XENOSAGA 2 – Jenseits von Gut und Böse

MEGATEST
PS2

Monolith software, sur la base scénaristique conçue par les créateurs de Xenogears : Tetsuya Takahashi et sa femme Soraya Saga, sort le 24 juin 2004 le second opus de Xenosaga. Ce Space-opéra RPG est la suite directe du 1er opus, dont je vous invite à lire le test ici si ce n’est déjà fait, afin de comprendre ce qui va se raconter ci-dessous. Toujours sur un modèle de RPG axé sur la narration et la progression linéaire, ce second opus continue d’étoffer l’univers de cette saga et d’installer toujours plus d’éléments narratifs et de personnages clefs. On retrouve donc Shion Uzuki, KOS -MOS et l’intégralité du casting original : Momo, Ziggy, chaos et JR ainsi que quelques nouveaux visages comme Jin Usuki, le frère de Shion.

Xenosaga 2, une introduction qui pose l’ambiance

avec des plans vue cockpit du plus bel effet et qui donnent le vertige en mouvement

 

La suite directe du 1ier Xenosaga

Le jeu commence par une introduction se déroulant quelques années plus tôt par rapport au premier épisode. Disposant d’une réalisation de haut vol pour l’époque et porté par un thème musical absolument dantesque, elle illustre plusieurs nouveaux personnages dont Jin Uzuki, le frère de Shion. C’est à la suite cette entrée en matière fortement efficace, qu’on renoue avec les évènements se déroulant juste après le final de Xenosaga 1. Les personnages débarquent donc sur Miltia 2, la planète où vivait Shion. On y découvre rapidement des archétypes de protagonistes et une architecture qui rappellent la prélogie de StarWars sortie quelques années auparavant. Rapidement le scénario s’installe et met en lumière Momo tout en amorçant tous les mystères entourant Jr et Albedo, l’antagoniste de l’épisode précédent. Mystère qui vont être le cœur de l’histoire de cet épisode riche en révélations. On comprend donc que Momo est plus que jamais un élément central des ambitions des diverses factions, qui dévoilent pour certaines, quelques têtes pensantes et leaders charismatiques. Les relations et les dialogues entre les divers acteurs se complexifient et le scénario nous dévoilent les faiblesses et les blessures de chacun. À la manière du premier opus, le jeu scrute la psyché humaine et il n’est pas rare que le joueur soit amené lors de phases de jeu à explorer le subconscient de tel ou tel personnage ou encore un souvenir voir, des dimensions spirituelles. Le concept d’état modifié de conscience continue d’être au centre de l’équation Xenosaga afin de triturer le mental et les sentiments des personnages.

Jin Uzuki, le frère de Shion sait soigner ses entrées avec cette scène de duel contre Margulis qui introduit d’emblée la nouvelle compositrice par un thème inoubliable.

 

Alchimie

La trilogie Xenosaga, vous l’aurez compris est composée de jeux à l’écriture complexe, pleine de nuance et emplie de personnages torturés. Les entités principales de ce volume 2, sont les URTV dont font partie Albedo, JR, Gaigun Kukai et dans une moindre mesure Citrine. Ces personnages ont pour fonction d’être des canaux capables de se relier à l’U-DO. L’U-DO est une sorte de fréquence multidimensionnelle reliée au divin et pouvant interagir entre autres, avec la psyché humaine. L’U-DO se représente au joueur via des phases de jeux sous forme de sorties de corps, comme celle dont je parlais plus haut. De plus, à ce stade de l’histoire (à comprendre dans les événements de l’épisode 2), l’U-DO semble être dotée d’une conscience. Mais les URTV ne sont pas que ça, ils sont aussi le fruit d’un processus scientifique comparable au processus alchimique du Grand Œuvre que j’évoquais déjà dans le test du 1ier Xenosaga avec le code couleur : noir, blanc, rouge. Le Grand œuvre est LE processus alchimique majeur, pouvant offrir à l’alchimiste, ici le Dr Dimitri Yuriev s’il est capable de le mener à terme, la pierre philosophale, donc l’immortalité et le contact direct avec le divin (donc l’U-DO en ce qui nous concerne). Dans Xenosaga 2, l’alchimiste parviendra au cœur de son laboratoire (son athanor), à transformer cet antimoine à visage humain (les clones URTV) et ainsi il fera de l’œuvre au noir son réceptacle philosophale.

