par des personnages en proie à cet univers malveillant, où les ténèbres se conjuguent parfaitement avec les merveilles de ce monde. C’est certainement dans cette caractéristique qu’on distingue l’abondance et l’ampleur de ce film plutôt unique en son genre.

Carmilla Reine des Vampires

Carmilla : est la maîtresse du “château des étoiles”. Elle envoie une lettre d’invitation à Meier Link afin qu’il puisse trouver refuge lors de son escapade avec Charlotte. En effet, le château des étoiles contient une tourelle qui se trouve être une fusée personnelle, chose que possédait tout vampire lorsque ce peuple prospérait. Envoyée vers les étoiles, elle permettait un espoir aux amours interdites entre humains et vampires. Pourtant derrière ce tableau de grande bienfaitrice, Carmilla n’est peut-être pas réellement ce qu’elle semble, peut-être n’est-elle déjà plus? Carmilla possède depuis la nuit des temps le surnom de comtesse sanglante et ce nom n’est pas sans équivoque et sans raison. Celle-ci affirme que cela n’est dû qu’à la jalousie de gens qui ont brossé un portrait exacerbé du vampire. Pourtant, la rumeur court que cela fait des siècles déjà que le divin ancêtre, las des carnages de Carmilla, l’a empalée avec sa propre épée. Alors qui est cette noble dame toute de rouge vêtue qui se promène dans le château des étoiles ? Les pièges s’ouvrent, personne ne sait qui tire réellement les ficelles d’un plan diabolique sans précédents. Des illusions nous percent le cœur, là, dans les souvenirs refoulés auxquels nous ne désirons plus songer. Des blessures se rouvrent versant le sang écarlate tant attendu sur l’autel du sacrifice là où le passé même va ressusciter. Le prix d’une vie neuve contre une vie passée, le prix du sang vierge contre le sang immortel, Carmilla nous emmène dans une danse effrénée et enivrante, au rythme des voiles écarlates de sa robe, où la seule chose qui nous attend est une mort certaine. Le personnage est inspirée de la Carmilla du roman éponyme de l’écrivain Joseph Sheridan le Fanu. Elle représente l’esprit persistant du vampire, qui même une fois mort, laisse une trace indélébile dans nos pensées et nous hante à jamais. Carmilla est en fait Erzébeth Bathory (personne ayant réellement existé), la comtesse sanglante hongroise, connue pour son désir de jeunesse éternelle, qu’elle entretenait en prenant des bains de sang de jeunes vierges fraîchement écorchées… (selon la légende et les supputations historiques)

Conclusion.

L’alliance d’Hideyuki Kikuchi et Kawajiri Yoshiaki a su sublimer la licence de “Vampire Hunter D” à tel point, que Bloodlust fait partie des œuvres les plus primées en “Japanimation”. Il n’y a vraiment que peut voir pas du tout de détails négatifs car ce chef-d’œuvre a été créé avec amour et aux petits oignons par deux maîtres du genre on pourrait même la qualifier de travail d’orfèvre. D’après les dernières sources la licence devrait revenir bientôt, sous l’appellation “Résurrection” par un studio américain cependant aucune nouvelle officielle de la suite des événements est a l’ordre du jour.

Les plus

  • Une inspiration au summun de son art
  • Un scénario digne des plus grandes œuvres littéraires
  • Le soucis du détail
  • Les OST sont magiques
  • Une maturité impressionnante
  • Rien a envier aux productions récentes

Les moins

  • Une histoire simple certes mais efficace
9.4

Incontournable

Musique - 9
Mise en scène - 9
Animation - 10
Chara-design - 10
Scénario - 9
[Rédacteur pour Jap'Anime également pour les Mega-Test, Fan de la licence RyuGaGotoku]
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