Sur la gauche les URTV, à droite Momo. Ces enfants sont les centres d’intérêt majeur de Xenosaga 2

 

et Grand Œuvre

Rapidement et pour mieux comprendre, procédons à quelques explication sur l’alchimie. En alchimie l’antimoine est le matériau métallique servant dans le processus de chauffe et de fonte. Ce processus de chauffe se réalise dans un four appelé Athanor dans lequel on chauffe le métal dans un creuset jusqu’à la fusion afin de le transformer et de créer une cristallisation. Ce processus vise à aboutir à la pierre philosophale qui dit-on, serait une pierre translucide rouge, pouvant ressembler à un rubis donnant immortalité et reliant son créateur au divin. Dans la série, Gaigun Kukai aka Nigredo est de couleur noire, Albedo de couleur blanche, et JR aka Rubido est de couleur rouge. Jr est considéré comme l’élément le plus parfait des 3 frères, il est l’œuvre au Rouge, dernière étape du processus. Citrine, le dernier membre de ce quatuor est de couleur jaune d’or. On peut la voir comme la fusion du plomb en or, un autre processus alchimique mais on peut aussi la voir comme l’instabilité du matériau en fusion. Les autres URTV produits en série, et tenant bien souvent des rôles de services dans la société, représentent le nombre conséquent de tentatives ratées par lesquelles il faut passer avant d’aboutir à la création d’une pierre philosophale. Par cet exemple et bien d’autres tout au long de ce numéro 2, Xenosaga révèle encore une fois tout son potentiel mystique et symbolique et se pose comme une œuvre quasi hermétique dans le sens initié du terme.

Le meca-design et l’ambiance christique sont toujours aussi travaillés

 

Une refonte esthétique bienvenue

Graphiquement, Monolith soft a tenu compte des diverses réactions quant à l’aspect visuel du 1 ier épisode et revoit intégralement sa copie pour amener des personnages beaucoup plus expressifs et mieux proportionnés. Shion est presque méconnaissable mais ce changement est salvateur. On quitte le design stéréotype de la secrétaire pour quelque chose de plus affirmé. Les robots sont également plus fins et élégants. Visuellement, les personnages sont un peu moins rigides que dans le 1er mai, hélas les environnements restent encore assez impersonnels par moments lors des phases d’exploration. Les multiples scènes cinématiques (5hs environ) sont quant à elles toujours très soignées en matière d’animation et de réalisation et dépeignent à merveille l’ambiance si particulière de cet univers.

La refonte visuelle des personnages fait beaucoup de bien à l’ensemble

 

Changement musical

Musicalement Yasunori Mitsuda épuisé par la réalisation du 1 ier épisode s’est retiré de l’aventure et cède sa place à Yuki Kajyura, la compositrice de Noir et Hack sigN. Elle livre ici un superbe travail sur toute la partie des musiques destinée à accompagner les longues scènes cinématiques qui ponctuent le jeu. Passer derrière le titanesque travail du compositeur de Chrono Trigger aurait pu donner le vertige à plus d’un musicien. Cependant Yuki Kajyura loin de se laisser impressionner offre dans son style, une partition aussi intense et intéressante que son prédécesseur. Différentes et beaucoup moins portées sur l’aspect philharmonique, ce sont des sonorités mélangeant électro, celtique et cœurs grégoriens qui accompagnent les 30 heures de jeux qu’offre l’aventure. Les musiques d’environnements laissées aux soins de Shinji Hosoe sont quant à elles plus discrètes.

Certains passages offrent un design très soigné

 

Quelques nouveaux éléments de gameplay

En matière de jouabilité, on reste sur du tour par tour, toujours un peu trop classique malgré quelques affinements. Basés sur un mélange entre combats au sol avec les personnages et d’autres à bord de robots, les combats s’améliorent malgré tout. Ces robots sont la vraie nouveauté de ce Xenosaga 2 vis-à-vis du 1 et rappellent les phases à la Xenogears, avec une amélioration de ces derniers passant non pas par l’expérience acquise, mais par la customisation. Plus vous les maintenez à jour avec l’équipement proposé par les vendeurs, plus vous serez efficace. Sachant que certains combats majeurs se déroulent à bord des engins, il est indispensable d’en passer par là.

Le système de combat

 

Alors que la génération PS1 avait habitué le joueur à des jeux assez ouverts et plus ou moins libres, le parti pris de Monolith soft dans cette trilogie est tout autre. L’intégralité du jeu est au service de la narration et cet épisode 2 est tout aussi dirigiste que son ainé. Les combats manquent toujours de dynamisme malgré quelques petites optimisations du système et de la jauge de Boost déjà présente dans le 1. Jauge de Boost permettant de griller un tour à l’adversaire et de frapper avant lui, une petite subtilité qui dynamise les affrontements. Xenosaga 2 est toujours aussi captivant à suivre mais peut se montrer parfois assez mou dans certaines phases de jeu. Reste aussi ce sentiment de ne pouvoir jouer qu’à un morceau d’un grand tout et qui du fait ne s’ouvre pas sur un contenu de fin de jeu conséquent comme peuvent l’offrir certains autres RPG de la même époque.

Les villes sont construites en quartiers reliés par une carte sur laquelle vous vous déplacez

 

Avant de conclure, voici quelques illustrations de promo du jeu pour sa sortie :

 

En conclusion, ce second opus corrige pas mal de choses sur le plan esthétique, continue de développer une histoire d’une rare profondeur, mais reste fort rigide et trop peu engageant d’un point de vue gameplay. Si le scénario prend son temps, il dévoile malgré tout beaucoup de choses et offre un rythme dense, trop peu être pour un jeu vidéo, chacun sera juge.  Xenosaga n’est définitivement pas tout public, mais une chose est sur, les éléments narratifs traités le sont correctement, en profondeur et cela permet vraiment un développement et un développement de multiples personnages rarement atteint dans ce média. Développement qu’on ne retrouvera que partiellement par la suite, puisque le 3 aura la lourde tâche de conclure en un seul jeu de 30 heures, une histoire prévue pour être bien plus longue, mais nous y reviendrons. Hélas, ce parti pris jusqu’au-boutiste va coûter cher à la série, car cet épisode 2 marqua un évident désintérêt de la part des joueurs et le succès ne fut pas au rendez-vous. Ce numéro 2 fut par ailleurs le seul épisode à avoir été traduit et commercialisé en France. Embarquant avec lui un film sur DVD de l’épisode 1, il avait la lourde tâche d’imposer la saga au monolithe dans l’Hexagone. Le 3 ne sortira jamais chez nous…

Les plus

  • Une profondeur de scénario et une mise en scène très soignée
  • Une bande-son superbe et une refonte graphique bienvenue
  • La possibilité de jouer des robots comme dans Xenogears
  • Le seul épisode traduit en français
  • Un film résumant le premier jeu, offert en DVD dans l'édition française

Les moins

  • Un système de combat rigide
  • Des phases de jeux toujours en deçà de la qualité narrative
  • Il faut accepter d'être autant spectateur que joueur
8.6

Super

Son - 10
Graphisme - 8.5
Animation - 9
Gameplay - 5.5
Intérêt - 10
Amateur de Rpg et de tout ce qui dispose de près ou de loin d'une barre d'expérience et d'un scénario. Fasciné également par la Jap'anim de l'ancien temps, où les celluloïds s'agitaient devant une caméra pour raconter des histoires.
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